En route vers la présidentielle américaine

7 indices pour comprendre le choix des républicains

Les correspondants de Radio-Canada à Washington, Yanik Dumont Baron et Christian Latreille Les correspondants de Radio-Canada à Washington, Yanik Dumont Baron et Christian Latreille

Ce soir, les candidats républicains croisent le fer pour la première fois depuis la pause du temps des Fêtes. Ce débat est une des dernières occasions de séparer le grain de l'ivraie, puisque dans moins de trois semaines, les électeurs vont commencer à se prononcer.

Un texte de Yanik Dumont Baron TwitterCourriel correspondant à Washington  

La course à la Maison-Blanche est entrée dans une phase plus compétitive, plus sérieuse. Voici quelques indices pour vous aider à déterminer celui qui pourrait représenter les républicains aux élections présidentielles de l'automne prochain.


1. LE SANG-FROID DE TED CRUZ

Depuis le début de la campagne, Donald Trump et Ted Cruz se traitaient plutôt comme des alliés. Les rivaux refusent de trop se critiquer, de s'insulter. Mais le ton semble avoir changé depuis le début de l'année. Surtout depuis que le sénateur du Texas a dépassé Trump dans les intentions de vote en Iowa, là où les électeurs se prononcent en premier (1er février). Pour avancer, l'un devra ravir les votes « anti-élite » à l'autre. Ted Cruz, très bon dans les débats, prépare peut-être une attaque-surprise.


2. LA CARTE CANADIENNE

C'est Donald Trump qui a fait entrer le Canada dans la course à l'investiture. Il rappelle que le sénateur Ted Cruz est né à Calgary. Celui-ci a depuis renoncé à sa citoyenneté canadienne. Mais le milliardaire se demande si le lieu de naissance n'est pas un élément suffisant pour le disqualifier. L'attaque n'est pas innocente; Ted Cruz est devenu le principal adversaire de Trump en Iowa. D'autres rivaux pourraient prendre la balle au bond ce soir.


3. LA « BATAILLE DES GOUVERNEURS » 

C'est une bataille pour devenir la solution de rechange à Trump (ou Cruz). Jusqu'à présent, le sénateur Marco Rubio mène le groupe. Trois gouverneurs (deux actuels et un ancien) tentent de prendre sa place. De se faire reconnaître comme le dirigeant d'expérience le mieux placé pour gouverner le pays. Mais personne ne se démarque vraiment. Le débat pourrait permettre à Chris Christie (New Jersey), John Kasich (Ohio) ou Jeb Bush (Floride) de se faire remarquer. Ils seront avantagés par le plus petit nombre de candidats sur scène au débat (7 plutôt que 10). Mais plus ils s'attaquent, plus ils laissent de côté ceux qui mènent vraiment dans la course.


4. LES RÉPLIQUES DE MARCO RUBIO

Les gouverneurs ne lui laisseront pas de répit ce soir. Le barrage de critiques a déjà commencé. Et les attaques sont parfois féroces. Un exemple : Chris Christie dit de lui qu'il est si inexpérimenté qu'Hillary Clinton pourrait « lui taper gentiment la tête avant de lui arracher le cœur ». Le style vestimentaire du jeune Rubio fait aussi l'objet de critiques. En campagne, il s'affiche comme un candidat optimiste, souriant. Mais il a déjà fait preuve de mordant dans ses répliques. Ce soir, il doit se démarquer des autres, et éviter de se faire dépasser.


5. HILLARY CLINTON

L'arrivée des premiers votes change la question à laquelle les candidats tentent de répondre. La course n'est plus seulement un concours de personnalité, de popularité entre une poignée de candidats du même parti. Il est temps de regarder qui serait le mieux placé pour affronter l'adversaire démocrate. C'est une des faiblesses de Donald Trump, s'il faut se fier aux sondages. Ted Cruz ferait mieux. Marco Rubio aussi.


6. BERNIE SANDERS

Le sénateur social-démocrate n'a pas changé de parti. Mais la pause hivernale lui a permis de rattraper Hillary Clinton dans les intentions de vote en Iowa. Sa popularité semble inquiéter l'équipe de l'ancienne secrétaire d'État. Elle attaque son rival au lieu de l'ignorer, comme elle le faisait l'an passé. Les républicains ont aussi commencé à parler de lui. Si son nom est mentionné ce soir, c'est peut-être le signe qu'on le voit vraiment comme une solution de rechange à Clinton.


7) L'ÉNERGIE DE JEB BUSH 

Difficile d'être optimiste quant à ses chances de se démarquer. Le fils et frère d'anciens présidents a dépensé des millions de dollars en publicité. Il s'est aussi montré plus agressif contre Donald Trump. Sans grand résultat. Il reste deux débats avant le premier vote en Iowa. Un autre avant les primaires du New Hampshire. Peut-être trois dernières occasions de renverser la vapeur. Après le New Hampshire, il pourrait être temps de jeter l'éponge.