Élections Canada 2015

Les partis divergent en matière de lutte contre les changements climatiques

Le Centre des congrès, à Vancouver  Photo :  Radio-Canada/Raphaël Bouvier-Auclair

La conférence de Paris sur le climat approche à grands pas. À quelques mois de cette rencontre internationale, les partis fédéraux ne s'entendent pas sur la manière de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

Comme des milliers d'autres personnes à Vancouver, Olivier Jarda se déplace à vélo. Parler d'environnement, ici, c'est presque prêcher à des convertis, mais c'est tout de même ce que l'étudiant en droit fait. Il est porte-parole du Comité politique pour l'environnement, une organisation pancanadienne qui vise à faire la promotion de candidats qui sont considérés comme des champions de causes vertes.

Le groupe en a sélectionné 18 issus du Parti vert, du Nouveau Parti démocratique, du Parti libéral et du Parti conservateur qu'il aimerait voir au Parlement après les élections. Pour Olivier Jarda, l'environnement n'est pas qu'une question d'oléoducs. « Souvent, quand on parle de l'environnement, c'est surtout par le développement des ressources et de l'énergie. On aimerait se concentrer beaucoup plus sur le développement durable et aussi sur la réduction des gaz à effet de serre », affirme-t-il.

Olivier Jarda, résident de Vancouver, se déplace à vélo. Photo : Radio-Canada/Raphaël Bouvier-Auclair

Les principaux partis fédéraux qui courtisent l'électorat au cours de cette campagne proposent des approches bien différentes pour lutter contre les changements climatiques.

Le NPD, par exemple, fait la promotion d'un système de plafonnement et d'échange des droits d'émissions.

Les libéraux ne se fixent pas d'objectif, mais disent vouloir mener une discussion avec les provinces pour que le pays se dote d'un seuil national d'émissions.

Le Parti vert d'Elizabeth May suggère d'instaurer une taxe sur la tonne de carbone, dont les revenus reviendraient en dividendes aux Canadiens.

Photo : Radio-Canada/Raphaël Bouvier-Auclair

Le Bloc québécois suggère de son côté de favoriser l'achat de véhicules électriques.

Le Parti conservateur s'en tient à son objectif gouvernemental de réduire de 30 % les émissions du pays par rapport au niveau de 2005, entre autres en modifiant des règles liées à l'industrie pétrolière et gazière, ainsi qu'à celle du charbon.

Selon Mark Jaccard, professeur au Département de la gestion des ressources naturelles et de l'environnement de l'Université Simon Fraser, « on peut dire n'importe quoi, mais ce qui est important, ce sont les politiques contraignantes qui vont vraiment réduire les émissions de gaz à effet de serre ».

En ce moment, plusieurs provinces ont mis sur pied des mesures pour réduire leurs émissions. La Colombie-Britannique, par exemple, a mis sur pied en 2008 une taxe sur le carbone. Le Québec a pour sa part décidé de faire partie avec la Californie d'une bourse du carbone, un marché auquel se joindra l'Ontario. L'Alberta, qui a depuis plusieurs années une tarification sur la tonne de carbone, est en train de réviser ce système.

Mark Jaccard, professeur au Département de la gestion des ressources naturelles et de l'environnement de l'Université Simon Fraser Photo : Radio-Canada/Raphaël Bouvier-Auclair

Selon M. Jaccard, les provinces ne peuvent toutefois pas mener seules le combat contre les changements climatiques. « Il y a toujours la possibilité que telle ou telle municipalité, province ou région ne va rien faire. C'est mieux d'avoir un gouvernement fédéral très fort », affirme-t-il.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante appelle les partis fédéraux à la prudence dans ce dossier. « Si des mesures sont prises en ce sens, il faudrait que ce soit fait de manière uniforme, pour ne pas que des provinces soient désavantagées par rapport à d'autres », lance son porte-parole, Richard Truscott. Si certains des membres de son association s'inquiètent de l'impact économique que pourraient avoir des mesures de réduction des émissions, il ajoute que « comme tous les Canadiens, ils veulent participer et faire partie de la solution ».

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.