Bilan 2012

L'année de tous les espoirs

Enfin! L'Impact passe, en 2012, en première division nord-américaine.

Un texte de Marie Malchelosse

Mais non sans heurts. Plusieurs joueurs de l'édition précédente, comme Antonio Ribeiro, Ali Gerba et Philippe Billy, ont été libérés au bout d'une rencontre expéditive de quelques minutes. À l'époque, ils avaient eu le sentiment de ne pas recevoir d'explications assez convaincantes pour faire la paix avec la décision du nouvel entraîneur-chef, l'Américain Jesse Marsch, engagé en août. Une entrée en matière qui avait laissé un arrière-goût à certains.

Ainsi, seulement cinq joueurs de l'ancienne garde ont commencé et terminé la première saison de l'Impact en MLS : Hassoun Camara, Eduardo Sebrango, Sinisa Ubiparipovich et les gardiens Greg Sutton et Evan Bush.

La mosaïque

La première embauche de la future équipe annonçait déjà une mosaïque bien diversifiée. Le défenseur colombien Nelson Rivas arrive à Montréal le 3 octobre 2011 avec son expérience à l'Inter de Milan et avec un carnet de blessures bien étoffé.

En décembre, l'organisation réussit un bon coup : le Québécois Patrice Bernier rentre au bercail après huit ans passés en Europe. L'état-major vise clairement à en faire sa figure de proue.

À l'occasion du repêchage d'expansion tenu en novembre, l'Impact recrute 10 nouveaux porte-couleurs parmi les joueurs non protégés des 18 autres équipes. Parmi eux, Zarek Valentin, Jeb Brovsky, Collen Warner, Sanna Nyassi et... Brian Ching. Le désir viscéral de Ching de rester à Houston a donné lieu à un roman-fleuve de 84 jours très divertissant. Au bord des larmes après le premier entraînement de la saison, Ching avait dit s'être « fait à l'idée » de rester à Montréal. Finalement, il a revêtu le maillot du Dynamo à nouveau en février.

Au repêchage universitaire en janvier, l'Impact sélectionne en première position l'Américain Andrew Wenger. L'équipe montréalaise mise donc sur la polyvalence plutôt que sur les aptitudes de marqueur de Darren Mattocks, repêché finalement par les Whitecaps de Vancouver. Parmi les autres repêchés, le milieu écossais Calum Mallace est l'autre choix marquant. Il a disputé tout près de 300 minutes cette saison.

La mosaïque s'est résolument teintée de vert, blanc et rouge au cours de la saison. Successivement à compter de février, l'Impact a gonflé sa formation de quatre représentants de la Squadra Azzurra. Matteo Ferrari, Bernardo Corradi, Marco Di Vaio et Alessandro Nesta ont très certainement influencé la tournure de la saison 2012.

Débuts difficiles

L'Impact a entamé son aventure en MLS devant ses partisans avec un match nul de 1 à 1 contre le Fire de Chicago le 17 mars. L'événement a attiré tout près de 59 000 spectateurs au Stade olympique, un record.

C'est le capitaine Davy Arnaud, acquis du Sporting Kansas City en novembre, qui a inscrit le premier but de l'Impact, version MLS. Ça a été le seul point que le Bleu-Blanc-Noir a su inscrire au cours des cinq premiers matchs de sa saison inaugurale.

Absence remarquée

Le printemps a plutôt été désagréable pour la vedette locale, Patrice Bernier. Le numéro 8 a soudainement disparu du radar de Jesse Marsch, après quatre titularisations en début de campagne. À part pour le match du 5 mai contre Kansas City au cours duquel Bernier a inscrit un but, le Québécois est devenu quasi invisible pour des raisons nébuleuses.

Je me souviens d'un avant-match, le 28 avril contre Portland. Les partisans qui faisaient rôtir leurs saucisses aux abords du Stade olympique n'avaient pas caché leur profond mécontentement. Bernier avait, pour sa part, fait preuve d'une retenue admirable.

Et puis, il y a eu le match au Colorado, le 26 mai. Jesse Marsch réintègre alors Bernier à la liste des titulaires avec, pour la première fois, Felipe et Collen Warner. Malgré une défaite de 3 à 2, ce nouveau schéma tactique fera sa marque. L'entraîneur-chef me dira plus tard en cours de saison que ce match a été, selon lui, le point marquant du calendrier 2012.

Glissement de terrain

Au fil des matchs, certains traits de la nouvelle équipe se sont accentués.

Oui, l'Impact a obtenu assez de succès devant ses partisans, mais les voyages ont eu des répercussions navrantes sur la fiche de l'équipe. En 18 matchs sur la route, l'Impact en a perdu 13. Le différentiel de buts de -18 est un des pires de la ligue. Plusieurs fins de match ont aussi été pénibles à regarder. Tout au long de la saison, Jesse Marsch a répété qu'il fallait mieux maîtriser les coups de pied arrêtés. Le résultat a été mitigé.

Le glissement le plus subtil, mais le plus déterminant aussi s'est produit en ce qui concerne le leadership. En cours de route, les divergences d'opinions ont émergé entre la vision Marsch et la vision italienne du club. Entre autres, la possibilité de privilégier une défense à trois avait été évoquée par Matteo Ferrari. Il s'est plutôt contenté avec beaucoup de déplaisir à pourvoir la position de latéral gauche à son retour au jeu, début août. « L'entraîneur me dit de l'essayer, alors je vais le faire », avait-il grommelé après un entraînement. Évocateur.

Atterrissage raté

L'espoir de passer dans les séries de fin de saison est resté légitime jusqu'au 6 octobre. La nulle de 1 à 1 contre le Dynamo, à Houston, mettait fin au parcours de l'Impact.

Avec deux matchs à disputer, l'Impact s'est alors donné comme mission de terminer avec la meilleure fiche des équipes professionnelles canadiennes. Montréal aurait ainsi obtenu le privilège d'affronter le FC Edmonton en première ronde du Championnat canadien, qui donne accès à une participation en Ligue des champions de la CONCACAF. Encore là, l'Impact a échoué. À son tout dernier match de la saison, le 27 octobre, l'Impact a subi une défaite contre la Nouvelle-Angleterre qui a permis aux Whitecaps de Vancouver de passer devant, avec 43 points contre 42.

Le onze montréalais a conclu sa première saison MLS avec 12 victoires, 16 défaites et 6 matchs nuls, en 7e position au classement de l'Est. Les cinq premières équipes accédaient aux éliminatoires.

La rupture

C'est un samedi matin que la nouvelle est tombée. Pendant la semaine, l'entraîneur-chef avait fait la tournée des médias montréalais et avait même mis à profit ses cours de français. Dans ses entrevues, rien ne laissait présager une sortie précipitée.

Mais en ce 3 novembre, le président et le directeur sportif ont annoncé le départ de Jesse Marsch, départ « à l'amiable ». Un étrange malaise s'est dégagé de cette ultime rencontre à trois.

Oui, l'état-major tenait à ce que l'équipe se rendre en séries éliminatoires dès leur entrée en MLS. Le président y tenait. Mais il semble que ce soit plutôt les divergences observées en cours de saison qui ont mené à des vues irréconciliables.

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