Auschwitz, notre devoir de mémoire

70 ans après, Auschwitz porte encore les traces de l'horreur

Le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz constitue un passage difficile, mais un chemin obligé pour qui ne veut pas oublier l'abomination de l'Holocauste. Visite d'Auschwitz I et de Birkenau, deux des principales sections du camp de la mort. 

Un photoreportage de Melanie JulienTwitterCourriel

Bien que l'on soit tous au courant de ces horreurs, ce n'est que sur place qu'on peut en mesurer l'ampleur. Marcher dans ce camp nous atteint en plein coeur. Une douleur invisible nous traverse. Et c'est toute notre naïveté qui part en fumée. 70 ans après, les victimes n'y sont plus, mais on sent toujours leur présence.


AUSCHWITZ I

« Le travail rend libre », peut-on lire sur cette enseigne à l'entrée du camp, par où arrivaient les déportés. Aujourd'hui, les touristes visitent toujours le Musée d'Auschwitz en groupe, accompagnés d'un guide. Ils ne peuvent pas circuler seuls ni se rendre où ils veulent sur le site, qui est conservé pratiquement tel quel.


Photo de gauche : les détenus circulaient dans le camp en prenant l'allée entre les grillages, qui encerclent également tout le camp. Photo de droite : des maisons du camp d'Auschwitz, où les détenus vivaient, mangeaient et... mouraient. 


Photo de gauche : du 26 mars à la mi-août 1942, les baraques 1 à 10 abritaient les femmes. Environ 17 000 juives et non-juives, en provenance de l'Allemagne et des pays d'Europe dominés par les nazis, y ont séjourné. Durant cette période, quelques milliers de femmes ont fini leurs jours dans des chambres à gaz ou sont mortes en raison des conditions très difficiles dans le camp - famine, épidémies, travaux forcés, manque d'infrastructures sanitaires.

Photo de droite : dans la baraque 10, des centaines de prisonnières, pour la plupart juives, ont servi de cobayes notamment pour des expériences sur la stérilisation conduites d'avril 1943 à mai 1944 par Carl Clauberg, un gynécologue allemand. Certaines sont mortes à cause des traitements. D'autres ont été tuées pour qu'on puisse faire des autopsies.


Photo de gauche : les détenus étaient entassés dans cette pièce les premières semaines suivant l'ouverture d'Auschwitz. Photo de droite : là où dormaient les prisonniers.


Photo de gauche : les toilettes communes. Photo de droite : la chambre d'un chef de baraque. Ce dernier était choisi parmi les prisonniers pour faire régner l'ordre.


Dans la cour intérieure d'Auschwitz, les détenus étaient longuement torturés ou exécutés sur-le-champ. Ils pouvaient être attachés aux crochets de ces poteaux pendant des jours. Puis c'était la mort.


Photo de gauche : les photos de centaines de détenus couvrent les murs de ce corridor d'un bâtiment d'Auschwitz. En passant devant elles, le visage des visiteurs change. Ils s'échangent des regards. Mais ne parlent pas. Photo de droite : « La route de la mort ».


Photo de gauche : le complexe comptait une quarantaine de camps et de camps annexes. Les trois camps principaux sont Auschwitz I, Auschwitz II-Birkenau et Auschwitz III-Monowitz. Ils sont situés à quelques dizaines de minutes les uns des autres.

Photo de droite : « Nous devons délivrer la nation allemande des Polonais, des Russes, des Juifs et des Tziganes. » - Otto Thierack, ministre de la Justice du Troisième Reich.


Photo de gauche : les canettes de produits chimiques sont entassées par centaines. Il ne s'agit ici que d'un aperçu de l'immense quantité de ces contenants utilisés pour les chambres à gaz. Photo de droite : les lunettes des gens déportés à Auschwitz pour y être exterminés.


Photo de gauche : les casseroles et bols apportés par les gens à Auschwitz. Photo de droite : les souliers qui appartenaient aux détenus. Des tonnes de valises, vêtements et produits personnels sont ainsi empilés.

Mais le souvenir le plus marquant, l'image qui reste gravée dans la mémoire de toute personne qui visite ces lieux, ce sont les tonnes de cheveux de Juifs que les nazis gardaient pour faire du feutre, rembourrer des matelas et concevoir des vêtements. Des vêtements parfois portés par des civils, qui ne pouvaient se douter de cette horreur.


Photo de gauche : les gardiens SS responsables de contrôler le nombre de prisonniers se tenaient dans cette guérite lorsqu'il faisait mauvais temps.  Photo de droite : le complexe d'Auschwitz fut le plus important camp de concentration et d'extermination du régime nazi.

Les nazis y ont déporté au moins 1,3 million de personnes, dont 1,1 million de Juifs. Parmi les prisonniers, 1,1 million ont péri dans ce camp. La plupart étaient Juifs, qui ont presque tous été exterminés dans les chambres à gaz.


Photo de gauche : Une chambre à gaz. Photo de droite : le four crématoire, juste à côté de la chambre à gaz.


AUSCHWITZ II - BIRKENAU

Photo de gauche : c'est l'image que plusieurs ont en tête lorsqu'ils pensent aux camps d'extermination. C'est par ici que les prisonniers arrivaient par train au camp de Birkenau, dans les « wagons de la mort ». On nous explique lors de la visite du Musée d'Auschwitz que les détenus recevaient dès leur arrivée un accueil terrifiant. Un dirigeant du camp, Karl Fritzsch, leur disait ceci :

« Vous n'êtes pas dans un sanatorium ici, mais dans un camp de concentration allemand, où la seule façon de sortir est par la cheminée. Si quelqu'un n'aime pas ça, il peut essayer les barbelés. S'il y a des Juifs parmi vous, ils n'ont pas le droit de vivre plus de deux semaines. S'il y a des prêtres, ils pourront vivre pendant un mois, et le reste, trois mois. » — Karl Fritzsch, dirigeant du camp

Photo de droite : des baraques à perte de vue. Birkenau, construit en 1941, était le plus important des quelque 40 camps et camps annexes du complexe d'Auschwitz. La majorité des victimes d'Auschwitz sont mortes à cet endroit.


La baraque de la mort abritait les prisonnières sélectionnées par les SS. Ces derniers les jugeant inaptes à travailler les destinaient à la chambre à gaz. Dans cette baraque, elles attendaient la mort, souvent pendant plusieurs jours, sans nourriture ni eau. Et, bien souvent, elles mouraient avant d'être emmenées vers les chambres à gaz.

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