Anderson battu par un rival de grand mérite

Jasey-Jay Anderson Jasey-Jay Anderson  Photo :  PC/Clément Allard

STONEHAM - Seuls rescapés canadiens des qualifications du slalom en parallèle, dimanche, en conclusion des Championnats du monde de surf des neiges, Jasey-Jay Anderson et Matthew Morison ont été stoppés dès les huitièmes de finale.

Un texte de Manon Gilbert

Les deux planchistes, qui s'étaient faufilés parmi les 16 concurrents pour les courses de l'après-midi, ont finalement conclu respectivement aux 12e et 15e rangs. Pas tout à fait le résultat envisagé, même s'ils avaient été éliminés dès les qualifications du slalom géant en parallèle vendredi.

« C'est sûr que je suis déçu de ne pas avancer plus loin parce que je l'avais en moi aujourd'hui. Mes vieilles jambes ont encore du jus. La chose la plus importante, ce sont mes enfants en santé. Je suis un parent très chanceux », a mis en perspective Anderson, champion olympique du slalom géant en parallèle.

Opposé à l'Américain Justin Reiter, Anderson s'est compliqué la tâche dès le départ en chutant après quelques portes. Pourtant, sans cette bévue, l'Américain, qui célébrera ses 32 ans samedi, semblait représenter une proie facile puisqu'il ne comptait jusque-là qu'un podium en Coupe du monde (3e place en mars 2008).

Pas le genre d'adversaire à vous faire sourciller!

Mais avec un déficit de 1,36 s à combler lors du deuxième parcours, aussi bien dire que c'était peine perdue, à moins que Reiter ne se sorte lui-même. Sauf que l'Américain était en état de grâce dimanche, tellement qu'il a gagné la médaille d'argent.

Jasey-Jay Anderson Jasey-Jay Anderson  Photo :  PC/Jacques Boissinot

« C'est un parcours qui demande beaucoup de précision. Je me sentais bien. Les cinq premiers virages, j'étais vraiment à carre. Il va falloir que je regarde la vidéo parce que, honnêtement, je n'ai aucune idée de ce qui s'est passé. Tout d'un coup, j'étais à terre et je ne sais même pas pourquoi », a raconté Anderson, médaillé d'or de la spécialité aux mondiaux de 2005.

Cette fois, le Québécois, 10e des qualifications, ne jette pas le blâme sur son équipement, comme ça a été le cas vendredi. C'est plutôt le parcours serré, qui « favorisait les jambes de 2 mètres des Italiens » selon ses dires, qui l'a empêché de trouver son rythme.

Le mérite de Reiter

Sauf que les Italiens n'ont pas survolé la compétition, mais ils ne sont pas repartis bredouilles non plus. Roland Fischnaller a tiré avantage du fait que son entraîneur avait dessiné le parcours pour glaner sa deuxième médaille en trois jours, cette fois le bronze après avoir mis la main sur l'argent vendredi.

C'est justement contre le vétéran de 32 ans, 2e au classement de la Coupe du monde, que s'était buté Morison en huitièmes de finale. En tentant de combler l'écart de 1,17 s qui le séparait de l'Italien après le premier parcours, l'Ontarien a poussé un peu trop la note et a raté une porte, ce qui a entraîné sa disqualification.

« On avait le potentiel pour gagner aujourd'hui. C'est spécial pour nous de pouvoir participer à des Championnats du monde à la maison. On aurait aimé offrir un meilleur spectacle, a avoué le surfeur de Burketon. Je dois travailler sur certaines choses avant ma prochaine course. »

Contre toute attente, Reiter, lui, a poursuivi jusqu'au bout. Même qu'il détenait l'avantage sur le Slovène Rok Marguc en finale. Mais à quelques portes de la consécration, l'athlète du Colorado, qui avait éliminé Fischnaller en demi-finales, a commis quelques fautes de carres et a perdu sa vélocité.

Marguc en a profité pour le coiffer et s'envoler avec l'or. Il avait gagné l'argent deux ans plus tôt aux mondiaux de La Molina.

Justin Reiter, Rok Marguc et Roland Fischnaller Justin Reiter, Rok Marguc et Roland Fischnaller  Photo :  PC/Clément Allard

« J'ai fait preuve d'impatience dans quelques virages. Je sentais qu'il était près de moi et ça m'a déconcentré. Mais c'est un honneur de partager le podium avec ces gars-là », a dit Reiter.

Cette médaille est un véritable cadeau du ciel pour l'Américain qui ne reçoit aucun soutien de sa fédération nationale. En plus de son boulot d'athlète, il jongle avec celui d'entraîneur, de technicien et de physiothérapeute.

De leur côté, les Ontariens Michael Lambert et Steve Barlow ont vu leur parcours prendre fin dans la seconde manche de qualifications, réservée aux 16 planchistes les plus rapides de chacun des parcours.

Lambert a raté son coup par 22 centièmes, bon pour le 18e rang. Barlow, qualifié de justesse pour la deuxième étape avec sa 15e place, s'est classé 22e.

Jour de la marmotte

En revanche, c'était le jour de la marmotte pour les Canadiennes. Aucune d'entre elles n'a prolongé sa journée de travail.

Ariane Lavigne représentait le plus bel espoir pour les représentantes de l'unifolié. Septième après la manche initiale des qualifications, la Québécoise s'est cependant retrouvée dans le parcours rouge, celui avec le petit piège sournois en haut de parcours.

Et à l'instar de sa coéquipière Caroline Calvé lors du premier parcours, Lavigne est tombée dans le piège de la troisième porte.

Ariane Lavigne Ariane Lavigne  Photo :  PC/Jacques Boissinot

« J'étais contente de ma première descente, même si ce n'était rien d'exceptionnel. Je savais que ça allait être suffisant si j'en faisais une deuxième pareille. C'était glacé et je le savais. Nos entraîneurs nous avaient dit de la prendre proche, mais je suis arrivée dessus et j'ai dit : il ne fallait pas que je passe là. J'ai fait l'erreur qu'il ne fallait pas faire », a dit l'athlète de Lac-Supérieur, 24e.

Calvé, elle, a été quelque peu victime de son numéro de dossard, le 3. En partant dès la seconde vague, elle n'a pas eu le temps d'observer ses rivales pour voir quelle ligne de course elles empruntaient.

D'autant plus que lors de l'entraînement, elle se questionnait à savoir comment l'attaquer.

« Quand je suis sortie du portillon de départ, j'ai perdu un peu l'équilibre, j'ai fait quelques petits accrochages de carres. Je suis rentrée beaucoup trop droite à la deuxième porte. En slalom, c'est vraiment difficile de se reprendre si on perd le rythme. Après cette erreur-là, ça a été une bataille jusqu'en bas », a expliqué la surfeuse de 34 ans.

Étonnée d'avoir une seconde chance, Calvé a affiché le meilleur résultat canadien avec la 19e position.

Ekaterina Zavialova, de Calgary, s'est classée 28e, tandis que Marianne Leeson a été disqualifiée après avoir glissé dans la quatrième porte au lieu de la contourner.

C'est finalement la Russe Ekaterina Tudegesheva qui a enlevé les grands honneurs. Victorieuse du slalom géant en parallèle aux mondiaux de 2007, Tudegesheva a eu le dessus sur la Suisse Patrizia Kummer.

L'Allemande Amelie Kober, déjà médaillée de bronze vendredi, a complété le podium.

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