Le retentissant échec de Nagano

Wayne Gretzky félicite Dominik Hasek, de la République tchèque, après l'élimination du Canada en demi-finale du tournoi de hockey masculin des Jeux olympiques de Nagano, en 1998. Wayne Gretzky félicite Dominik Hasek, de la République tchèque, après l'élimination du Canada en demi-finale du tournoi de hockey masculin des Jeux olympiques de Nagano, en 1998. Wayne Gretzky félicite Dominik Hasek, de la République tchèque, après l'élimination du Canada en demi-finale du tournoi de hockey masculin des Jeux olympiques de Nagano, en 1998.

Le premier tournoi olympique de hockey mettant en vedette des joueurs de la LNH devait être une promenade pour le Canada. Il s’est plutôt transformé en cauchemar.

Un texte de Mike Brophy pour CBC Sports

Comment diable en arrivez-vous à laisser Wayne Gretzky sur le banc pour une séance de tir de barrage?

Toutes ces années plus tard, c’est encore la première chose que vous entendez quand les amateurs décrivent l’épouvantable défaite du Canada contre la République tchèque aux Jeux olympiques de Nagano, en 1998.

Avec le match de demi-finale comme enjeu et la perspective d’une première finale pour la médaille d’or mettant en vedette des joueurs de la LNH, comment ne pas donner la chance à la Merveille de faire gagner l’équipe?

« Je n’ai pas aimé le fait que nous n’utilisions pas Gretzky, mais c’était la décision de l’entraîneur », dit Bobby Clarke, membre du Panthéon du hockey et directeur général d’Équipe Canada à l’époque.

Plusieurs amateurs canadiens seraient d’accord. Mais la décision de Marc Crawford de laisser Gretzky sur le banc n’était qu’un des nombreux choix douteux, dont certains faits par le directeur général, qui ont mené à l’un des chapitres les plus humiliants de l’histoire du hockey canadien.

Deux décennies après Nagano, plusieurs des personnes impliquées dans l’équipe de 1998 secouent encore la tête.

Dominik Hasek stoppe Brendan Shanahan durant la séance de tirs de barrage en demi-finale.
Dominik Hasek stoppe Brendan Shanahan durant la séance de tirs de barrage en demi-finale.
(Photo : Getty Images/Lutz Bongarts)

Quand la LNH a accepté d’interrompre sa saison pour permettre aux meilleurs joueurs du monde de participer pour la première fois aux Jeux olympiques, plusieurs s’attendaient à ce que la nation la plus puissante de ce sport vogue vers l’or.

Hockey Canada, mené à l’époque par le président et chef de la direction Bob Nicholson, a alors entrepris de mettre sur pied une équipe de direction tout étoile.

Clarke, bâtisseur de la formation des Flyers de Philadelphie qui avait atteint la finale de la Coupe Stanley en 1997, était secondé par les assistants Bob Gainey – l’architecte des puissantes éditions des Stars de Dallas de la fin des années 1990 – et Pierre Gauthier, des Sénateurs d’Ottawa.

Derrière le banc, Crawford – entraîneur-chef de l’Avalanche du Colorado, champion de la Coupe Stanley en 1996 – avait pour adjoints Wayne Cashman, Andy Murray et Mike Johnston.

Quand est venu le temps de sélectionner les joueurs, Clarke et son équipe se sont retrouvés devant un buffet de futurs membres du Panthéon du hockey.

Patrick Roy, qui allait être nommé gardien numéro un et jouer superbement tout au long du tournoi, était secondé par Martin Brodeur et Curtis Joseph. La défense mettait en vedette Raymond Bourque, Chris Pronger, Rob Blake, Éric Desjardins, Adam Foote, Scott Stevens et Al MacInnis.

C’est ici que le doute peut commencer. Scott Niedermayer, le doux patineur gagnant du trophée Norris qui allait un jour se retirer avec quatre bagues de la Coupe Stanley, n’a pas été choisi.

Les attaquants étaient Gretzky, Eric Lindros, Theoren Fleury, Joe Nieuwendyk, Brendan Shanahan, Rod Brind’amour, Shayne Corson, Trevor Linden, Keith Primeau, Mark Recchi, Steve Yzerman, Joe Sakic et Rob Zamuner.

Ce dernier choix a d’ailleurs été le plus controversé.

Zamuner, un attaquant défensif fiable, mais relativement obscur du Lightning de Tampa Bay, est passé devant Mark Messier – l’un des meilleurs marqueurs de tous les temps et six fois champion de la Coupe Stanley, un joueur considéré comme l’un des plus grands meneurs d’hommes de l’histoire du sport.

« Zamuner avait représenté le Canada aux Championnats du monde l’année précédente et avait bien joué en aidant l’équipe à remporter la médaille d’or », explique Crawford.

Cette décision représente bien la stratégie de la direction, qui consistait à construire une équipe qui aurait du succès dans la LNH. Cela signifiait donc qu’il y avait une place pour des joueurs de soutien comme Zamuner, qui seraient heureux de faire le boulot ingrat.

Le problème, bien sûr, était que cette équipe n’allait pas jouer dans la LNH, où les patinoires mesurent 200 pi par 85 pi. Les patinoires de grandeur internationale mesurent plutôt 200 x 100, ce qui met davantage en valeur les habiletés des joueurs.

Clarke admet qu’il n’a pas pris cela suffisamment en considération.

« Nous avons tenté de bâtir une équipe, dans le sens d’inclure des gars qui étaient des spécialistes pour écouler les pénalités et des gars capables de contenir les joueurs adverses, explique-t-il. Je pense que nous avons appris, avec ce tournoi, que les meilleurs joueurs vont réussir à s’adapter. Vous leur confiez un rôle auquel ils ne sont pas habitués et ils vont s’y adapter parce qu’ils veulent jouer. »

Le fait que Mario Lemieux, champion marqueur de la LNH en 1996-1997, ait été à la retraite (il est revenu au jeu en décembre 2000) n’a pas aidé.

Le temps jouait aussi contre Clarke. Les Jeux de Nagano tombaient dans une période de transition pour la LNH, alors que plusieurs des joueurs vedettes qui avaient dominé le circuit pendant les années 1980 et 1990 se retiraient ou, du moins, prenaient de l’âge. Messier avait 37 ans et au milieu d’une saison durant laquelle il amasserait seulement 60 points en 82 matchs. Gretzky avait 36 ans et allait prendre sa retraite après la saison 1998-1999.

Mais avec autant de vétérans dans sa formation, Clarke a fait un curieux choix en nommant son leader.

À l’époque, l’enfant chéri de Clarke à Philadelphie était Eric Lindros.

À 6 pi 4 po et 230 lb, le joueur de 24 ans incarnait le mélange parfait de la taille, des habiletés et de l’agressivité, en plus d’avoir déjà un titre de joueur par excellence et une présence en finale de la Coupe Stanley à son palmarès.

Mais la décision qu’a prise Clarke de nommer Lindros, et non Gretzky, capitaine de l’équipe semblait aller à contre-courant de l’ordre naturel des choses.

« Je dirais que si vous aviez à le refaire, vous feriez probablement un choix différent, dit Crawford. »

Je peux toutefois vous dire ceci : ça ne dérangeait pas que Gretzky ne soit pas le capitaine. Wayne était le leader. Il était celui autour de qui tout le monde gravitait.

Marc Crawford

« C’était absolument l’équipe de Gretzky, dit Pronger, qui avait 22 ans à Nagano. Mais j’étais jeune et je ne portais pas attention à ces choses. J’essayais juste de survivre et de jouer au meilleur de mes habiletés. »

En dépit du controversé choix du capitaine et de sélections discutables lors de la mise sur pied de la formation, Clarke et ses acolytes ont assemblé une équipe facilement capable de récolter l’or. Et à sa décharge, Lindros a terminé à égalité en tête des marqueurs de l’équipe, en compagnie de Nieuwendyk, avec cinq points.

Lindros et son équipe ont commencé le tournoi en force. Il a récolté deux buts dans une victoire écrasante de 5-0 contre le Bélarus.

Le Canada a poursuivi en défaisant la Suède 3-2, puis les États-Unis 4-1 pour clore le tour préliminaire, avant de se défaire du Kazakhstan 4-1 en quart de finale.

Mais ensuite, comme Lindros le fait remarquer, « nous avons rencontré un gardien de but en feu qui a connu le match de sa vie. »

Dominik Hasek prend une gorgée d’eau pendant la séance de tirs de barrage contre le Canada.
Dominik Hasek prend une gorgée d’eau pendant la séance de tirs de barrage contre le Canada.
(Photo : AFP/Getty Images/Olivier Morin)

Si le Canada devait voguer tranquillement vers l’or à Nagano, quelqu’un a oublié de le dire à Dominik Hasek.

À l’ouverture des Jeux olympiques, la vedette des Sabres de Buffalo était sur le point de remporter un deuxième trophée Hart, attribué au joueur par excellence de la LNH, en autant de saisons, un exploit jamais réalisé par aucun autre gardien.

Le style de Hasek était inorthodoxe et la plupart du temps, il ne semblait y avoir aucune explication à ses mouvements acrobatiques, mais il arrêtait la rondelle.

L’équipe de Hasek à Nagano comprenait plusieurs joueurs hors-LNH, mais elle ne manquait pas de patineurs talentueux. Parmi ceux-ci, Jaromir Jagr, qui était sur le point de remporter son deuxième titre des marqueurs dans la LNH, ainsi que Roman Hamrlik, Milan Hejduk, Robert Lang, Martin Rucinsky, Martin Straka, Jiri Slegr et Petr Svoboda.

Mais même avec ce talent, et même après avoir dominé les Américains 4-1 en quart de finale, les Tchèques ont décidé que le meilleur moyen pour eux de battre les Canadiens, établis largement favoris, serait de se rendre en tirs de barrage.

Se fiant grandement à Hasek, les Tchèques ont passé de longs moments sans organiser de poussée à l’attaque, ce qui frustrait grandement les Canadiens.

La situation est devenue encore plus difficile pour le Canada quand Slegr a brisé la glace en marquant le premier but du match, au milieu de la troisième période.

Nous aurions dû jouer le match sur un terrain de soccer parce que c’est comme ça que le match s’est joué. Ils ne sont même pas venus dans notre zone après qu’ils eurent pris les devants 1-0. Ce n’était pas du hockey. C’était affreux. C’était comme patiner dans du Velcro.

Theoren Fleury

Les blessures ont aussi affecté l’équipe canadienne. Paul Kariya, l’un des patineurs les plus rapides et des meilleurs joueurs offensifs du hockey, a raté le tournoi en raison d’une commotion cérébrale. Sakic a été blessé en quart de finale et n’a pas joué contre les Tchèques.

S’ils avaient été disponibles, ces deux joueurs auraient fort probablement pris part à la séance de tirs de barrage qui se dessinait.

Le Canada s’est finalement inscrit au pointage quand Linden a déjoué Hasek de l’enclave, grâce à une belle préparation de Lindros, avec un peu plus d’une minute au cadran.

Le but allait entraîner la tenue d’une prolongation – et la réalisation d’autres arrêts héroïques de Hasek.

« Nous avons dominé, affirme Crawford. En prolongation, je pense que nous avons obtenu six occasions de marquer contre aucune pour eux. Dominik gardait les buts sur la tête. »

Ça se voyait qu’ils attendaient simplement la séance de tirs de barrage. Ils n’en avaient pas aussi peur que nous. ‘Peur’ n’est peut-être pas le mot juste, mais nous n’étions pas à l’aise avec cela et ça paraissait.

Marc Crawford

Peut-être qu’il y avait une bonne raison pour cela. C’est seulement sept ans plus tard que la LNH mettrait en place la séance de tirs de barrage pour trancher les matchs nuls en saison, alors la plupart des joueurs canadiens étaient peu familiers avec cette expérience.

Même chose pour les entraîneurs. Crawford et ses adjoints avaient dressé une liste de tireurs avant le match, au cas où la partie atteigne les tirs de barrage.

Le no 99 ne figurait pas sur cette liste.

La liste des tireurs canadiens en vue de la séance de tirs de barrage
La liste des tireurs canadiens en vue de la séance de tirs de barrage
(Photo : CBC Sports)

Fleury y est allé en premier et a raté sa chance. Robert Reichel a ensuite battu Roy pour ce qui allait étonnamment devenir le seul but de la séance.

Par la suite, Bourque, Nieuwendyk et Lindros ont tour à tour échoué pour le Canada, tandis que Rucinsky, Pavel Patera et Jagr échouaient aussi pour les Tchèques (Lindros et Jagr ont tous deux atteint le poteau).

Shanahan s’est alors retrouvé devant l’obligation de réussir. Hasek a parfaitement lu ses intentions. Les Tchèques célébraient.

Pendant ce temps, Gretzky – le meilleur marqueur de l’histoire – était assis sur le banc et se contentait de regarder.

Dominik Hasek, de la République tchèque, empêche Eric Lindros, du Canada, de marquer pendant la séance de tirs de barrage.
Dominik Hasek, de la République tchèque, empêche Eric Lindros, du Canada, de marquer pendant la séance de tirs de barrage.
(Photo : Associated Press/Hans Deryk)

Assurément, Hasek a dû rire intérieurement quand il a aperçu Bourque, un défenseur, passer par-dessus la bande pour prendre le deuxième tir du Canada.

La capacité de Bourque d’atteindre des cibles immobiles en Styro mousse sur environ 20 pieds pendant la compétition d’habiletés de la LNH est légendaire, mais comment les entraîneurs canadiens ont pu penser que ce talent pouvait lui permettre de battre le meilleur gardien du monde sur une échappée demeure un mystère.

Aussi bon fût-il, les défenseurs ne profitent pas d’échappées, alors de le mettre dans cette situation était probablement injuste. C’était une mauvaise décision selon moi de ne pas utiliser Gretzky et de placer Raymond dans cette situation.

Bobby Clarke

L’absence de Gretzky de la séance de tirs de barrage est débattue depuis ce jour. Mais deux choses méritent d’être soulevées.

Premièrement, même s’il a terminé le tournoi en tête de son équipe avec quatre passes, Gretzky n’a marqué aucun but.

Aussi, Gretzky faisait plusieurs choses merveilleusement bien, mais les échappées n’en faisaient pas partie.

Gainey, par exemple, n’était pas surpris de voir que Gretzky n’était pas utilisé dans cette situation.

« Je peux vous dire que j’ai été entraîneur dans un match des Étoiles avec Gretzky et Brett Hull dans mon équipe, dit-il. Il y avait une sorte de compétition de tirs de pénalité et aucun des deux ne voulait y aller. »

Crawford continue de croire en sa décision.

« Wayne aurait adoré avoir l’occasion de tirer et je ne me suis jamais senti mal des choix que j’ai faits, dit-il. Ultimement, comme entraîneur, vous devez vivre avec vos décisions, bonnes ou mauvaises. Je pense que si j’avais changé d’avis et que nous avions perdu, je me serais senti encore plus mal. Compte tenu de l’information dont nous disposions à ce moment-là, nous croyions que nos choix étaient les bons. »

De son côté, Pronger croit que la chute d’Équipe Canada est venue de son incapacité à imposer l’autorité dont elle était capable.

Je pense que nous avons joué en ayant peur. Les attentes étaient élevées parce que nous avions plusieurs gros noms dans l’équipe. Nous avons joué chaque match pour ne pas perdre. Nous avions peur de laisser tomber les gens et nous n’avons pas joué pour gagner.

Chris Pronger

« Nous ne nous sommes pas améliorés à mesure que le tournoi progressait. Nous avons gagné des matchs et certains peuvent dire que nous aurions dû gagner celui contre les Tchèques, mais au bout du compte, nous n’avons pas formé une équipe comme ce fut le cas en 2002 à Salt Lake City et en 2010 à Vancouver. »

Après tout, Hasek était peut-être simplement imbattable. Il a réalisé 20 arrêts dans un blanchissage de 1-0 contre les Russes dans le match pour la médaille d’or, procurant à la République tchèque son seul titre olympique.

« Quand je repense aux Jeux de 1998, notre équipe était pas mal forte, dit Nicholson. Nous avons simplement perdu contre un gardien contre qui, à ce moment-là, il était impossible de compter. »

Le lendemain de cette dure défaite contre les Tchèques, le Canada était de retour sur la patinoire pour disputer le match de la médaille de bronze contre la Finlande.

Malgré le fait qu’ils aient dominé les Finlandais 32-15 au chapitre des tirs au but, les joueurs canadiens n’avaient pas la tête au match.

Si d’autres pays peuvent chérir une médaille de bronze, les Canadiens la perçoivent souvent, plutôt, comme un symbole d’échec.

« Nous devions réunir les joueurs trois heures après la défaite contre les Tchèques parce que le match pour la médaille de bronze allait être joué l’après-midi suivant, raconte Crawford. Ce fut une réunion vraiment, vraiment difficile.

« J’ai parlé à l’équipe, Wayne a parlé à l’équipe, Lindros a parlé à l’équipe et ils ont tous été assez éloquents. Bob Gainey a fait tout un travail pour nous préparer, mais nous étions en territoire inconnu. La conversation était : ‘Nous n’avons perdu aucun match en temps réglementaire ou en prolongation dans ce tournoi, alors allons gagner ce match contre les Finlandais et nous pourrons repartir d’ici en nous disant que nous n’avons pas perdu et avons gagné le bronze.’ »

Ça n’a pas fonctionné. Un but de Ville Peltonen après 17 secondes en troisième période a procuré une victoire de 3-2 aux Finlandais.

« Personne n’avait la tête au match », dit Lindros.

Nous ne jouons pas pour l’argent ou pour le bronze. Tout l’effort que vous y mettez quand vous êtes un enfant est pour gagner, pas pour se classer 2e ou 3e.

Theoren Fleury

« Pour les Finlandais, c’était comme un match de médaille d’or, ajoute Crawford. Ils voulaient juste être médaillés.

« J’ai un regret : j’aurais dû mettre Martin Brodeur devant le but plutôt que Roy. Dans ce genre de match, vous avez besoin de quelqu’un qui a quelque chose à prouver. Faire jouer Martin aurait probablement été ce dont nous avions besoin. Mais nous avons perdu 3-2 en jouant assez bien, après tout. »

Rob Zamuner, Steve Yzerman, Brendan Shanahan et Theoren Fleury (de gauche à droite) vivent difficilement les dernières secondes du match pour la médaille de bronze.
Rob Zamuner, Steve Yzerman, Brendan Shanahan et Theoren Fleury (de gauche à droite) vivent difficilement les dernières secondes du match pour la médaille de bronze.
(Photo : La Presse canadienne/Fred Chartrand)

Pour Hockey Canada, Nagano a été une pilule difficile à avaler, mais peut-être nécessaire. « En bout de ligne, ça a peut-être été une bonne chose parce que ça nous a forcés à nous arrêter et à évaluer notre façon de faire les choses, dit Nicholson. Maintenant, nous choisissons les meilleurs joueurs et nous leur demandons de s’adapter à de nouveaux rôles. »

En effet, le Canada semble avoir appris beaucoup de cette défaite cinglante en 1998. Dans les quatre Jeux olympiques qui se sont tenus depuis, le Canada a remporté trois médailles d’or, en 2002, 2010 et 2014.

Mais Pronger, qui a gagné l’or en 2002 et 2010, pense encore à celle qui lui a échappé.

« Nous sommes toujours les favoris, à chaque tournoi, et dans celui-là, nous l’étions grandement parce que nous comptions entre autres sur Gretzky, Lindros, Sakic et Bourque, rappelle-t-il. Nous avions aussi Patrick Roy devant le filet et il a été extraordinaire dans ce tournoi.

Vous parcourez la liste de nos joueurs et vous vous demandez : ‘Comment pouvions-nous perdre?’

Chris Pronger

Pour Gretzky, une médaille d’or olympique demeure la pièce manquante dans la carrière la plus brillante de l’histoire du hockey.

Quant à la séance de tirs de barrage, le plus grand ambassadeur du hockey a déclaré, dans une entrevue en 2014, qu’il aurait aimé être choisi.

« J’ignore si j’aurais marqué, a dit Gretzky. Quand les Tchèques ont compté, je priais pour qu’un joueur de notre équipe réussisse à le faire, et j’espérais être le sixième gars choisi pour marquer ce but.

« Si j’avais été choisi et que j’avais raté ma chance, nous n’en parlerions pas aujourd’hui. »

Photo en couverture : Getty Images/Brian Bahr