Affrontements meurtriers

Radio-Canada avec Agence France-Presse
egypte_affrontements  Photo :  AFP/MAHMUD HAMS

Le gouvernement égyptien tiendra une réunion d'urgence jeudi après les violences qui ont fait plus de 70 morts à l'issue d'un match de soccer à Port-Saïd.

Des milliers de partisans des clubs d'Al-Masry et d'Al-Ahly se sont affrontés sur le terrain tout de suite après la fin de la rencontre remportée 3 à 1 par l'équipe locale d'Al-Masry. Il s'agissait du premier revers de la saison pour Al-Ahly au terme de 17 journées de championnat.

Au moins 74 personnes sont mortes, dont un policier, et des centaines d'autres ont été blessées.

Le ministre de l'Intérieur Mohammed Ibrahim a assuré dans un communiqué « la majorité des personnes tuées ont été écrasées » dans les mouvements de foule. Il a aussi annoncé que 47 personnes ont été arrêtées en lien avec ces affrontements.

Les circonstances entourant la tragédie demeurent nébuleuses.

Des témoins de Reuters soutiennent que les troubles ont commencé lorsque des partisans du club visiteur ont déployé des banderoles injurieuses à l'égard de Port-Saïd.

Un partisan d'Al-Ahly armé d'une barre de fer serait en outre descendu sur le terrain, incitant du coup ceux d'Al-Masry à descendre à leur tour sur la pelouse et à attaquer les joueurs d'Al-Ahly avant de s'en prendre aux tribunes où étaient les partisans visiteurs.

Des témoins et un photographe de l'AFP rapportent plutôt que ce sont des centaines de partisans d'Al-Masry qui ont envahi le terrain et ont commencé à lancer des pierres et des bouteilles aux partisans d'Al-Ahly, une équipe du Caire. Cela aurait déclenché les violences.

Les deux équipes ont une longue histoire d'affrontements sanglants. Celui d'aujourd'hui ne fait qu'ajouter au sentiment d'animosité qui prévaut entre les deux clans.

La Fédération égyptienne de football a annoncé la suspension de toutes les rencontres de première division après cet événement, qualifié de « plus grande catastrophe de l'histoire du football égyptien » par le vice-ministre de la Santé, Hecham Cheïha.

Au Caire, l'arbitre d'un autre match entre Zamalek et Ismaïli a conséquemment interrompu la rencontre, ce qui a conduit des partisans à incendier une partie du stade.

Le chef de l'armée, au pouvoir en Égypte, le maréchal Hussein Tantaoui, a ordonné une enquête sur les violences, selon la télévision égyptienne.

Par ailleurs, des militaires ont été déployés dans les rues de Port-Saïd pour empêcher de nouveaux heurts.

L'affrontement se transporte dans l'arène politique

Les Frères musulmans, grands vainqueurs des dernières élections, ont accusé les partisans du président déchu Hosni Moubarak d'être responsables des violences.

« Les événements de Port-Saïd ont été planifiés et sont un message des partisans de l'ancien régime », a dit le député Essam al-Erian dans un communiqué publié sur le site Internet du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), le parti politique créé par les Frères musulmans.

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