Enthousiasme, soulagement, rancoeur

Des partisans du Canadien Des partisans du Canadien  Photo :  AFP/Richard Wolowicz/Getty Images

Enthousiasme, soulagement, rancoeur : les réactions étaient partagées, dimanche, à la suite de l'annonce d'une entente de principe entre la Ligue nationale et l'Association des joueurs (AJLNH).

Pour les principaux acteurs qui ont négocié durant des semaines, et toute la nuit à New York, les sentiments tendaient vers le soulagement.

« Tout le monde est bien évidemment soulagé que ce soit terminé [...] et que nous soyons capables de passer à ce qu'on aime vraiment faire, beaucoup plus que de négocier », a déclaré le capitaine des Coyotes de Phoenix, Shane Doan, qui a été engagé dans les négociations.

Une question demeure : les partisans et les commanditaires reviendront-ils en aussi grand nombre une fois la saison amorcée? Après tout, plusieurs espéraient que le cycle de conflits de la LNH soit rompu après la saison perdue de 2004-2005. Mais l'histoire s'est répétée entre les deux parties, après le lock-out de 1994 et celui de la saison 2004-2005.

« Ça a été une négociation de concessions dès le départ, a ajouté Doan. En tant que joueurs, nous avons accepté cela. [...] Nous savions que nous nous trouvions dans cette position, et je crois que nous avons obtenu la meilleure entente possible. »

« Ça a été une bataille, a renchéri Ron Hainsey, des Jets de Winnipeg. Gary (Bettman) a dit il y a un mois qu'il s'agissait d'une difficile négociation et c'était vrai. Les joueurs auraient préféré ne pas se trouver là. Mais maintenant, nous allons nous concentrer à donner le maximum aux partisans, soit une saison de 48 ou 50 matchs. »

Hainsey a ajouté que le fonds de pension se sera finalement avéré un élément-clé de cette entente.

« Je ne crois pas qu'il y ait quelque doute que ce soit. Le fonds de pension est la pièce maîtresse de cette convention », a-t-il dit.

Réactions positives

Nombre de joueurs présents en Amérique ou éparpillés en Europe ont salué la signature de cette entente de principe.

Le capitaine des Penguins de Pittsburgh, Sidney Crosby, qui n'en peut plus d'attendre de revenir au jeu après avoir eu à composer avec des commotions cérébrales au cours des dernières campagnes, s'est dit ravi par les dernières nouvelles.

« C'est très excitant de savoir que nous allons de nouveau jouer au hockey », a-t-il dit au Pittsburgh Tribune-Review.

Yannick Weber du Canadien de Montréal, qui a joué en Suisse durant le lock-out, a déclaré aux médias suisses qu'il reviendrait à Montréal mardi.

« J'ai joué 32 matchs, donc, le synchronisme est à point. Ce fut une belle expérience de venir jouer ici. »

Les médias sociaux

Nouvelle réalité à l'ère des réseaux sociaux, c'est par leur entremise de que nombre de joueurs ont commenté la nouvelle.

« C'est une belle journée aujourd'hui », a simplement déclaré le défenseur du Canadien Josh Gorges sur son compte Twitter.

« Je suis tellement excité de revenir à Edmonton, a fait savoir Taylor Hall. Les fans, on se voit bientôt! »

Dustin Brown, le capitaine des Kings de Los Angeles, champions de la Coupe Stanley, a été bref : « Enfin! »

Les Kings pourront d'ailleurs hisser leur bannière de championnat au Staples Center.

Pour sa part, Paul Bissonnette, des Coyotes, a tenu compte de l'humeur des partisans.

« Aux amateurs qui ne seront pas de retour, je comprends, a dit Bissonnette. Aux autres qui reviendront nous voir jouer, je vous remercie de votre patience. Le hockey de la LNH est de retour. »

Le retour des amateurs?

Combien d'amateurs se préoccuperont de leur équipe préférée au cours des prochaines semaines? Le débat reste entier.

« Ça fait tellement longtemps qu'il n'y a pas eu de hockey professionnel, que j'ai commencé à m'intéresser à d'autres sports », a déclaré Kevin Bourne, un partisan des Maple Leafs de Toronto. Ce dernier n'est pas convaincu s'il maintiendra le même niveau d'intérêt.

« Les amateurs ont été des pions dans ce conflit et ils n'ont pas été respectés. »

À l'inverse, les commerçants ont accueilli la nouvelle comme un baume.

« Nous avons une entreprise pour qui le sport est capital, surtout en hiver quand il y a moins de touristes », dit Arun Srivastava, propriétaire d'une boutique dans le Vieux-Montréal.

« Le hockey attire beaucoup de touristes qui viennent assister à des matchs de hockey ici. »

Natalie Ricard, de Trois-Rivières, précise que le lock-out lui a permis de passer plus de temps avec son conjoint et leur fils. Désormais, ils vont regarder des matchs de hockey.

« Je vais me retrouver seule dans une autre pièce de la maison à regarder des films de mon côté. »

Avec la Presse canadienne