Un budget fédéral à saveur électorale

60 $ par mois par enfant, mais gare à l'impôt

Une enfant bricole avec un femme.  Photo :  Radio-Canada/Vincent H. Turgeon

Annoncée en octobre dernier, la bonification de la Prestation universelle pour la garde d'enfants (PUGE) est la mesure avec la plus importante incidence budgétaire pour Ottawa en 2015-2016. Les répercussions seront aussi majeures sur les finances des familles.

Un texte de Stéphane BordeleauTwitterCourriel

Autrefois réservée aux enfants de moins de six ans pour aider les parents à payer leurs frais de garde, la PUGE a été augmentée de 100 $ à 160 $ par enfant depuis le 1er janvier.

Mais ce n'est pas tout, le gouvernement Harper lançait aussi à l'automne dernier une « PUGE bonifiée » étendue aux enfants de 6 à 17 ans, à raison de 60 $ par enfant chaque mois.

Ce qui signifie le versement aux parents de 1920 $ par an par enfant de 6 ans et moins, et de 720 $ par enfant de plus de 6 ans jusqu'à l'âge de 17 ans.

Les sommes seront versées rétroactivement aux familles canadiennes à partir du 1er juillet, le temps que le projet de loi reçoive la sanction royale.

Une mesure qui fera passer les coûts du programme de 1 milliard de dollars en 2014 à près de 4,4 milliards l'an prochain.

Jusqu'ici tout va bien, « les familles qui travaillent fort » seront enfin récompensées à la mesure de leurs efforts, pour reprendre les mots du gouvernement Harper.

Attention à l'impôt sur ces prestations!

Mais il faut cependant savoir que la PUGE bonifiée demeurera une mesure imposable. C'est-à-dire que les prestations reçues seront ajoutées à votre revenu, et donc imposées.

Or, les parents qui n'auront pas pris la précaution de mettre une partie de cet argent de côté pour payer l'impôt dû sur la somme pourraient avoir une bien mauvaise surprise au moment d'envoyer leur déclaration de revenus l'an prochain.

Un conseil avisé

Pour éviter de devoir payer de l'impôt à la fin de l'année sur vos prestations de PUGE, le fiscaliste François Ménard conseille aux parents de mettre une partie des prestations de côté pour absorber le choc fiscal à la fin de l'année.

« C'est fondamental d'en conserver une partie. Si vous dépensez la totalité de la somme, vous allez vous retrouver à payer de l'impôt », prévient M. Ménard.

Un conseil avisé quand on sait que deux enfants de moins de six ans feront augmenter le revenu imposable de leurs parents de 3840 $ par an, soit facilement plus de 1000 $ d'impôt de plus à payer à la fin de l'année pour une famille à revenu moyen.

Abolition du crédit d'impôt pour enfants

Il faut aussi savoir que la PUGE remplacera désormais le traditionnel crédit d'impôt pour enfants qui accordait un crédit non remboursable de 2255 $ par enfant, qui se traduisait par un allégement fiscal d'environ 338 $ dans la déclaration de revenus.

Combien d'argent de plus pour les ménages à la fin?

En considérant l'arrivée de la PUGE bonifiée, le fait qu'elle soit imposable et la disparition du crédit d'impôt pour enfant, les familles recevront-elles vraiment plus d'argent du fédéral en fin de compte? Oui, répond le fiscaliste François Ménard.

« Une fois l'impôt déduit et en tenant compte de la perte du crédit d'impôt pour enfants, quand même, il vous reste un surplus. À peu près le tiers du montant que vous aurez reçu sera une bonification de votre budget personnel », estime le fiscaliste.

1000 $ de plus à déduire pour les frais de garde d'enfants

Outre la PUGE bonifiée, les familles canadiennes bénéficieront aussi dans leur déclaration de revenus d'une augmentation de 1000 $ du montant maximal qui peut être déclaré au titre de la déduction pour frais de garde d'enfants. L'impact budgétaire de cette mesure est de 65 millions de dollars pour 2015-2016.