Séries 2014

Weise au moment présent

On s'échangeait des coups de chapeau au lendemain de la 2e victoire du Canadien sur les Bruins. Reportage de Diane Sauvé.

Quand Marc Bergevin a mis la main sur Dale Weise début février, les attentes à l'endroit du fougueux attaquant n'étaient pas très élevées. Trois mois plus tard, il se présente comme un dossier que le directeur général du Canadien devra régler d'ici juillet.

Un texte de Guillaume LefrançoisTwitterCourriel

Weise était un homme sollicité dans le vestiaire du Canadien, mercredi, après l'entraînement optionnel auquel ont participé une quinzaine de joueurs en plus des deux gardiens.

Et il a été question de bien des sujets, dont son avenir. On parle souvent de P.K. Subban et de Lars Eller, mais Weise sera lui aussi joueur autonome avec compensation cet été. De la façon dont il joue, il fait tranquillement grimper son dossier dans la pile sur le bureau de son DG.

Weise refuse toutefois d'y penser.

« Quand j'ai été laissé de côté trois matchs de suite (NDLR : les 6, 8 et 12 mars), j'ai eu une discussion avec Michel Therrien. Et il a vraiment frappé mon esprit quand il m'a dit de seulement penser à court terme, à ma prochaine présence, ma prochaine période. Tout le monde me l'a toujours dit, mais je n'y prêtais jamais attention. C'est probablement une des conversations les plus importantes de ma carrière jusqu'ici. »

Au moins deux ans

En plein deuxième tour des séries, on peut comprendre Weise de vouloir rester dans le moment présent. Quand on parle à son agent, par contre, on réalise bien que le numéro 22 a le coup de foudre pour Montréal.

Les négociations entre les deux clans ne sont pas formellement amorcées. Mais du côté de Weise, l'idée est de s'établir à Montréal à long terme.

« Dale est assez heureux, son but est d'obtenir un contrat de plus d'un an, a indiqué Allain Roy, en entrevue à Radio-Canada Sports. Je lui ai aussi proposé de s'inscrire à des cours de français cet été, car il aime communiquer avec les médias. C'était la même chose quand il a joué aux Pays-Bas pendant le lock-out, il a appris quelques mots de néerlandais. »

Avec les séries qu'il connaît, Weise s'offre peu à peu la possibilité d'ajouter des années et des dollars à sa future entente. Même s'il ne passe qu'une dizaine de minutes par match sur la patinoire, il compte deux buts et deux aides en sept matchs jusqu'ici. Et ses deux buts ont été gagnants, dont son premier, dans le match 1 contre le Lightning, justement inscrit sous les yeux de son agent.

« Les performances en séries sont toujours importantes pour un joueur autonome, car c'est là que ça compte le plus, rappelle Roy. Il n'y a pas beaucoup d'espace sur la patinoire, le jeu est serré, donc c'est assez important d'être capable de produire. »

Il se plaît

Pas besoin de parler bien longtemps à Weise pour constater qu'il se plaît avec le Canadien, l'équipe de son enfance. D'abord sur la patinoire.

« Je sens que j'ai un rôle dans l'équipe, soutient le Winnipegois de 25 ans. Je suis plus qu'heureux de prendre des mises au jeu en territoire défensif. Si je remplis seulement des missions défensives dans un match, je ne m'en plains pas. Les 20 joueurs dans l'équipe ont un impact. »

Et à l'extérieur, le statut de vedette que lui confère le gilet du Bleu-blanc-rouge lui sied parfaitement. Il suffit de l'entendre déballer cette anecdote.

« Dimanche soir, je marchais à Montréal avec ma fiancée et mon bébé, qui était dans sa poussette. Une voiture s'est arrêtée brusquement au feu de circulation. Le conducteur s'est étiré pour baisser la vitre du côté passager pour m'envoyer ses deux pouces en l'air!

« Ma fiancée se demandait ce qui se passait, c'était un moment irréel. Et il me parlait en français, donc je ne pouvais pas comprendre ce qu'il disait. En voyant son sourire, j'ai compris qu'il voulait m'encourager, il était content de croiser un joueur du Canadien.

« À Vancouver, je marchais dans les rues tous les jours sans me faire reconnaître. À Montréal, je ne peux même pas faire deux mètres sans saluer des partisans. J'adore ça! »

Séries 2014; Section spéciale

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