En attendant le deuxième tour

Bruins et Canadien s'affronteront en quarts de finale

Des entraînements tous les jours, un prochain match qui semble être trop loin dans le temps... À certains égards, la semaine que vit le Canadien ressemble parfois à un camp d'entraînement.

Un texte de Guillaume LefrançoisTwitterCourriel

Samedi, à Brossard, cette impression de septembre a été renforcée à la fin de la séance. Les joueurs ont été divisés en trois groupes, les bleus, les rouges et les blancs, et se sont mis à faire des tours de patinoire en peloton. Si ce n'était des bâtons, on se serait cru à l'aréna Maurice-Richard, à un entraînement de courte piste...

« Le camp est plus difficile que ça!, a lancé P.K. Subban. Mais l'attente est la même, il faut être patient. Tu ne dois pas trop y penser tous les jours non plus, en profiter pour te refaire des forces, et quand le prochain match approchera, on devra rallumer l'interrupteur. La flamme ne peut pas brûler pendant sept ou huit jours (sans match). »

« C'est une longue pause, on doit faire ce qu'on peut pour rester en forme, a reconnu l'attaquant Brandon Prust. Il y aura beaucoup de patinage et notre niveau de forme devra être bon. C'est difficile, mais on comprend tous qu'on en a besoin. On ne se plaint pas et il y aurait un problème si on ne faisait pas ces exercices. »

Cette remise en forme sera particulièrement utile pour Prust, justement, puisqu'il a seulement disputé 4 des 22 matchs du Canadien après la pause olympique, en raison de deux blessures. Des 12 attaquants du Tricolore au premier tour, il est l'un des rares à ne pas avoir semblé au sommet de sa forme.

« Je me sentais bien, mais c'est une bonne semaine pour m'aider à retrouver la forme que j'ai normalement en milieu de saison », a admis le numéro 8.

D'un extrême à l'autre

Le CH vit donc une situation aux antipodes de celle d'il y a quatre ans, quand l'équipe s'était rendue en finale de l'Est. Pour y parvenir, les deux premiers tours avaient nécessité sept matchs, si bien que de telles périodes de repos étaient inexistantes.

« Le repos est toujours bon. On n'en obtient jamais autant pendant la saison, donc il faut en profiter », a noté le capitaine du Canadien, Brian Gionta, membre de cette édition 2010 du Tricolore.

Prust a quant à lui vécu ce même scénario de 14 matchs dans les 2 premiers tours en 2012, avec les Rangers de New York. Cette année-là, son équipe avait éliminé les Sénateurs d'Ottawa en sept matchs, puis les Capitals de Washington, avant de s'incliner devant les Devils du New Jersey en finale de l'Est.

« C'est épuisant, c'est difficile mentalement et physiquement. Des septièmes matchs, ce sont des matchs remplis d'émotions, des matchs fous, pas seulement physiquement. C'était drainant d'en disputer deux. »

Les séries étaient particulièrement pénibles pour Prust, qui jouait malgré un tendon déchiré dans la main gauche. Aucune chance de se reposer entre les séries et de donner un répit à sa main.

« Je crois que je me suis blessé en février et si je me faisais opérer, j'en avais pour trois mois. C'était ma dernière année de contrat, c'était hors de question que je me fasse opérer. Donc, j'ai attendu. »

C'est entre autres pourquoi il s'était battu seulement une fois au cours de ce tournoi, mais il n'avait pas choisi son client : Chris Neil, le fier-à-bras des Sénateurs.

« J'avais atteint le point où j'avais de la difficulté à tenir mon bâton, raconte-t-il. Quand on a commencé le combat, j'essayais simplement d'agripper son chandail et de sauver ma peau! »

Si les Bruins devaient achever les Red Wings samedi après-midi, Prust pourrait vivre d'autres empoignades du genre. Dans ce contexte, arriver frais et dispo au deuxième tour ne lui nuira pas...

Dossier clos

Par ailleurs, Carey Price s'est adressé aux médias pour la première fois depuis que l'identité des trois finalistes au trophée Vézina a été annoncée. Les heureux élus ont été Ben Bishop (Lightning), Tuukka Rask (Bruins) et Semyon Varlamov (Avalanche), tandis que Price a été ignoré.

« Plusieurs gardiens ont connu de bonnes saisons et les trois joueurs en nomination méritaient à 100 % de l'être, a dit le gardien du Canadien. Tu souhaites le gagner chaque année, mais un trophée individuel ne change rien à ma saison. Je veux simplement atteindre l'objectif que je m'étais fixé en début de campagne. »

Trios

  • Pacioretty-Desharnais-Vanek
  • Prust-Plekanec-Gallagher
  • Bourque-Eller-Gionta
  • Bournival-Brière-Weise
  • Moen-White-Parros

Défenseurs

  • Markov-Emelin
  • Gorges-Subban
  • Bouillon-Weaver
  • Murray-Tinordi

Séries 2014; Section spéciale