Marino encore en pause

Reportage de Jules Desjarlais

Rebecca Marino a annoncé mercredi qu'elle a décidé de mettre sa carrière de joueuse de tennis de côté pour une deuxième fois en moins d'un an.

Elle a expliqué qu'elle a perdu sa passion envers le tennis professionnel et a ajouté qu'elle souffrait d'une dépression.

Il n'est pas encore question de retraite.

Marino a déjà occupé la 38e place au classement mondial en 2011. Elle avait remporté trois tournois Challenger d'affilée à l'automne 2010, alors qu'elle s'entraînait à Montréal au Centre national (2010 et 2011). Elle avait ensuite décidé de retourner vivre à Vancouver.

Elle avait une première fois pris du recul en février 2012. Elle est maintenant classée 418e au monde en simple.

« J'ai décidé de m'éloigner du tennis, a dit Marino dans un communiqué de Tennis Canada. Cette décision n'a pas été facile à prendre, mais plusieurs facteurs m'y ont menée. Des facteurs qui sont inhérents à notre société et dont je suis prête à discuter librement, car je sais que cela fait partie de mon processus d'épanouissement personnel. »

Marino a révélé qu'elle recevait des traitements contre la dépression, mais a ajouté que ce n'était pas la raison principale derrière sa décision. C'est plutôt qu'elle ne souhaite plus vivre la vie isolée et nomade associée au tennis professionnel.

En 2011, l'athlète de Vancouver avait participé à sa première finale de la WTA à Memphis et avait atteint le troisième tour des Internationaux de France.

Sa première remise en question a duré sept mois. À son retour à l'automne 2012, elle a remporté son cinquième tournoi, le Challenger de Rock Hill, éliminant notamment ses compatriotes Stéphanie Dubois (Laval) et Sharon Fichman (Toronto).

En 2013, Marino a participé à six tournois (ITF et WTA), notamment aux Internationaux d'Australie (battue au premier tour), avant de décider de quitter les terrains pour une deuxième remise en question. Elle a été battue, samedi, à son premier match des qualifications à Memphis.

« Nous sommes déçus, bien sûr, a dit l'entraîneur de l'équipe canadienne féminine, Sylvain Bureau, à la Presse canadienne. Parce que nous avions une athlète de très haut niveau, qui montait au classement et qui s'améliorait. C'est à moi de m'assurer que des athlètes comme Rebecca continuent leur parcours. Mais il faut déterminer ce qu'il y a de mieux pour l'athlète. Nous l'avons toujours soutenue, et nous continuons à le faire, car la décision qu'elle a prise est ce qu'il y a de mieux pour elle. »

Marino a expliqué mercredi qu'elle souffre d'une dépression depuis plusieurs années, mais qu'elle a commencé à subir des traitements seulement depuis sa pause l'an dernier.

« J'ai connu des jours où j'étais incapable de sortir de mon lit, a-t-elle raconté. J'ai connu des jours où j'étais incapable de m'habiller. C'est difficile de décrire ce sentiment maussade et ce manque de motivation pour faire quoi que ce soit.

« Je me sens mieux maintenant, mais il y a encore des jours où je n'ai pas la motivation pour me lever. C'est pour ça que j'ai des amis et ma famille et que j'ai un thérapeute afin de m'appuyer et de m'aider avec tout ça. »