Exit, la politique

Tim Thomas Tim Thomas  Photo :  PC/Darryl Dyck

Mercredi midi, après l'entraînement matinal des Bruins à Montréal en vue du duel contre le Canadien. Au point de presse en français de Claude Julien, aucune question n'est posée sur le gardien Tuukka Rask.

En 2011-2012, il aurait été impensable de passer une conférence de presse complète avec les Bruins sans qu'il soit question du gardien numéro 1 de l'époque, un certain Tim Thomas. Les prises de position controversées de Thomas dans l'arène politique, de son boycottage d'une visite à la Maison-Blanche à des messages sur sa page Facebook, ont créé plus d'une tempête dans l'entourage des Bruins.

En lisant entre les lignes, on sent que les joueurs sont soulagés de ne plus avoir à défendre leur gardien pratiquement sur une base quotidienne, maintenant que Thomas est à la maison, le temps d'une année sabbatique.

« Tim était Tim, et c'était ses idées. On n'était pas nécessairement d'accord avec ses idées, mais on respectait la personne », a simplement répondu l'attaquant Patrice Bergeron.

« Les joueurs de hockey n'aiment pas parler de ce qui est hors glace, comme cet automne quand il était question de la convention collective, a mentionné le défenseur Andrew Ference. On aime parler du sport. On est chanceux qu'il y ait peu de controverses dans notre sport. Je ne crois pas que les joueurs soient à l'aise de parler d'autre chose que du hockey. Et ça va pour n'importe quel vestiaire. »

En bon entraîneur-chef, Julien a assuré que la saga Thomas ne nuisait pas à ses joueurs.

« Tout le monde a sa personnalité, quoique les gardiens sont parfois spéciaux! Mais notre vestiaire est très solide. Les gars s'entendent bien depuis que je suis ici, je n'ai jamais vu de friction », a indiqué Julien, dans son point de presse en anglais.

Quelle différence?

Sur la glace, on attend encore de voir les conséquences de l'absence de Thomas, car à l'heure actuelle, rien n'a changé. Le style peu orthodoxe de Thomas ne sera jamais imité, mais les résultats sont les mêmes.

Après huit matchs, les Bruins occupent le 8e rang de la LNH pour les buts accordés, après avoir terminé 6es l'an dernier. Avec une moyenne de 2,10 et un taux d'efficacité de ,919, Rask n'a pas grand-chose à envier au Thomas de la saison dernière (2,36 et ,920).

« On a eu beaucoup de stabilité dans l'organisation, a rappelé Ference. Les entraîneurs sont les mêmes, les joueurs aussi. Donc, quand tu perds un morceau ici et là, ça a moins d'impact que si tu reconstruis au complet. C'est une transition en douceur. »

Julien, lui, croit que son directeur général, Peter Chiarelli, a bien préparé les Bruins à ce changement.

« On a gagné une Coupe Stanley avec Tim Thomas, on ne peut pas lui enlever. Mais on a la chance que la direction nous ait bien préparés. On a Tuukka Rask, Anton Khudobin (le gardien numéro 2) a été bon, et on a Malcolm Subban à Belleville. On n'est pas trop inquiets à cette position. »

En plus d'une Coupe Stanley, Thomas avait également remporté le trophée Vézina en 2009 et en 2011. La barre est haute pour Rask, mais dans la mesure où l'équipe maintient le rythme des huit premiers matchs (6-1-1), le gardien de 25 ans n'aura pas à rougir lorsqu'on le comparera à Thomas.