Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Sondage CROP/Radio-Canada : la loi spéciale n'est pas la solution

Sortie de crise

Exclusif - La loi spéciale 78 n'est pas la meilleure manière pour résoudre le conflit étudiant, mais une médiation serait souhaitée. Une confiance ébranlée autant envers le gouvernement qu'envers les associations étudiantes. Entre la hausse et le gel des droits de scolarité, l'indexation serait la solution.

Telles sont certaines des réponses fournies par les 1000 répondants à un sondage CROP/Radio-Canada en ligne au sujet des sources de la crise étudiante.

Après 103 jours de conflit, la démission de la ministre de l'Éducation et l'imposition d'une loi spéciale, le gouvernement semble toujours incapable de contrôler les manifestations, qui commencent à essaimer dans toute la province et dans toutes les couches de la population. Comment sortir de la crise?

Les solutions possibles

Le sondage permet de noter que la loi spéciale 78 ne semble pas remporter la faveur de la population. En fait, 60 % des répondants se disent en désaccord avec cette loi comme solution au conflit étudiant.

Près de la moitié des personnes sondées pensent plutôt qu'une médiation entre le gouvernement du Québec et les fédérations étudiantes serait la meilleure façon de mettre fin à la crise.

Les acteurs de la crise

Selon les résultats de ce sondage, la population semble plutôt partagée quand vient le temps d'essayer de trouver un responsable à la crise. Bien qu'une plus grande proportion de personnes interrogées, 44 %, montre le gouvernement du doigt, les fédérations étudiantes partagent le fardeau, avec 36 % des répondants qui les jugent responsables.

En fait, les répondants considèrent que ni l'une ni l'autre des parties n'a négocié de bonne foi. Une proportion de près de 50 % des personnes interrogées a cette opinion sur le gouvernement et près de 60 % pense la même chose pour les fédérations étudiantes.

Les enjeux de la crise étudiante

Pour ce qui est des enjeux, les personnes interrogées sont majoritairement en désaccord avec l'idée que la crise étudiante repose uniquement sur la hausse des droits de scolarité. Cette opinion est peut-être une répercussion des manifestations de casseroles des derniers jours, qui détournent un peu l'attention du conflit étudiant pour mettre en avant une contestation plus générale envers le gouvernement.

Les répondants sont divisés quant à l'idée voulant que la crise soit le résultat d'un conflit de générations. Cette opinion semble se refléter dans les résultats mêmes du sondage, puisque, comme le fait remarquer Sylvain Gauthier, vice-président de la firme de sondages CROP, « les opinions varient beaucoup selon l'âge. Plus l'âge des répondants augmente, plus ils appuient le gouvernement, et au contraire, plus leur âge diminue et plus ils appuient les fédérations étudiantes ».

Les résultats du sondage laissent également croire que les gens envisagent la crise étudiante sous l'angle d'un clivage politique. Ainsi, près de 60 % des personnes interrogées sont d'accord avec l'affirmation voulant que la crise étudiante oppose la gauche et la droite.

Les droits de scolarité

Par ailleurs, les répondants au sondage penchent plutôt du côté d'une augmentation des droits de scolarité. En fait, selon le sondage, très peu de gens appuient l'abolition ou le gel de ces frais, même chez les 18-34 ans. Dans cette catégorie d'âge, seulement 12 % des répondants appuient l'abolition des droits de scolarité, tandis qu'un autre 12 % appuient le gel des frais.

En fait, la solution qui remporte la palme, peu importe l'âge, est l'indexation des droits de scolarité au coût de la vie, dans une proportion importante de 45 %.

L'opinion de la population semble plus partagée en ce qui a trait à la bonne gestion des universités québécoises. Alors qu'une majorité des personnes interrogées considère qu'elles sont mal gérées, le tiers estime qu'elles le sont plutôt bien.

Méthodologie du sondage

Le sondage CROP/Radio-Canada a été effectué sur Internet du 23 au 25 mai 2012 par l'entremise d'un panel web. Un total de 1000 questionnaires ont été remplis au Québec.

Ses résultats ont été pondérés en fonction du sexe, de l'âge, de la région de résidence et de la langue parlée à la maison. L'échantillon étant non probabiliste, la marge d'erreur ne s'applique pas.
La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne salue les leaders étudiants à la fin d'une émission spéciale sur RDI. La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne salue les leaders étudiants à la fin d'une émission spéciale sur RDI.

La médiation comme solution