Therrien, Pacioretty, deux visions

Max Pacioretty Max Pacioretty  Photo :  PC/Frank Gunn

Si les séries s'amorçaient en ce lundi, le Canadien y participerait, mais en tant que dernière équipe admissible. Un départ qualifié de « médiocre » par Carey Price, samedi dernier.

Un texte de Guillaume LefrançoisTwitterCourriel

Le gardien n'est pas le seul à voir le premier quart de saison du Tricolore du mauvais œil. Max Pacioretty n'a pas été très tendre après l'entraînement de lundi.

L'ailier a laissé filtrer ses états d'âme quand un collègue lui a demandé ce qu'il pensait du fait que le Tricolore mène la LNH au chapitre des tirs bloqués, avec 404, soit 51 de plus que l'équipe de 2e place, les Oilers d'Edmonton.

« Si tu joues en défense, c'est signe que tu n'attaques pas, a indiqué Pacioretty. C'est ainsi que je le vois. Quelqu'un m'a déjà rapporté une phrase de Ken Hitchcock : "Quand on bloque beaucoup de tirs, c'est qu'on ne contrôle pas assez la rondelle". Dire qu'on en est bons en défense n'est pas un compliment, car tu n'as pas à être bon quand tu attaques. »

Interrogé sur le même sujet, Therrien a offert un son de cloche différent.

« J'aimerais mieux rester positif. Les gars se sacrifient pour se placer dans les lignes de tir », a répondu l'entraîneur-chef.

Le degré d'optimisme des deux hommes variait aussi sur la question de l'attaque, là où les indicateurs ne sont guère reluisants pour le CH. L'équipe vient en 26e place dans la LNH avec 27 buts à 5 contre 5. Les chiffres sont encore plus toxiques depuis le début du mois de novembre : sept buts en huit matchs à forces égales.

« On doit épuiser les autres équipes en attaquant la zone adverse, croit Pacioretty. On est trop souvent dans notre zone, on est sur les talons, on joue en défense et on se préoccupe des joueurs de l'autre équipe. Parfois, on tente trop de neutraliser les vedettes adverses. Mais les vedettes trichent, il faut en profiter.

« On doit changer les choses offensivement, a enchaîné le numéro 67. C'est trop facile de nous lire. Tout le monde joue de la même façon. On joue sur les talons au lieu de contrôler le match. On marque en avantage numérique, mais on est devenus trop prévisibles. »

Comme pour les tirs bloqués, Therrien voit plutôt le verre à moitié plein. La panne offensive qui frappe l'équipe ne lui donne pas de cheveux gris.

« Ce qui donne des cheveux gris, c'est quand les joueurs ne sont pas concentrés sur le concept d'équipe et qu'on accorde beaucoup de buts, explique-t-il. On a nos chances de marquer, il nous reste à capitaliser. Quand tu te bats, quand tu obtiens des chances, tu sais que les choses vont débloquer. Tant que les chances sont là, je suis encouragé. On fait face à de bons gardiens. Demain, on affronte un bon gardien qui connaît une saison extraordinaire [NDLR : Josh Harding]. Ce sera un challenge. »

La constance, l'autre défi

Si le CH n'a pas connu un début de saison comparable à l'an passé, c'est signe que la constance n'a pas été au rendez-vous.

D'ailleurs, le Canadien n'a connu que deux séquences de victoires dans le premier quart de la saison : quatre de suite du 10 au 17 octobre, et deux de suite les 28 et 29 du même mois.

Dans les 21 premiers matchs de la campagne 2013, les Montréalais avaient connu trois séquences de la sorte : une de deux victoires, une de quatre et une de cinq.

« Ce sont des hauts et des bas, a rappelé Francis Bouillon. On est moins constants que l'an passé. Nos deux gardiens nous donnent la chance de gagner chaque soir. Quand le gardien joue comme Carey la semaine passée, on doit gagner. »

Le calendrier de la semaine ne se prête pas - sur papier - au début d'une série victorieuse. Après la visite du Wild du Minnesota (13-4-4), une des puissances de l'Ouest, mardi, le CH a rendez-vous avec les deux premières équipes de la Division métropolitaine en 24 heures, soit les Capitals de Washington (12-8-1) vendredi et les Penguins de Pittsburgh (12-8-0) samedi.

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