De jeunes Canadiens parmi l'élite

Des membres du Centre national d'entraînement Pierre Harvey Des membres du Centre national d'entraînement Pierre-Harvey sur le parcours de Québec  Photo :  Manon Gilbert

QUÉBEC - Tous les yeux seront tournés vers Alex Harvey et sa bande samedi pour le sprint individuel à Québec. Mais une vingtaine de jeunes athlètes qui aspirent à suivre leurs traces auront la chance de côtoyer les meilleurs fondeurs.

Un texte de Manon Gilbert

C'est le cas de Camille Pépin et de Raphaël Couturier qui vivront leur baptême en Coupe du monde. Tous les deux du Centre national d'entraînement Pierre-Harvey (CNEPH), au mont Sainte-Anne, ils ont décroché leur billet lors d'une Coupe Nor-Am, qui servait de qualifications, le week-end dernier à Canmore.

« Je suis juste contente de prendre part à la Coupe du monde. Je n'ai pas de pression. Le seul résultat que je vise, c'est de faire de mon mieux. Mais quand ça va dire go, regardez-moi bien aller », a dit la jeune femme de 20 ans, qui en est à sa première année chez les U-23.

L'étudiante en psychologie à l'Université Laval savoure d'autant plus le moment qu'à sa première course depuis février, elle n'avait pas réussi à se qualifier en finissant 20e du sprint à Canmore. Mais comme la petite municipalité albertaine présentera aussi une Coupe du monde le week-end prochain, certaines filles ont préféré rester dans l'Ouest.

Camille Pépin (gauche) Camille Pépin (gauche)  Photo :  Marie-Ève Bilodeau-Corriveau

« Quand je l'ai su dimanche soir, j'essayais de contenir ma joie, mais je n'étais pas capable. J'ai téléphoné à mon père et je pleurais », avoue Pépin.

Une bonne nouvelle qui a cependant contraint le paternel à interrompre ses vacances en Floride... pour une excellente raison!

Seul bémol, la Norvégienne Marit Björgen, septuple médaillée olympique, n'a pas fait le voyage dans la Vieille Capitale. « Ce sera pour une prochaine fois », lance Pépin.

Essayer de copier la stratégie des meilleurs

Couturier, lui, se montre plus ambitieux. Pas question de se laisser impressionner par les vedettes du circuit. Parfois, à l'entraînement, il bat Harvey ou Len Valjas, qui compte trois podiums en Coupe du monde la saison dernière.

« Je pense que ça enlève de la pression le fait que ce soit à la maison. Ça rend l'expérience plus agréable. Le but, c'est de les battre. C'est moins représentatif de les battre en ski à roulettes. Mais ici, la seule différence, c'est qu'ils ont un dossard sur le dos », affirme le Lévisien de 19 ans qui ne vise rien de moins qu'un top 30 pour participer au tour éliminatoire.

À sa dernière année chez les juniors, Couturier préfère viser plus haut que plus bas. Une attitude qui, espère-t-il, lui servira lors des Championnats du monde juniors de Liberec en janvier.

Vendredi, c'est donc avec une attention toute particulière que les deux jeunes fondeurs ont suivi le sprint par équipe.

« Je vais essayer la stratégie qu'ils appliquent dans le parcours et m'en servir samedi. Je ne serai pas là en tant que spectateur, c'est sûr », poursuit Couturier.

Parions que tant Couturier que Turgeon ont fait un petit brin de jasette avec leur coéquipier du CNEPH, Alexis Turgeon, qui a fini 23e du sprint par équipe.

« Il ne faut pas que tu ailles le plus vite que tu peux aller, il faut que tu suives ces gars-là. Tu réalises à quel point il va falloir que tu ailles vite pour monter en Coupe du monde », a indiqué Turgeon après sa course.

Une chance en or

Raphaël Couturier (devant) Raphaël Couturier (devant)

Et c'est justement l'avantage de présenter une Coupe du monde chez soi. Le pays organisateur se voit octroyer plus de places par la Fédération internationale de ski (FIS). Au lieu des 4 places habituelles par épreuve, c'est 14 athlètes que le Canada pourra inscrire pour chacune des deux courses samedi.

« Dans les pays scandinaves, les jeunes ont beaucoup d'occasions, ils ont des Coupes du monde chaque année. Donc, dès que les jeunes arrivent près de la Coupe du monde, ils peuvent participer à une ou deux courses par année. Chez nous, les jeunes qui sont proches d'accéder au circuit, ils ne peuvent pas s'y rendre. C'est fantastique pour eux, ils vont apprendre beaucoup », soutient Louis Bouchard, l'entraîneur-chef du CNEPH.

Turgeon, Couturier et Pépin profitent déjà d'une chance extraordinaire en s'entraînant pendant la saison morte avec Harvey, Valjas et maintenant Daria Gaïazova, qui a rejoint le CNEPH l'été dernier, et, par surcroît, sous la gouverne du meilleur entraîneur au pays, Bouchard.

« En les côtoyant, tu te rends compte que ce sont des gens ordinaires avec des capacités extraordinaires. Et ce n'est que l'entraînement qui t'amène à ce niveau », indique Couturier.

« C'est vraiment cool que Dasha soit ici maintenant. Les gars avaient Alex, mais nous, on n'avait pas de fille de ce calibre. Elle nous force à nous dépasser si on veut la suivre. En gymnase, je suis vraiment impressionnée par le poids qu'elle soulève », ajoute Pépin qui a lancé l'an dernier, avec sa coéquipière Frédérique Vézina, un programme de ski de fond pour aider les jeunes filles de Kuujjuaq.

Peu importe le résultat samedi, Couturier et Pépin, ainsi que tous leurs jeunes collègues, feront le plein d'inspiration et de motivation pour le reste de la saison.