Olympiques Sotchi 2014

Kingsbury fait un pas vers Sotchi

Reportage de Marie Malchelosse

LAKE PLACID - Rien ne semble pourvoir perturber la confiance de Mikaël Kingsbury. Le bosseur canadien a fait une autre incroyable démonstration de son talent et de son sang-froid, jeudi, pour gagner la première sélection olympique à la Coupe du monde de Lake Placid.

Un texte de Manon Gilbert

Sur une piste adoucie par la neige, Kingsbury a effectué trois descentes sans bavure en qualifications, en finale et en super finale de cette première épreuve en simple pour chaque fois se hisser au sommet du classement. Un message clair à ses rivaux comme quoi il porte bien son nom.

Lors de la super finale, qui regroupe désormais les six meilleurs scores contrairement à quatre la saison dernière, le meneur au classement de la Coupe du monde a obtenu sa meilleure note du jour avec 27,05, un centième de plus qu'en finale.

Kingsbury a devancé les Américains Patrick Deneen (25,71) et Dyllan Walczyk (23,57) pour décrocher sa deuxième victoire de la saison et son 17e podium de suite en Coupe du monde.

Mikael Kingsbury Mikael Kingsbury  Photo :  AFP/BRUCE BENNETT

« En qualifications, j'ai joué de prudence pour ne pas faire d'erreur et me qualifier parmi les trois premiers, a expliqué l'homme du jour, également victorieux sur la montagne de Whiteface l'an dernier. Donc, en finale, j'avais encore bien du jus pour la vitesse et les sauts. Je suis content du résultat.

« En finale, les scores étaient hauts. Il fallait sortir les gros sauts et accélérer. Alex a eu 26,9, c'est rare que l'on voie ça. J'ai réussi à rester concentré et j'ai eu un bon temps. Je savais qu'en super finale, je pouvais refaire un copier-coller. »

Ce premier podium de Kingsbury lui permet de satisfaire l'un des critères de sélection pour faire partie des quatre bosseurs qui représenteront le Canada à Sotchi. Deux podiums à des Coupes du monde ciblées sont nécessaires pour confirmer sa participation dès cette saison, dont un à l'épreuve test à Sotchi en février ou aux mondiaux en Norvège, en mars.

Encore en début de semaine, le Québécois de 20 ans ne se souciait guère de l'importance des sélections. Mais après sa victoire, il tenait un autre discours.

« Là, je réalise que c'est un gros pas que j'ai fait avec une victoire. Commencer avec une victoire pour mes premières qualifications olympiques, ça regarde bien. En haut de la piste, je n'y pensais pas, je pensais juste à ma performance », a assuré le skieur de Deux-Montagnes.

Bilodeau fâché

Alexandre Bilodeau Alexandre Bilodeau  Photo :  AFP/BRUCE BENNETT

Contrairement à Kingsbury, Alexandre Bilodeau rageait d'avoir raté sa chance. Deuxième après la finale, le champion olympique descendait avec aplomb quand une erreur avant le second saut lui a fait rater sa manoeuvre, ce qui l'a relégué au 5e rang (19,77).

« Oui, il y a de la colère, a affirmé sans ambages le vétéran. Tu travailles fort durant un an et tu as des résultats comme ça, c'est décevant. Le ski est là, je ne me décourage pas. Il faut que je laisse descendre les émotions. Il y a des changements à faire, c'est sûr que ça ne représente pas mon ski. »

La surprise du jour est venue de Pascal-Olivier Gagné qui, chaque fois, a déclassé un coéquipier pour passer à l'étape suivante. Seulement 56e des qualifications, le Montréalais s'est d'abord faufilé parmi les 12 premiers pour atteindre la finale, au grand dam de Cédric Rochon qui a hérité de l'ingrate 13e place (22,96).

Puis, Gagné a fait le même coup à Marc-Antoine Gagnon (24,38), 7e, pour l'exclure de la super finale. Malheureusement, le bosseur de 23 ans est sorti de piste à mi-parcours et il a fini 6e (14,41).

Chloé contente, Justine déçue

D'ailleurs, les sorties de piste ont collé aux skis des deux représentantes de l'unifolié en super finale. Troisième de la finale, Chloé Dufour-Lapointe a voulu mettre toute la gomme comme en super finale, mais, cette fois, elle a légèrement dépassé le point de contrôle entre les deux sauts. Elle s'est finalement classée 4e (16,63).

« Je voulais faire la même descente qu'en finale. Je m'étais fait peur en perdant un peu le contrôle dans la ligne, j'avais eu de bonnes sensations et c'est ce qu'il faut : pousser ses limites. Mais là, j'ai peut-être poussé un peu trop et je suis sortie. Je suis quand même contente de ma journée, c'était le premier simple de l'année », a dit la cadette des soeurs Dufour-Lapointe.

Justine Dufour-Lapointe Justine Dufour-Lapointe  Photo :  AP Photo/ John DiGiacomo

Quelques minutes plus tard, Justine, 2e de la finale, connaissait le même sort, presque au même endroit. Cependant, contrairement à sa soeur, la benjamine du clan est sortie du parcours et elle n'a pas pu poursuivre sa descente. Une 6e place qui a laissé un petit goût amer à celle qui avait récolté des médailles d'argent en Suède et en Autriche avant les fêtes.

« Ça allait pourtant bien à l'entraînement, surtout ici, où c'est plutôt rare dans ce parcours. Je savais quoi faire. Je me voyais gagner cette course-là, je me sentais bien. C'est décevant, j'aurais aimé gagner. Je la vois de plus en plus cette médaille d'or. J'attends juste que ça arrive », a indiqué Justine qui a avoué avoir perdu sa concentration entre la finale et la super finale.

C'est finalement l'Américaine Hannah Kearney, absente des deux premières Coupes du monde, qui a salué son retour à la compétition avec une victoire, sa 20e de suite. Avec un score de 23,53, la médaillée d'or des Jeux olympiques de Vancouver a eu le dessus sur la Tchèque Nikola Sudova (22,36) et sur l'Australienne Britteny Cox (21,62).

Deux autres Canadiennes ont percé le top 10. Maxime Dufour-Lapointe (21,64) a pris la 8e position, tandis qu'Audrey Robichaud (20,93) a conclu au 10e rang.

Les bosseurs reviendront au Québec pendant quelques jours avant de s'envoler pour Calgary où se tiendra la prochaine Coupe du monde dans deux semaines.

Autres résultats du jour

Hommes :

    • Simon Pouliot-Cavanagh : 26e
    • Philippe Marquis : n'a pas terminé le parcours

Femmes :

    • Andi Naude : 14e
    • Christel Hamel : 18e