Les Québécois inquiets pour les finances publiques et partagés sur l'énergie

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Exclusif - Alors qu'ils sont majoritairement inquiets pour les finances publiques de la province, les Québécois sont partagés sur le développement énergétique, selon un sondage CROP-Radio-Canada

S'ils appuient le développement de l'énergie éolienne, l'exploitation pétrolière à Anticosti et les minicentrales, les Québécois sont fortement opposés au gaz de schiste.

Le gaz de schiste n'a pas la faveur des Québécois. Quelque 68 % des répondants au sondage sont opposés à son développement; près de la moitié (31 %) d'entre eux sont même très opposés.

Les non-francophones sont plus divisés sur la question : 45 % sont en faveur du développement du gaz de schiste, alors que 54 % sont contre. Chez les francophones, le taux d'opposition atteint 71 %.

L'exploitation pétrolière sur l'île d'Anticosti divise les répondants : 53 % l'appuient, alors que 46 % y sont opposés.

L'établissement de petites centrales sur les rivières recueille la faveur de 53 % des sondés et l'opposition de 47 % d'entre eux.

Le développement de parcs d'éoliennes, pour sa part, suscite beaucoup moins de rejet : 71 % des sondés sont en faveur et 28 % s'y opposent.

Méthodologie

Un total de 1400 résidents du Québec âgés de 18 ans et plus ont participé à ce panel web entre le 5 et le 8 mars 2014, dans le cadre de cette étude CROP commandée par CBC/Radio-Canada :1148 francophones et 252 de langue maternelle autre que le français.

Compte tenu du caractère non probabiliste de l'échantillon, le calcul de la marge d'erreur ne s'applique pas.

Inquiétude pour les finances publiques

Par ailleurs, d'après un autre volet du sondage CROP-Radio-Canada, le gouvernement devrait couper dans les services et la taille de l'État plutôt que d'augmenter les impôts des contribuables.

Les Québécois placent les finances publiques comme une des priorités dont le gouvernement devrait s'occuper. Environ 30 % des gens se disent très inquiets de cette question et 48 % assez inquiets, tandis que 16 % ne sont pas très inquiets et 2 % ne sont pas du tout inquiets.

Les non-francophones sont plus préoccupés que les francophones : 44 % sont très inquiets, comparativement à 26 % des francophones.

Pour améliorer la situation des finances publiques, 94 % des sondés privilégient l'idée de couper dans les services et la taille de l'État, alors que seulement 6 % d'entre eux pensent qu'il faut plutôt augmenter les taxes et les impôts.

Selon Youri Rivest, vice-président chez CROP, l'attitude des Québécois sur cette question a changé au fil des ans. Alors que, par le passé, les Québécois en étaient moins préoccupés que les autres Canadiens, c'est maintenant l'inverse qui est vrai.

« Les gens sentent l'endettement, [..] ils comprennent que l'État est un peu à bout de souffle. Même si l'économie va assez bien, on a des déficits; ils sentent cette pression-là. » — Youri Rivest, vice-président chez CROP

Taxes et impôts

En ce qui concerne les services reçus, la majorité des sondés estiment qu'ils n'en ont pas pour leur argent.

Ainsi, à la question « Compte tenu des taxes et impôts que vous payez et des services que vous recevez de l'État québécois, diriez-vous que vous recevez beaucoup, assez, peu ou pas du tout », 70 % des gens estiment recevoir peu ou pas du tout, tandis que 30 % croient en recevoir assez ou beaucoup.

Dans le cas des non-francophones, le taux d'insatisfaction à l'égard de ce qu'ils reçoivent atteint 80 %. Youri Rivest croit que la question fait consensus.

« L'augmentation de taxes n'est plus recevable pour les Québécois. On a atteint un point de saturation. » — Youri Rivest, vice-président chez CROP

Déficit des caisses de retraite des municipalités

Les répondants au sondage sont partagés sur cette question. Si 38 % des répondants croient que les premiers à qui devrait incomber la tâche de combler le manque à gagner des caisses de retraite sont les employés municipaux, un nombre important de personnes croit que c'est plutôt une responsabilité du gouvernement (19 %) ou des municipalités (22 %). Une personne sur cinq ne sait carrément pas qui devrait s'en occuper.

Les avantages sociaux des fonctionnaires

Soixante-trois pour cent des sondés estiment que les fonctionnaires ont des conditions de travail plus avantageuses que celles des employés du secteur privé. Douze pour cent des gens pensent que les employés du secteur privé sont avantagés, 12 % pensent que leurs conditions de travail sont équivalentes et 13 % ne savent pas ce qu'il en est.

Selon le sondeur Youri Rivest, cette réponse est directement liée à la question des fonds de pension. « Les Québécois sont inquiets de leur retraite », avance-t-il.

« Quand ils se comparent aux conditions du secteur public [...], ils ont vu des gens proches d'eux prendre leur retraite assez jeune et qui ont une retraite assez confortable. Ils aspirent à ça, mais ils sentent qu'ils ne l'auront pas. »

« Les Québécois maintenant voient qu'il y a une espèce d'iniquité par rapport à la retraite. » — Youri Rivest, vice-président chez CROP