Ferrari n'y échappe pas

Fernando Alonso aux essais de Barcelone

Fernando Alonso et Ferrari travaillent sur le système d'échappement de la F138. Jeudi matin, Alonso a été le plus rapide sur le circuit de Barcelone, mais la voiture a souffert.

Le pilote espagnol utilisait pour la première fois les pneus tendres, et il a été le seul à négocier le parcours sous les 82 secondes au tour. Il a enregistré en matinée un chrono de 1 min 21 s 875/1000. Il a devancé l'Allemand Nico Hülkenberg (Sauber) de 28 centièmes de seconde. Romain Grosjean (Lotus) a fait le 3e temps, à 3 dixièmes.

« Je crois que je mérite un petit dodo, a dit Grosjan, après avoir bouclé 119 tours. C'est bon de voir que la voiture est aussi fiable, en plus d'être performante. Surtout que nous en sommes au début de son développement. C'est prometteur. C'était difficile de piloter tellement la piste était froide, mais nous avons recueilli des données utiles. Nous commençons déjà à mieux comprendre les pneus. Si c'est sec vendredi, on continuera à accumuler les kilomètres. »

Pendant l'après-midi, Alonso roulait avec une F138 visiblement plus lourde en essence, et il n'a pas cherché à battre son chrono de la matinée. Il a fait une série de relais de moyenne durée.

« Nous avons fait des tests comparatifs des pneus, a dit Alonso. En commençant par les tendres avant les durs. La piste était plus froide qu'hier (mercredi), et il n'a pas été facile de trouver la bonne adhérence.

« Nous avons travaillé sur des configurations aérodynamiques, a-t-il ajouté. Et pour la première fois, nous avons touché aux réglages pour mieux comprendre le degré d'usure des pneus. À chaque changement, la voiture a réagi comme je l'espérais, et ça nous permet de savoir dans quelle direction nous irons lors de la dernière séance, quand nous nous concentrerons sur la performance. »

Au total, le vice-champion du monde 2012 a bouclé 97 tours. Il a pu constater que les pneus 2013 étaient plus tendres et plus rapides, mais qu'ils se dégradaient aussi plus vite et sans préavis. De quoi causer des maux de tête...

Alonso a dû aussi patienter au garage, après qu'une partie de la carrosserie eut fondu derrière les sorties d'échappement. C'était voulu.

« Ce matin, nous avons testé les échappements jusqu'à la fin de leur vie, car justement nous devions absolument connaître leurs limites pour éviter un abandon en course », a expliqué Luca Marmorini, chef de la division moteur et électronique de Ferrari, à la presse dans le paddock.

Les échappements sont nettement le point sensible des voitures durant ces essais présaison. Williams et Catheram sont déjà dans le collimateur de la FIA. Ferrari a encore en mémoire ses problèmes d'échappement d'il y a 12 mois. Alors, l'équipe ratisse large cette fois. Elle évaluera un autre système d'échappement à la dernière séance de travail avant le Grand Prix d'Australie. C'est risqué, mais indispensable.

« La défaillance d'un système d'échappement peut vous forcer à arrêter la voiture. Donc, c'est un élément aussi critique qu'un piston ou une boîte de vitesses, a expliqué M. Marmorini. Le département moteur n'est pas très à l'aise avec l'idée, et nous sommes inquiets d'installer une nouvelle solution en sachant que nous ne pourrons peut-être pas effectuer tous les tests nécessaires. Mais nous devons pousser jusqu'au bout pour nous assurer que toutes nos solutions sont entièrement vérifiées avant d'arriver à Melbourne. »

Alonso cédera le volant à Felipe Massa vendredi. Le Brésilien travaillera peut-être en pneus pluie, car on attend des averses sur le circuit espagnol.

Nico Rosberg a fini au 4e rang, après ses 108 tours de piste dans la Mercedes-Benz W04.

« Il y a des progrès depuis l'an dernier, et il est certain que nous sommes en train de nous rapprocher des plus rapides, a expliqué Rosberg. C'est important parce que nous allons dans la bonne direction.

Adrian Sutil et Force India

« L'équipe a fait du vraiment bon travail tout au long de l'hiver, et ce travail est en train de payer, croit-il. C'est un plaisir de piloter en ce moment parce que l'équilibre est vraiment bon, il y a beaucoup de points positifs. »

Duel pour un volant

À noter la présence d'Adrian Sutil, qui retrouvait la F1, et Force India, pour la première fois depuis 2011. Sa matinée s'est déroulée sans accroc et le pilote allemand a terminé devant Mark Webber (Red Bull) et Jean-Éric Vergne (Toro Rosso).

« J'ai fait de mon mieux, a admis Sutil. C'est à eux de décider. Ils me connaissent mieux que quiconque. J'ai passé six ans dans cette équipe, et ils savent ce dont je suis capable. C'était clair aujourd'hui que je suis encore dans le coup. C'était important de le rappeler à tous. »

« Je suis conscient qu'il y a dans la balance autre chose que le pilotage, a-t-il ajouté, lucide. Il y a le côté business, et ils ne tarderont pas à faire leur choix, car il y a une course dans trois semaines. Moi, j'ai fait ce que je devais faire, et je peux dormir en paix. »

Le Français Jule Bianchi remplace Adrian Sutil vendredi au volant de la Force India. Bianchi est non seulement le pilote d'essais de l'équipe indienne, mais il fait partie de la filière Ferrari. Sa titularisation serait liée à la conclusion heureuse des négociations entre Force India et Ferrari concernant un contrat de motorisation pour la saison 2014.

Meilleurs temps des essais, jeudi, à Barcelone :

  1. Fernando Alonso (ESP/Ferrari) 1:21,875, 97 tours
  2. Nico Hulkenberg (GER/Sauber) 1:22,160, 91
  3. Romain Grosjean (FRA/Lotus) 1:22,188, 119
  4. Nico Rosberg (GER/Mercedes-Benz) 1:22,611, 108
  5. Pastor Maldonado (VEN/Williams) 1:22,675, 79
  6. Valtteri Bottas (FIN/Williams) 1:22,826, 68
  7. Jenson Button (McLaren-Mercedes-Benz) 1:22,840, 71
  8. Adrian Sutil (GER/Force India) 1:22,877, 78
  9. Mark Webber (AUS/Red Bull) 1:23,024, 108
  10. Jean-Éric Vergne (FRA/Toro Rosso) 1:23,366, 106
  11. Max Chilton (GBR/Marussia) 1:25,690, 58
  12. Giedo van der Garde (NED/Caterham) 1:26,177, 83