L’art d’inventer un saut

Signature de Maxence Parrot

L'un des meilleurs du monde dans son sport, le planchiste Maxence Parrot explique le processus mental qui mène à ses créations.

Signé par Maxence Parrot, planchiste, double médaillé d’or en Big Air aux X Games et 5e en slopestyle aux Jeux olympiques de Sotchi

Je me considère comme un artiste. J'invente des manoeuvres. Je crée des sauts.

Je suis un gars qui rêve, à 110 %, à longueur de journée. Je rêve éveillé tellement profondément que tu peux me parler et que je ne sais pas que tu m’as parlé.

Des fois, un nouveau saut m’apparaît comme un éclair, par exemple lorsque je conduis mon auto. Une vision m’apparaît en plein visage. Et puis je me dis que je pourrais essayer ça.

Quand j'ai un flash, la nuit comme le jour, et qu’il y a un saut que je veux faire, je l’ajoute sur ma petite feuille de notes, sur la liste des autres choses que je veux apprendre.

D’autres fois, ça m'arrive de rêver la nuit à une nouvelle manoeuvre, de me réveiller le matin et de me dire : « Faut que j'écrive ça sur un papier. » Puis, de travailler là-dessus. À d’autres moments, je me lève et je me dis qu’aujourd'hui, j'aimerais ça m'enligner pour faire quelque chose de nouveau. Là, je cherche vraiment et je travaille dur pour essayer des choses nouvelles.

Puis, dans l'avion, quand je suis assis pendant 10-12 heures (surtout en direction de l’Asie, les films, je les ai tous vus), je commence à réfléchir aux nouveaux types de saut. C'est là que je me fais de nouvelles listes et que je me dis que cet été, je veux apprendre ça, ça et ça.

Maxence Parrot
(Photo : Getty Images/Lintao Zhang)

Lorsque j'ai voulu devenir un professionnel en planche à neige, j'étais prêt à faire n'importe quoi pour accomplir mon rêve. Je voulais me rendre au sommet de la discipline, puis créer un saut.

Réussir un saut que personne au monde n'a jamais fait. Mais avant de me rendre là, il y avait beaucoup d'étapes à franchir.

La première, c’était de me rendre au niveau où tous les pros étaient. Mais, pour ça, il fallait que j'apprenne toutes les manoeuvres pour être au même niveau que les autres. Puis, quand j'allais être rendu là, ce serait le temps de continuer à progresser et d'essayer de nouvelles choses.

De 9 ans à 17 ans, je m’entraînais chez moi, sur la montagne à Bromont, chaque soir après l'école. Pour l’été, comme on n'a pas de neige toute l'année au Québec, je m'étais construit une rampe en bois que je mettais dans ma cour. J'avais vissé des souliers sur ma planche et je m’entraînais sur le gazon.

C’est au moment d’amorcer mon entraînement sur ma petite rampe en bois que j'ai commencé à faire des listes. Il y a tellement de manoeuvres différentes que tu ne peux pas te rappeler dans ta tête tout ce qu'il y a à faire. Donc, j'avais tout écrit, une par une, les façons de faire les manoeuvres.

J’ai commencé par les 180°, par faire la liste de tous les 180° possibles à faire sur un rail.

Il y a 24 façons de faire un 180°. Si ça paraît fou comme chiffre, c’est parce que ce l’est.

Avec tous les nose press, tail press, switch, etc. qu’il est possible de faire, ç’a m'a donné un total 24 180° différents qu’on peut réussir.

Et après ça, tu as les 270°, 360°, 450°... Ça donne beaucoup, beaucoup de possibilités pour faire des trucs!

Des 24 façons de faire un 180°, j’en réussissais peut-être jusqu'à 15 assez facilement, mais il y en a certaines qui sont loin d’être faciles. C'est comme déblayer ta cour, mais de l'autre main. Ce n'est vraiment pas évident. Tes muscles ne veulent rien savoir. Tout se joue dans ta tête.

J'arrivais des fois, sur ma liste, à des manoeuvres où je restais pris pendant des minutes et des minutes pour réaliser juste un 180°. Au final, je m'entraînais facilement pendant 3-4 heures en soirée à faire des 180°.

Liste manuscrite de manoeuvres rédigée par Maxence Parrot
Liste manuscrite de manoeuvres rédigée par Maxence Parrot
(Photo : Radio-Canada/Éric Santerre)

Aussi, de 9 ans à 15 ans, je ne tournais que d'une seule façon dans les airs, mais il y a huit axes autour desquels un planchiste peut tourner pendant un saut. Tous les snowboarders vont avoir trois axes autour desquels ils sont capables de tourner vraiment bien, mais les autres ont encore besoin de travail. Moi, aujourd’hui, je tourne très bien de six façons. Être polyvalent m'aide beaucoup à créer de nouveaux trucs et à repousser les limites de mon sport.

Je me fais encore des listes aujourd'hui, surtout en compétition. Je me fais des listes des trucs que je veux faire dans tel saut, de ce que je veux accomplir ce jour-là en compétition. Pour moi, être organisé comme ça me permet de ne rien oublier, de voir mes objectifs, ce que je dois réussir.

J'ai fait plusieurs premiers sauts sur Terre, et premiers exploits en compétition. En fait, j'en ai fait sept.

J'ai fait les premiers

  • triple cork;
  • deux triple cork de suite;
  • trois triple cork de suite;
  • en slopestyle, en compétition.

J'ai fait les premiers

  • quadruple underflip;
  • switch triple cork 1800;
  • en Big Air, en compétition.

J'ai fait les premiers

  • switch quadruple underflip 1620;
  • double backside rodeo 1440;
  • sur Terre.

Pour savoir s’il y a une manoeuvre qui n’a jamais été faite ou non, il n'y a pas vraiment une place en particulier où l’on regarde ou un registre qu’on consulte. C'est juste qu'on le sait. Je fais partie des meilleurs du monde en planche à neige. Je sais ce que mes compétiteurs sont capables de faire et ce qu'ils ne sont pas capables de faire, et réciproquement. Ce n'est jamais arrivé que quelqu'un ait dit : je suis le premier, puis que finalement, il ne le soit pas.

Le saut qui m'a donné le plus de mal, c'est celui que j'ai appris récemment cette année : le double backside rodeo 1440. Je suis du genre à essayer quelque chose et puis de l'atterrir immédiatement. Si ce n'est pas du premier, du deuxième ou du troisième coup, c’est que je suis malchanceux. Mais ce saut m'a pris au-delà de 10 tentatives, ce qui ne m'était jamais arrivé auparavant.

Maxence Parrot réalise le premier double backside rodeo 1440

Celui que j'ai eu le plus facilement, mais dont je suis le plus fier, c'est le switch quadruple underflip 1620, que j'ai atterri à Whistler, en 2015, et je l'ai eu du premier coup. Une seule tentative, fini.

Mais en fait, ç'a été le saut que j'ai eu le plus peur de faire. Parce que quatre backflips, ça n'avait jamais été fait auparavant de cette façon. Tu as besoin d'un gros saut, celui-là prenait au-delà de 70 pieds (21 mètres) pour le réussir. C’est une distance énorme et les conséquences peuvent être très graves si tu ne l'atterris pas.

En 2014, j'étais prêt à le faire. Mentalement, je voulais faire ce saut-là. Le problème, c'est que construire un saut d'une telle taille, ça coûte énormément cher, tu ne peux pas construire ça sur n'importe quelle montagne. Ç'a pris environ un an pour monter le projet avec mes commanditaires et construire le saut.

Quand le moment est arrivé, ça faisait un an que je visualisais ce saut. Je ne pouvais pas être plus prêt que ça.

C'est justement une des raisons pour lesquelles ça n'a pris qu’un coup pour que je le réussisse. Le fait de le visualiser pendant des mois et des mois, je ne pouvais pas être plus prêt que ça mentalement.

Maxence Parrot réalise le premier switch quadruple underflip 1620

Inventer un nouveau saut va souvent commencer sur le trampoline.

J’en fais beaucoup durant l'été. Pour moi, c'est une façon de faire plusieurs répétitions dans un temps vraiment plus court que sur la montagne. Selon moi, plus tu passes de temps dans les airs, plus tu deviens à l’aise.

C'est aussi une façon d'essayer des choses avec un matelas! Tu lances le matelas sur le trampoline et ce n'est plus dangereux. Donc, parfois, j’essaie des affaires sans trop savoir ce que j’essaie. Des fois, ça fonctionne. Des fois, ça va te donner d'autres idées pour essayer de nouveaux sauts.

Quand j'ai voulu avoir un trampoline à 9 ou 10 ans, ça n'a pas été facile de convaincre mon père parce que faire du trampoline, ce n'est pas bon pour la colonne vertébrale. La pression que tu subis quand tu atterris, ça te décroche tout le dos, qu’il me disait.

Mon père est chiropraticien.

J'ai toutefois réussi à le convaincre et on a acheté un trampoline, sur lequel je pouvais apprendre la base, au Wal-Mart, à 400-500 $. Mais vers 12-13 ans, j'avais fini d'apprendre la base.

J'étais rendu à essayer de faire des doubles, mais sur ce trampoline-là, le temps dans les airs n'était pas assez long pour les réussir. J'ai donc commencé à magasiner sur Internet. Au début, je voulais un trampoline olympique, mais on parle de quelques milliers de dollars. J'ai laissé faire ce projet-là, c'était trop cher.

J'ai été pour quelque chose entre les deux. Je me suis acheté un trampoline rond, de 16 pieds de diamètre, qui n'était pas vendu au Québec. Ça venait de Vancouver, ça m'a coûté environ 2500 $.

J'ai payé ça de ma poche. J'ai travaillé tout l'été. J'avais commencé à tondre le gazon, au début, pour m'acheter ma planche à neige et, ensuite de ça, j'ai continué à tondre le gazon pour m'acheter ce trampoline et continuer de trouver des façons pour devenir meilleur en planche à neige.

Je tondais le gazon, mais avec la tondeuse de mes parents... C’était eux qui payaient les réparations. Je gardais les profits!

Quand j'ai acheté ce trampoline-là, j'ai pu repousser un peu plus mes limites.

Maxence Parrot à la Coupe du monde de Pékin en 2015
Maxence Parrot à la Coupe du monde de Pékin en 2015
(Photo : Getty Images/Lianto Zhang)

Mon but premier, c'est d'inspirer du monde. C'est rare que je m'attarde vraiment à y penser, mais quand j'y pense, ça me met un sourire aux lèvres tout de suite.

Quand je me promène en ville, chez moi à Bromont, et que des jeunes viennent me voir et me disent les yeux grands ouverts : « Veux-tu signer ça? », ça me fait toujours un choc.

Je ne pensais pas que ça pouvait être moi, un jour, quand je me rappelle qu’il y a une dizaine d’années, c'était moi qui avais les yeux grands ouverts sur Eero Ettala, un Finlandais qui a gagné aux X Games.

Lorsque j'ai acheté ma première planche à neige, à 9 ans, il y avait une vidéo qui jouait dans le magasin. C'était Eero Ettala. Aujourd'hui, il fait surtout des vidéos, mais ç'a toujours été un gars qui, à mes yeux, avait un très beau style. Et c'est un gars qui a aussi repoussé les limites du sport. Il m'a toujours impressionné avec ses manoeuvres.

Ç'a été la personne qui m'a fait vouloir devenir professionnel. Aujourd’hui, j’essaie à mon tour de repousser les limites du sport.

Eero Ettala
Eero Ettala
(Photo : Julian Finney)

Le processus pour arriver à un nouveau saut peut parfois être vraiment simple. En un claquement de doigts, ou presque, je fais le saut. Mais des fois, il faut apprendre d'autres sauts avant d’arriver à faire celui que tu souhaites. Parfois, le chemin pour s’y rendre n'est pas droit, il est un peu en slalom.

Quand ce sont des manoeuvres qui sont plus dures, je ne concentrerai pas tout mon entraînement là-dessus parce qu’arriver à réussir un gros nouveau saut, ça demeure des mois et des mois de travail. Et je ne veux pas perdre ma polyvalence.

Malgré l’entraînement, c'est certain que j’ai toujours un peu le trac avant d'essayer. C'est quelque chose qui n'a jamais été fait sur terre.

Je suis la personne sur 7 milliards qui essaie ça.

C'est un sentiment un peu bizarre. Mais l'adrénaline que tu as quand tu vas l'essayer, quand tu t'enlignes vers le saut, c'est exceptionnel.

Mais lorsque je tente un nouveau saut, je suis très concentré. Je suis comme dans une bulle, comme dans un rêve, je visualise tout. C'est comme si j'avais un écran géant devant moi et j'imagine plein de choses. J'imagine comment je tourne, de tous les angles. Comme si plein de caméras me filmaient.

Puis, dans les airs, il y a deux sortes de sensations qui sont possibles. Tu le sais si tu l'as ou si ça ne fonctionne pas trop bien dès que tu décolles du saut, à la première seconde où tu es dans les airs, juste à la vitesse à laquelle tu tournes.

Quand tu as le sentiment que tu vas l'avoir, la meilleure sensation, ce n’est pas celle que tu ressens quand tu atterris, c’est celle que tu as dans les airs.

Maxence Parrot au Polartec Big Air disputé au Fenway Park de Boston en février 2016
Maxence Parrot au Polartec Big Air disputé au Fenway Park de Boston en février 2016
(Photo : Maddie Meyer)

Plus je passe du temps dans les airs, plus je m’amuse.

Pour l'instant, je n'ai pas de limites à la taille des sauts que je peux tenter. À chaque saut que je prends, je me dis : « Il me semble qu'il pourrait être un peu plus long, un peu plus gros. »

C'est certain que tout ça doit se passer dans un environnement sécuritaire. C’est pour ça que je préfère les sauts où tu ne vas pas si haut dans les airs, mais qui sont très longs, où l’atterrissage est à la même hauteur que le saut. Je vais aller seulement à 4-5 mètres dans les airs, en faisant une longue distance. Mais si je tombe, je tombe juste de 4-5 mètres. Donc, ce ne sera pas si dangereux que ça.

Une des personnes qui fait ce genre de saut là, c'est Charles Beckinsale, un dameur professionnel australien. Il a travaillé beaucoup à Whistler dans les dernières années, mais il construit des sauts partout dans le monde.

Quand je tente un nouvel exploit, je m'arrange pour que ce soit lui qui construise mes sauts. Que ce soit dans les Alpes ou sur une plus petite montagne, nous, en tant que planchistes de compétition, c'est juste la construction du saut qui compte, on n’a pas besoin d'avoir la plus haute montagne.

Le meilleur moment pour essayer de nouvelles choses, c’est au printemps. La saison de compétition est finie. Si jamais je me blesse, j’ai 6-7 mois pour me rétablir avant que les compétitions recommencent. Les conditions sont plus molles parce qu’il fait plus chaud et ça peut absorber une partie de la chute.

Il y en a eu des sauts où, sans avoir le vertige, je me disais que c’était une grosse manoeuvre, que c’est vraiment compliqué. J'essayais de visualiser le saut, mais ça ne fonctionnait pas. La vision se bloque dans les airs et je ne suis pas capable de le rendre fluide dans ma tête.

La visualisation, ce n'est pas toujours facile, c'est quelque chose qui prend beaucoup de travail. Quand ça arrive, quand ça bloque, il faut juste continuer, continuer à visualiser les manoeuvres. À un moment donné, j’arrive à rendre ça plus fluide dans ma tête, ça commence à avoir de plus en plus de sens. Et quand je suis prêt, je peux y aller.

La planche à neige, ç'a toujours été un sport underground. S'entraîner, ce n'est pas cool. Aller au gym, c'est quoi ça? Le snowboard, c'est pour le fun. On boit de la bière et on va shredder.

Oui, j'ai eu des commanditaires, dans le passé, qui m'ont dit d'enlever certaines vidéos sur Internet, ou de ne pas montrer que je m'entraînais au gym parce que ce n'était pas cool. Moi, dans ce temps-là, je pensais que c'était ce qu'il fallait faire, donc je supprimais les vidéos.

Depuis 2-3 ans, j'ai arrêté de faire ça. Fini de montrer ce que je ne suis pas. Ça mettait tout plein de bâtons dans les roues aux jeunes qui me suivent pour essayer de comprendre comment j'ai fait pour me rendre là aujourd'hui.

Maintenant, je montre totalement ce que je fais. Je n'ai aucune honte à ça. J'adore mon sport. Ça n’enlève rien au plaisir.

J'ai dû laisser tomber quelques commanditaires. Ils m'ont aidé grandement à me rendre où je suis, mais à un certain point je voulais m'associer à des compagnies qui cadrent avec mon image et qui voient plus loin que juste mes exploits.

Avec les réseaux sociaux, c'est très important pour moi de publier des vidéos chaque semaine, voire chaque jour. J'engage un photographe et un vidéaste qui me suivent lors de la plupart des voyages, pour être sûr de publier du bon contenu sur mes réseaux sociaux.

Capture d'écran du compte Instagram de Maxence Parrot
Capture d'écran du compte Instagram de Maxence Parrot

Ce n'est pas toujours évident parce que tout a été fait. Une des choses qui est importante dans mes journées d'entraînement, ce n'est pas juste de m'entraîner, c'est aussi de trouver une bonne idée, de faire une photo ou de trouver un bon concept de vidéos pour mettre sur les réseaux sociaux.

On n’a pas nécessairement un statut différent parce qu'on crée de nouveaux sauts, parce qu’il n'y a pas vraiment de statut en surf des neiges. Il y a trois types de professionnels : ceux qui font de la planche dans les rues, les professionnels du hors-piste, puis ceux des compétitions, comme moi.

Tous les planchistes, on est amis. Il n'y a pas vraiment de grande compétition entre nous. C'est surtout la compétition contre nous-mêmes, sur la planche. Quand on fait des exploits, on s'applaudit. Peu importe qui vient d’atterrir quelque chose de nouveau, c'est sûr que je vais lui écrire ou le féliciter la prochaine fois que je vais le voir.

Au bout du compte, on vit tous pour notre sport. Si quelqu’un le fait progresser, on va tous en être fiers.

Pour faire quelque chose de nouveau, tu n'as pas le choix d'ôter toutes les limites autour de toi pour essayer de voir plus loin que les autres. C'est comme ça que tu trouves quelque chose qui n'a jamais été fait. Je pense que c'est important de toujours garder l’esprit ouvert. C'est comme ça que les idées naissent.

Les limites peuvent toutefois venir des autres. Si un autre planchiste te dit : « Il me semble qu'il vente beaucoup, je ne ferai pas le saut cette descente; ou aujourd'hui je vais juste faire ce rail », ça crée plein de limites autour de toi.

Je suis un gars qui se pose quand même beaucoup de questions. J'essaie toujours de prendre la meilleure décision possible. Entendre les autres douter, bien des fois, ça va me chicoter dans la tête, et je finis par me dire : « Peut-être pas cette descente-là… »

Maxence Parrot à la Coupe du monde de Pyeongchang, en novembre 2016
Maxence Parrot à la Coupe du monde de Pyeongchang, en novembre 2016
(Photo : Han Myung-Gu)

J'ai commencé à travailler avec un psychologue sportif il y a deux ans. Depuis, j'ai vraiment amélioré mes résultats. J'ai appris que le positivisme, il n'y a rien de meilleur que ça. Tu te lèves le matin et, même s'il y a quelque chose que tu n'aimes pas, il y a toujours une manière de le tourner positivement.

Et quand je fais des compétitions, j’ai toujours de la musique. Ça m'aide à me crinquer, mais aussi, ça coupe les sons à gauche et à droite. Je n'entends plus la négativité des autres. Ça me permet d'être plus dans ma bulle, de mieux visualiser et d’atteindre mes buts.

La conscience du danger, je l'ai quand même chaque jour. C'est un sport extrême qu'on fait. Les blessures peuvent arriver.

Pour prévenir ça, je crois que je suis un des seuls planchistes qui s'entraînent au gym 3-4 fois par semaine l’été. Selon moi, ce qui protège tes os, ce sont tes muscles. Ils constituent une sorte de coussin gonflable que j'ai sur moi en tout temps.

Oui, je tombe souvent, surtout quand j'essaie de nouvelles choses. Je tombe sur le dos, sur le ventre. Mais depuis que je vais au gym et que j'ai développé des coussins sur moi, quand je tombe, je me relève et je retourne en haut.

Ça m'arrive encore aujourd'hui de voir d'autres athlètes qui tombent et qui ne se relèvent pas. Je m'arrange le plus possible pour que ça ne m’arrive pas.

Il y a beaucoup d’athlètes qui vont parfois sauter un entraînement ou qui vont juste en faire la moitié.

Moi, je suis toujours là de la première à la dernière heure.

Je veux vraiment m'assurer que mon saut est constant et que je le réussis bien. Puis, je pense juste que... je veux peut-être plus que les autres.

Je pense que c'est ce qui fait la différence.

Propos recueillis par Olivier Pellerin
Édition : Olivier Paradis-Lemieux
Vidéo en couverture : Radio-Canada
Photo en couverture : Getty Images/Vegard Wivestad Grott