La grande séduction

Le reportage de Marie Malchelosse

MONTRÉAL - On n'a qu'une chance de faire une bonne première impression. L'Impact le savait trop bien et n'a pas raté son premier match de MLS à Montréal, une nulle de 1-1 contre le Fire de Chicago, samedi, dans un stade olympique débordant d'amour.

Un texte de Guillaume Boucher

Ils étaient 58 912 à assister à ce jour historique, un record pour du soccer dans l'enceinte de béton. La marque du Manic de Montréal (58 542), établie il y a 31 ans, est tombée, comme prévu.

« J'espère que nous serons meilleurs que la semaine dernière. À domicile, nous serons moins nerveux. » Jesse Marsch était optimiste avant le match et l'était tout autant après. Pour l'entraîneur-chef de l'Impact, ce match nul n'a peut-être pas une saveur de victoire, mais il constitue certainement un pas dans la bonne direction.

« On regarde les choses au jour le jour, match par match. Vous me l'entendrez dire souvent cette saison, a lancé Marsch après le match. À Vancouver, il y avait les nerfs du premier match, ce qu'on a évacué. On a fait un match plus complet ici. Et on sentait que c'était notre maison. C'est un pas dans la bonne direction. »

Contre le Fire, l'Impact a non seulement fait un pas dans la bonne direction, il a dirigé le match, avec des ambitions très claires en possession de ballon (53,4 % à son avantage). Ouverture locale oblige, les joueurs ont voulu faire le spectacle à l'avant. Et ils l'ont fait en étant responsables à l'arrière.

Contre une équipe reconnue pour sa vitesse et la qualité de ses contre-attaques, les Montréalais avaient fait leurs devoirs. Les erreurs défensives, si coûteuses contre les Whitecaps à Vancouver, ont été réduites au minimum, mais pas complètement évacuées. Le but égalisateur de Dominic Oduro à la 71e minute est l'ombre au tableau.

Lancé en contre-attaque, l'attaquant ghanéen a fait dévier un centre de Sebastian Grazzini tout juste avant que Donovan Ricketts ne puisse l'atteindre. Le Fire sauvait son match et refroidissait du même coup le stade. L'Impact allait cependant le réchauffer à nouveau.

En fin de match, les joueurs n'avaient que la victoire en tête et ils l'ont effleurée. À la 84e minute, 58 912 voix ont réclamé à l'unisson un tir de pénalité quand Davy Arnaud a été fauché dans la surface de réparation du Fire. Et dans les arrêts de jeu, le stade au complet a retenu son souffle avant que la frappe de Josh Gardner ne s'écrase sur le poteau à la gauche du gardien.

« Si ce but rentre, c'est le but de l'année et je suis devant vous en train de célébrer, a dit Marsch. Le défi d'une nouvelle équipe à l'attaque, c'est la finition dans le dernier tiers. Si les buts étaient faciles à marquer, tout le monde en marquerait. »

Au capitaine les grands honneurs

L'histoire était partout dans le stade. Davy Arnaud y a participé, avec un moment que tous attendaient : le premier but de l'Impact en MLS. Le milieu l'a inscrit à la 56e, quand il a parfaitement repris de la tête un centre de Sanna Nyassi. Le ballon est allé se déposer dans les cordages à la droite du gardien Paolo Tornaghi.

Le capitaine qui écrit le premier chapitre offensif de l'histoire de son équipe : le scénario était parfait. Arnaud a pleinement savouré le moment, comme le match dans son ensemble.

« C'est très spécial, a-t-il commenté. Le club vivait un grand moment et on savait que c'était important. Jesse (Marsch) nous a dit de bien en profiter parce que des moments comme ça, il y en a peu dans une carrière. »

Justin Braun (à gauche) Justin Braun (à gauche)  Photo :  PC/Graham Hughes

Du mouvement

Si Arnaud a été le seul à passer à la banque, d'autres ont aussi créé beaucoup de mouvement, comme Justin Braun. À la 35e minute, l'attaquant pensait bien tenir le premier but de l'Impact en MLS, mais on le lui a refusé parce qu'il était hors jeu.

« Si vous demandez à un attaquant s'il était hors jeu, il vous répondra toujours non », a-t-il lancé à la blague dans le vestiaire, en harmonie avec la décision de l'arbitre.

Braun a eu une vraie occasion à la 17e, quand il a forcé une parade de Tornaghi sur une action qui a commencé dans la cacophonie. Avant de recevoir le ballon de la gauche, il a vu Josh Gardner et Felipe entrer en contact, un choc qui a donné du temps à la défense du Fire pour s'ajuster.

Tornaghi n'en était pas à sa dernière frayeur. Sanna Nyassi l'a mis en alerte à plusieurs reprises, comme à la 80e, après s'être dégagé de ses couvreurs d'un habile crochet. C'était son seul tir cadré du match, mais sa qualité compensait les trois autres ratés.

En attaque, les joueurs ont certainement offert à Marsch des bases pour construire. En défense aussi d'ailleurs. Et avec l'effort, tout est possible. Braun l'a résumé très simplement.

« Dans une ligue comme la MLS, quand on se donne sur le terrain, on peut compétitionner dans n'importe quel match, peu importe l'adversaire. »

Le 12

Pour amorcer son aventure montréalaise en MLS, l'Impact a d'abord choisi de lancer des fleurs à ses partisans.

Le numéro 12 a ainsi été symboliquement retiré, avec « La Garde » en inscription, un clin d'oeil au 12e joueur que représente la foule montréalaise.

Eduardo Sebrango a participé à cette courte cérémonie, qui le concernait plus particulièrement. L'attaquant d'origine cubaine portait jusqu'alors le 12, qu'il a troqué sans regret pour le 16.

À noter :

  • Bernardo Corradi a joué ses premières minutes avec l'Impact. L'attaquant italien a remplacé Braun à la 77e minute.
  • L'Impact (0-1-1) disputera son prochain match contre le Crew de Columbus (0-1-0), samedi, en Ohio.