Il y a 15 ans : Lucas-Beyer en Allemagne

La défaite la plus marquante de l’histoire de la boxe québécoise

Éric Lucas (à gauche) lance un direct à Markus Beyer lors de leur combat de championnat du monde le 5 avril 2003, à Leipzig, en Allemagne. Éric Lucas (à gauche) lance un direct à Markus Beyer lors de leur combat de championnat du monde le 5 avril 2003, à Leipzig, en Allemagne. Éric Lucas (à gauche) lance un direct à Markus Beyer lors de leur combat de championnat du monde le 5 avril 2003, à Leipzig, en Allemagne.

« Lorsque vous vous battez en Allemagne, vous devez passer le K.-O. à votre adversaire pour obtenir un verdict nul. » - Jim Wicks, gérant de l'ex-champion britannique Henry Cooper

Un texte de Martin Leclerc

Nous sommes le samedi 5 avril 2003. Le combat se déroule à Leipzig en Allemagne. Au Québec, 1,6 million de téléspectateurs sont rivés à leur écran pour voir Éric Lucas défendre sa couronne des super-moyens du WBC contre l’Allemand Markus Beyer. Quinze ans plus tard, tout le monde se souvient du verdict de ce combat, qui a certainement été le plus frustrant de l’histoire de la boxe professionnelle québécoise.

Ce jour-là, Lucas (36-4-3 avant de monter dans le ring) défendait sa ceinture pour la quatrième fois. Il s’agissait d’une défense obligatoire puisque Beyer était l’aspirant numéro un.

Bien que l’Allemand (26-1-0) fut gaucher, les entraîneurs de Lucas n’avaient aucun doute quant à la supériorité de leur athlète.

Beyer était un boxeur rapide, mais très défensif, qui aimait utiliser son jab et retraiter pour éviter de se faire toucher. Il prenait rarement le risque de se porter à l’attaque ou de se glisser à l’intérieur pour lancer des combinaisons. Et pour cause : son menton était fragile. Il avait plusieurs fois visité le plancher lorsqu’il avait affronté à des adversaires de haut niveau.

« La vitesse et le contrôle de la distance étaient les principales forces de Beyer. Nous devions donc le rendre inconfortable, fermer la distance et l’amener à se battre. Ce n’était pas nécessairement un job facile parce qu’Éric n’était pas le boxeur le plus mobile dans un ring. Il s’ancrait et appliquait une pression constante. Son style était tout le contraire de celui de Beyer », se souvient l’entraîneur de Lucas, Stéphan Larouche.

Par ailleurs, même si Lucas ne s’était pas battu contre un gaucher depuis belle lurette, Larouche avait pris les moyens pour contrer ce désavantage. Durant son camp d’entraînement, tenu exceptionnellement à Orford, le champion québécois avait livré 117 rounds à Emmett Linton, un partenaire d’entraînement gaucher originaire de l’État de Washington.

« Éric savait s’imprégner de ce qui se déroulait dans le ring. Il était capable d’appliquer à peu près tout ce qu’on voulait faire. Il avait hautement confiance en lui. Il était calme et analysait bien ce qui se présentait devant lui. C’était un boxeur fiable », ajoute Larouche.

Le combat est encore disponible sur Internet. Regardez-le autant de fois que vous le souhaitez, et vous constaterez qu’il s’est déroulé exactement comme prévu. Et vous arriverez chaque fois au même résultat : une victoire de Lucas. Le nombre de points d’écart dépendra de la force de l’avocat du diable sommeillant en vous.

Éric Lucas évite une attaque de Markus Beyer lors de leur combat de championnat du monde, le 5 avril 2003.
Éric Lucas évite une attaque de Markus Beyer lors de leur combat de championnat du monde, le 5 avril 2003.
(Photo : Getty Images/Vladimir Rys)

Lucas a démarré en lion, pourchassant Beyer sans relâche et remportant facilement les trois premiers rounds. Évasif du début à la fin, Beyer s’est montré plus incisif à compter du quatrième, mais à peine. Ses attaques restaient clairsemées, ses coups en puissance touchaient rarement. Lucas a remporté la majorité des rounds et quelques-uns ont eu l’air serrés parce que Beyer passait son temps à se défiler face au champion, qui coupait le ring et avançait incessamment vers lui.

Pour quiconque connaît la boxe, la victoire de Lucas semblait dans la poche.

« Ça n’a pas été un combat vraiment spectaculaire ou flamboyant, mais j’avais devant moi un gars qui ne voulait pas vraiment se battre. Je mettais de la pression et lui se déplaçait. C’est ce qui s’est passé du début à la fin », se souvient Éric Lucas.

Nous n’avons jamais senti que nous étions en arrière dans le combat. Même si nous nous battions en Allemagne et que nous redoutions les juges, le déroulement du combat nous semblait tellement clair que Stéphan n’a jamais senti le besoin de me demander d’accélérer la cadence.

- Éric Lucas

En fait, après le 11e round, Stéphan Larouche et Yvon Michel étaient tellement convaincus de l’avance de Lucas qu’ils ont demandé au champion de se préparer à faire face à une attaque tous azimuts de Beyer lors du round final. À leurs yeux, l’avance de Lucas était telle que Beyer avait besoin d’un knock-out pour lui ravir sa ceinture.

Éric Lucas pare un coup de Markus Beyer.
Éric Lucas pare un coup de Markus Beyer.
(Photo : Getty Images/Eckehard Schulz)

Sachant qu’il se trouvait en territoire étranger, Lucas n’avait pas l’intention de se sauver pour autant. Il voulait finir de façon convaincante.

« Je me souviendrai toujours de ce dernier round parce que Beyer s’est sauvé tout le long. On m’avait dit : “Sois prêt parce qu’il va foncer sur toi.” Mais ce n’est jamais arrivé! J’attendais Beyer et je me disais qu’il allait finir par m’attaquer, mais ce n’est pas arrivé pantoute », explique Lucas, encore incrédule.

« Au 11e round, j’avais vu le représentant de la commission athlétique allemande remettre un papier aux hommes de coin du clan Beyer. Et au 12e, quand nous avons vu que Beyer ne faisait rien dans le ring, Stéphan et moi avons réalisé que nous étions en train de nous faire fourrer », raconte Yvon Michel.

« Il était clair que les entraîneurs de Beyer connaissaient les pointages des juges. Beyer savait qu’il était en avance et il concédait le dernier round à Éric parce qu’il savait qu’il avait remporté le combat. »

Aujourd’hui l’un des entraîneurs de boxe les plus respectés au Québec, François Duguay était en 2003 l’un des plus jeunes membres de l’équipe de préparateurs d’Éric Lucas. « J’étais un jeune padawan », blague-t-il, en faisant référence aux apprentis Jedi de la saga cinématographique Star Wars.

À son avis, la domination de Lucas n’avait pas été aussi totale qu’on l’imagine. « C’était un combat extrêmement serré. Avant le 12e, j’avais Éric en avance par deux rounds », raconte-t-il.

« Quand le dernier round a commencé et que Beyer a embarqué sur son bicycle pour se sauver, je me suis tout de suite dit que nous étions dans la merde et qu’Éric devait knockouter Beyer. Il était clair que Beyer savait quelque chose que nous ne savions pas. Dans un combat aussi serré que celui-là, jamais un boxeur ne se serait sauvé au dernier round. N’importe qui aurait naturellement tenté de remporter le 12e. »

Une fois le combat terminé, Lucas a naturellement levé les bras vers le ciel, convaincu qu’il venait de réussir la quatrième défense de son titre.

Sa popularité était grandissante. Lucas était en train de devenir une mégavedette du paysage sportif québécois. Ses trois défenses subséquentes allaient lui permettre de choisir n’importe quel aspirant parmi les 15 premiers. Il allait enfin pouvoir passer à la caisse et toucher des bourses dignes de son rang...

Quand la cloche finale a retenti, le langage corporel de Beyer n’était pas celui d’un gagnant.

« Il n’avait aucune réaction. Beyer a à peine soulevé un bras. C’est son promoteur et ses hommes de coin qui se sont rués sur lui et qui l’ont soulevé sur leurs épaules pour créer une impression de célébration. C’était assez clair que mon adversaire avait vu le même combat que moi », mentionne Éric Lucas.

Markus Beyer est porté en triomphe par un de ses hommes de coin après son combat contre Éric Lucas, le 5 avril 2003.
Markus Beyer est porté en triomphe par un de ses hommes de coin après son combat contre Éric Lucas, le 5 avril 2003.
(Photo : Associated Press/Eckehard Schulz)

À l’annonce du verdict des juges, les craintes du clan québécois se sont confirmées et Beyer l’a emporté par décision partagée :

- Le juge italien Franco Criminale a remis une carte de 116-113 en faveur de Beyer.

- Le juge britannique John Keane a tranché 115-114 en faveur de Lucas.

- Le juge américain Chuck Hasset a donné un avantage de 116-113 à Beyer.

« Je pense que je suis rendu à 55 combats de championnat du monde depuis le début de ma carrière. Et ce verdict-là demeure le pire souvenir de ma carrière », affirme Yvon Michel.

« On peut toujours se dire que les juges avaient une autre perspective et qu’ils ont vu le combat différemment. Mais le fait demeure qu’il y avait eu de la tricherie et que c’était inconcevable.

« Les Allemands avaient planifié un stratagème pour connaître le pointage à partir du premier round afin de savoir où ils en étaient dans le combat. C’est un avantage incroyable de savoir si tu es en avance ou non, si tu dois mettre de la pression ou si tu peux relâcher. C’est un avantage indu qui a joué un rôle important dans l’attribution de la victoire », dit-il.

Stéphan Larouche raconte qu’il voyait encore le monde de la boxe de façon assez idéaliste à cette époque. Il se souvient de s’être totalement vidé le cœur durant la conférence de presse suivant la victoire de Beyer. « Vous savez que vous n’avez pas remporté ce combat », a-t-il vociféré, notamment, à l’endroit du clan Beyer.

« Je l’ai vécu sous deux angles différents : les Allemands justifient les résultats des combats à leur guise, en fonction du style de leurs boxeurs. Ce soir-là, ils m’ont répondu qu’Éric avait certainement été le plus combatif, mais que Beyer s’était montré plus précis dans ses attaques.

« Quatre ans plus tard, je suis retourné là-bas avec Jean-François Bergeron, qui affrontait Nikolaï Valuev chez les poids lourds. Ce soir-là, c’est Bergeron qui boxait défensivement et qui était précis dans ses attaques. Il a perdu par décision unanime. Les Allemands m’ont alors dit que mon boxeur n’avait pas suffisamment été agressif! »

Étant donné le nombre de gens qui l’ont vue en direct, il n’est pas étonnant que cette défaite soit restée inscrite en grosses lettres au palmarès des plus vives déceptions sportives des Québécois. Le combat avait été diffusé en direct sur les ondes de la station généraliste TVA et avait généré des cotes d’écoute moyennes de 1,6 million de téléspectateurs.

« Il y avait même eu une pointe de 1,9 million de téléspectateurs. À cette époque, un seul autre événement sportif avait été autant regardé au Québec et c’était un match de la finale de la Coupe Stanley de 1993 opposant le Canadien aux Kings de Los Angeles », soutient Yvon Michel.

« Les gens qui ont 20 ans aujourd’hui ne savent pas tous qui est Éric Lucas. Mais ceux qui sont un peu plus vieux parlent encore de ce combat. On m’en parle très souvent », affirme Stéphane Larouche.

« Les amateurs me parlent davantage de cette défaite que de mes victoires en championnat du monde! Encore récemment, je suis allé faire réparer ma voiture et l’un des propriétaires du concessionnaire m’a raconté qu’il s’était cassé une main le jour de ma défaite contre Beyer. Il avait donné en coup de poing dans un mur en apprenant le verdict des juges », raconte Lucas.

Pour sa part, le champion déchu dit avoir vécu des heures difficiles après avoir quitté le ring de Leipzig.

J’ai pleuré de ma descente du ring jusqu’à mon retour à l’hôtel.

- Éric Lucas

« Quand Éric est revenu à l’hôtel sans ceinture, le visage un peu magané, sa blonde Marie-Claude à son bras, c’est devenu encore plus émotif. Quelques centaines de Québécois avaient fait le voyage pour assister au combat et ils séjournaient tous au même endroit. Ils étaient rassemblés dans le lobby et ils l’ont ovationné à son entrée », raconte Larouche.

« Tout le monde savait qu’Éric était encore champion à ce moment-là. C’était tellement intense et émotif comme accueil. Éric pleurait, sa blonde pleurait. Je ne me souviens pas si je pleurais à chaudes larmes, mais c’est sûr que je braillais moi aussi », ajoute François Duguay, qui était rentré à l’hôtel avec le couple.

Ce soir-là, Lucas et son équipe ont noyé leur peine. Après quelques heures, le boxeur s’est dit qu’il fallait regarder vers l’avant et qu’il ne servait à rien de s’apitoyer sur son sort.

Dans sa tête, il était clair qu’il allait un jour croiser la route de Markus Beyer à nouveau et qu’il allait pouvoir remettre les pendules à l’heure.

À leur retour d'Allemagne le 7 avril 2003, Éric Lucas et Yvon Michel répondent aux questions des journalistes à Dorval.

Cette histoire abracadabrante ne s’arrête donc pas là.

À leur retour au Québec, les membres du clan d’InterBox ont commencé à recoller les morceaux pour essayer de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Encore aujourd’hui, certaines circonstances entourant l’organisation de ce combat sont nébuleuses.

L’appel d’offres du WBC pour présenter le combat Lucas-Beyer avait été remporté par les Allemands avec une mise de 1 164 000 $ US, soit seulement 14 000 $ de plus que l’offre déposée par InterBox.

La différence ridicule séparant les deux offres et le chiffre choisi par Wilfried Sauerland laissent encore beaucoup de gens perplexes. Les Allemands ont-ils été extrêmement chanceux, ou ont-ils su d’avance quel montant InterBox allait miser? Allez savoir.

Désigné comme observateur du clan Lucas pour assister à l’enrubannage des mains de Markus Beyer dans le vestiaire adverse, François Duguay se souvient d’avoir été troublé par ce qu’il avait vu.

« Il y avait sur place une représentante du WBC. Le promoteur Sauerland était présent, de même que le représentant (de la commission athlétique allemande) qui récoltait les pointages auprès des juges durant le combat. Ils avaient vraiment beaucoup de plaisir avec Beyer. C’était plus que cordial, c’était presque un moment de célébration. Dans le vestiaire d’Éric, la visite de ces gens avait été tout le contraire : très froide, très formelle et très rapide. J’ai ressenti dès ce moment-là qu’il y avait un fort vent de favoritisme dans la place. J’en ai parlé avec Stéphan Larouche, et nous avons convenu de ne pas nous laisser déconcentrer par cela », raconte Duguay.

Interrogés séparément, Larouche, Lucas, Duguay et Michel ont par ailleurs tous souligné à quel point ils avaient été bien accueillis à Leipzig. Au point où, avec le recul, la situation leur avait semblé anormale.

« Tout était impeccable : l’hôtel, notre site d’entraînement, l’entraînement public. Tout! Ils nous ont fait dormir. Ils se sont arrangés pour qu’on abaisse un peu notre niveau d’alerte. Notre zone de confort était étonnante et ils nous en ont passé une petite vite au moment de la décision des juges, alors qu’on ne se méfiait de rien », relate Larouche.

« Le promoteur Sauerland m’avait même organisé des sorties. Deux jours avant le combat, je faisais des tours de piste à 200 km/h à l’usine de Porsche avec un pilote professionnel! C’était certainement hors-norme pour une semaine de combat de championnat du monde. Mais la façon dont j’ai boxé, je sais que ça n’a eu aucun effet sur ma performance », dit Lucas.

Le promoteur Wifried Sauerland (à gauche) et l'entraîneur Ulrich Wegner (à droite) entourent Markus Beyer après sa victoire le 5 avril 2003.
Le promoteur Wifried Sauerland (à gauche) et l'entraîneur Ulrich Wegner (à droite) entourent Markus Beyer après sa victoire le 5 avril 2003.
(Photo : Getty Images/Vladimir Rys)

Au bout du compte, Éric Lucas n’est jamais redevenu champion après ce verdict maudit.

« La plus grande déception de ma carrière n’a pas été de perdre ce combat contre Beyer le 5 avril 2003. Ce qui m’a fait le plus mal, c’est de n’avoir jamais pu l’affronter dans un combat revanche. Nous n’avons jamais eu ce combat-là et c’est incompréhensible », déplore-t-il.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Yvon Michel révèle que Lucas avait combattu à Leipzig sans filet de sécurité, c’est à dire sans que la tenue d’un combat revanche ait été négociée au préalable.

« J’avais à l’origine négocié avec Wilfried Sauerland la tenue d’un premier combat Lucas-Beyer en Allemagne et d’une revanche à Montréal, si nécessaire. Mais après la victoire éclatante d’Éric contre Omar Sheika (à Montréal devant 10 000 personnes), le propriétaire d’InterBox, Hans-Karl Muehlegg, m’a dit qu’on ne pouvait pas laisser Éric se battre en Allemagne et qu’il fallait que le premier combat ait lieu à Montréal », rappelle-t-il.

Il y avait une sorte de mobilisation pour qu’on permette à Éric de défendre sa ceinture au Québec. Nous avons donc rompu notre entente avec les Allemands et nous avons participé à l’appel d’offres pour organiser le combat. Et nous l’avons perdu.

- Yvon Michel

En rentrant à Montréal après la défaite contre Beyer, Yvon Michel, outré par la tricherie dont il avait été témoin, a déposé un protêt auprès du WBC. Il s’est même rendu au Mexique en compagnie de Lucas pour plaider la nécessité d’organiser un combat revanche.

« La révision du combat par cinq juges n’a pas été suffisamment concluante. Mais les images prouvaient que le représentant de la commission athlétique allemande avait donné les résultats aux hommes de coin de Beyer. C’est sur cette base que nous avons obtenu la tenue d’un combat revanche », dit-il.

Quelque part sous le ring d’entraînement du complexe sportif Claude-Robillard se trouve une affiche annonçant la tenue du second combat Lucas-Beyer. C’est une rare pièce de collection parce que cet affrontement, prévu à l’automne 2003, ne s’est jamais matérialisé.

« Markus Beyer s’est blessé au mois d’août et le clan Sauerland nous a proposé une date en février ou en mars 2004 », se souvient Michel.

Personne ne s’entend sur ce qui s’est produit exactement par la suite. Larouche et Lucas ne se rappellent pas avoir été informés que la revanche contre Beyer était prévue au début de l’année 2004.

Ce que l’on sait, c’est qu’Éric Lucas s’est retrouvé dans le ring contre l’Australien Danny Green, le 20 décembre 2003, dans un combat pour le titre intérimaire du WBC.

Éric Lucas encaisse un direct au visage de Danny Green lors de leur combat de championnat du monde à Montréal.
Éric Lucas encaisse un direct au visage de Danny Green lors de leur combat de championnat du monde à Montréal.
(Photo : La Presse canadienne/Ryan Remiorz)

Ce combat était inutile puisque la revanche face à Beyer était déjà prévue! En plus, Lucas s’était blessé à la cage thoracique une semaine avant d’affronter Green.

« Éric s’était entraîné, il était prêt à monter dans le ring. Il voulait rester actif et combattre. Le WBC nous a donné l’occasion d’aller chercher un titre intérimaire contre Danny Green. Après avoir bien analysé la situation, nous étions convaincus qu’Éric était nettement supérieur à Green. Mais il s’est blessé une semaine avant », explique le promoteur.

Ne voulant pas laisser tomber InterBox, Lucas a raté sa dernière semaine d’entraînement et est tout de même monté dans le ring contre Green. Et dès le début du combat, l’injection que les médecins lui avaient faite a cessé de faire effet. Souffrant le martyre, Lucas a posé un genou au sol au sixième round.

« C’est Danny Green qui est devenu champion intérimaire et qui a affronté Markus Beyer pour le titre », rappelle Yvon Michel.

Et c’est ainsi qu’Éric Lucas a perdu la chance de rectifier les faits et de montrer qu’il était le vrai champion des super-moyens du WBC.

Photo en couverture : Getty Images/Vladimir Rys