Canadien saison 2013, au jeu!

Cole touche du bois... et du métal

Reportage de Michel Chabot

Le Canadien a tenu un entraînement optionnel, vendredi, et quelle n'a pas été la surprise de voir Erik Cole sur la patinoire.

Pas que Cole traîne une réputation de joueur paresseux. Mais l'an passé, les séances optionnelles étaient généralement synonymes de congé pour le 72, le temps de guérir quelques bobos. Est-ce signe qu'il est en pleine santé?

« On a seulement joué trois matchs, a rappelé Cole au lendemain de la victoire de 4-1 du Canadien sur les Capitals, à Washington. Je me suis levé ce matin, j'avais le choix entre patiner ou non. J'ai décidé de rester actif. »

Parmi les 10 patineurs présents, Cole était l'unique membre des deux premiers trios. Les trois membres des unités pivotées par Alex Galchenyuk et Ryan White ont patiné, tout comme Tomas Kaberle et les joueurs retranchés cette semaine, Yannick Weber et Lars Eller.

Lent départ?

Certains verraient peut-être dans sa présence vendredi midi le signe d'un joueur qui ne souhaite pas s'accorder un congé en raison d'un lent début de saison. Ses statistiques : aucun but, une passe, seulement deux tirs au but, une fiche identique à celle de David Desharnais. Max Pacioretty totalise quatre passes, mais n'a pas retrouvé ses airs de marqueurs de 33 buts. Aucun membre de son dangereux trio n'a encore trouvé le fond du filet.

« Que j'obtienne des points ou non, je fais mon travail devant le filet quand des joueurs marquent en avantage numérique, je me bats pour de l'espace et je bloque la vue du gardien, soutient Cole. Tant que je fais les bonnes choses et qu'on gagne, je suis plus que content de ne pas être sur la feuille de pointage. »

Après trois matchs, Cole ne représente certainement pas la menace constante qu'il était l'an passé. On attend encore sa première montée hors l'aile tout droit au filet, des jeux qui ont constitué son pain et son beurre la saison dernière. Mais derrière les chiffres, la situation n'est pas catastrophique.

Les trois comparses étaient sur la patinoire pour trois des cinq buts du Canadien en avantage numérique jusqu'ici cette saison. Or, comme les buts en supériorité numérique ne sont pas comptabilisés dans le différentiel, Cole, Pacioretty et Desharnais affichent +1 à ce chapitre.

Cole a aussi frappé le poteau à chacun des deux derniers matchs, tandis que Desharnais a fait résonner la tige lors de la rencontre d'ouverture face aux Maple Leafs. Même s'il s'agit de réelles chances de marquer, les tirs sur le poteau ne comptent pas comme des tirs au but.

« Jeudi, j'ai réussi un assez bon tir sur la passe de David. Mardi, je visais la jambière éloignée du gardien, mais la rondelle a touché le patin du défenseur et elle est arrivée à moi d'un angle différent. Ça arrive. Je ne peux pas contrôler ça. Mais on crée des chances de marquer. »

Cette guigne du poteau l'a même suivie à l'entraînement, vendredi. Cole a servi un vif tir des poignets à Peter Budaj qui a touché les deux tiges verticales. Le gros ailier croyait avoir marqué, mais Pierre Groulx, juge de buts improvisé, lui a refusé le but. Cole s'est permis une mise en échec amicale sur l'entraîneur des gardiens en allant plaider sa cause.

« Non, ce n'était pas une mise en échec, je n'ai pas le droit de le frapper trop fort. Et il est fragile! », a blagué Cole.

Tendance lourde

Qu'il fasse les bonnes choses ou non, Cole n'a pas l'habitude de remplir les filets adverses en début de saison.

La saison passée, il a fallu attendre au huitième match avant qu'il inscrive son premier but. Même s'il ne comptait qu'une passe après sept sorties, ça ne l'a pas empêché de conclure la campagne avec 61 points.

En 2010-2011, sa dernière saison en Caroline, il avait été limité à un but et trois passes à ses huit premiers matchs, mais avait enfilé 25 buts dans les 74 dernières rencontres. Dans sa décevante campagne 2009-2010, marquée par les blessures, c'était un seul but à ses 10 premiers matchs, une statistique identique en 2008-2009.

Il faut remonter à 2007-2008 pour retrouver son dernier début de saison productif. L'athlète d'Oswego avait alors amassé 10 points en 9 rencontres.

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