Spengler aimerait courir à Montréal

Philippe Crépeau a rencontré Bruno Spengler.

Avant ses premiers essais présaison de l'année 2013, Bruno Spengler a fini ses vacances à Montréal et il était au circuit Gilles-Villeneuve, mardi, pour tester ses réflexes.

Un texte de Philippe Crépeau

« J'aimerais rouler vite, mais je ne peux pas, annonce Spengler d'entrée. Là, je suis en train de freiner à fond et ça ne freine pas, dit-il en riant, bien calé dans le siège de sa BMW X5 sur la piste rendue glacée par l'hiver québécois. Quand je reviens au circuit Gilles-Villeneuve, c'est avec émotion, car j'ai couru dessus en 2002, en Fran-Am, année où j'ai gagné le Championnat d'Amérique du Nord.

« C'est un circuit très technique, où il y a de gros freinages, et j'aime les gros freinages, rappelle-t-il. Faut monter sur les vibreurs et faut accélérer tôt. Il faut bien placer l'auto. On a beaucoup de fun, nous les pilotes, sur un circuit comme celui-ci. »

Ce serait donc un circuit parfait pour la série DTM, compte tenu des capacités de freinage des bolides de la série européenne.

« Les freinages sont tardifs en DTM. Les freins sont en carbone, rappelle Spengler, donc on les voit devenir rouges parfois. Aux esses de Senna, ce serait magnifique. Il y a beaucoup de choses dans la série DTM qui plairaient aux gens ici. »

Bruno Spengler est prêt à prendre le rôle d'ambassadeur de la série européenne si le projet DTM à Montréal, prévu pour 2014, devait se concrétiser.

« Je suis tout à fait d'accord d'assumer ce rôle-là. Sans les fans, la course automobile n'existerait pas. Et moi, plus il y a de monde, plus j'aime ça. J'adore répondre aux questions des gens, signer des autographes. Et les paddocks sont ouverts aux fans en DTM. Pour l'instant, moi j'y crois [à une course DTM à Montréal], car j'adorerais ça, mais je ne suis pas dans les confidences. Mais je sais que ça négocie. »

François Dumontier est venu saluer le pilote québécois. Les deux hommes se connaissent. Et dans le projet DTM à Montréal, ils comptent bien travailler ensemble.

Bruno Spengler conduit Bruno Spengler conduit sur le circuit Gilles-Villeneuve.  Photo :  Société Radio-Canada

« On compte bien utiliser Bruno. Sa présence pour la promotion et l'éducation qu'il faudrait faire auprès du public québécois est indispensable », explique le promoteur du Grand Prix du Canada, François Dumontier. Mais il n'a pas voulu donner de détails sur les négociations.

Il y a en ce moment deux pilotes canadiens en DTM : le Canadien français Bruno Spengler avec BMW et le Canadien anglais Robert Wickens avec Mercedes-Benz. De quoi assurer une belle visibilité à la course.

« Deux pilotes canadiens, c'est amplement suffisant, croit Spengler. Les gens vont s'intéresser à la série dans son ensemble, car c'est un grand spectacle. Le DTM, c'est quand même la meilleure série de voitures de tourisme au monde. Ce sont de grosses voitures qui font du bruit, qui freinent très tard. Sur le circuit Gilles-Villeneuve, on sera à environ 15 secondes des F1. »

En attendant, le nouveau champion DTM se prépare pour sa deuxième saison avec BMW.

« On est quand même au mois de janvier et le titre est déjà loin. J'ai hâte de recommencer à travailler et de défendre mon titre, fait remarquer Spengler. Nos concurrents vont être très rapides, ils vont nous mettre énormément de pression dès le début de la saison, donc il ne faut surtout pas s'endormir. Ce n'est pas parce qu'on a gagné le titre qu'on est les meilleurs. Il faut continuer à travailler et à développer la voiture. »

Le pilote québécois a accéléré petit à petit sur le circuit Gilles-Villeneuve, trouvant sa trajectoire, mais il n'a pas pu éviter un tête-à-queue dans les esses de Senna, qu'il a rapidement transformé en dérapage superbement contrôlé. L'adrénaline de la course remontait tranquillement et il s'est visiblement amusé.

Après la glace et le froid, le bitume et la chaleur attendent Bruno Spengler dès lundi prochain en Espagne aux premiers essais DTM de l'année.

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