Lock-out dans la LNH

Avant le golf, le lock-out

Geoff Molson Geoff Molson répond aux questions des journalistes lors du tournoi de golf du Canadien  Photo :  Société Radio-Canada

MONTRÉAL - On s'attendait à un froid en ce mercredi au tournoi de golf du Canadien. À un froid aussi glacial que celui qui frappait la métropole, dans ce qui nous rappelait qu'il ne restait que 48 heures à l'été.

Un texte de Guillaume Lefrançois

Mais Geoff Molson a vite brisé le froid tant craint. Si plusieurs s'attendaient à ce qu'il refuse de commenter le lock-out qui frappe la Ligue nationale, le propriétaire du Canadien a plutôt répondu pratiquement à chaque question sur le sujet.

Molson a fait le tout avec grande diplomatie, afin de ne pas enfreindre le règlement du circuit selon lequel seuls Gary Bettman et Bill Daly sont autorisés à parler publiquement des négociations.

« Les propriétaires sont unis et solidaires. Gary Bettman nous représente et on le supporte », a-t-il dit sans détour, avant le coup d'envoi du 38e tournoi de golf du Tricolore.

À titre de propriétaire d'une équipe qui a dégagé, en 2010-2011, des profits de 47,7 millions de dollars, Molson souhaite évidemment que le conflit soit court. On le devine plus pressé que les propriétaires d'équipes comme les Islanders de New York, les Panthers de la Floride et les Ducks d'Anaheim, qui ont tous perdu entre 5 et 10 millions lors de cette même saison.

« J'espère que ça va recommencer aussi tôt que possible, mais c'est difficile à savoir (si ce sera long), a dit Molson. Notre désir, c'est que ce soit aussi tôt que possible, pour que tout le monde puisse apprécier notre nouvelle équipe et nos nouveaux gestionnaires qui l'entourent. »

Toutefois, la grogne des partisans ne l'émeut pas particulièrement.

« Le plus important est qu'on en arrive à une entente qui est bonne pour tout le monde à long terme, pour les joueurs et les propriétaires, a-t-il simplement répondu. Les propriétaires sont solidaires, nous croyons que nous avons fait une proposition qui va rendre équitable... et une ligue plus performante à long terme. »

La solution Lafleur

Les joueurs lock-outés étaient évidemment absents du tournoi, mais ça n'a pas empêché une poignée d'anciens d'y participer. Et qui dit anciens dit Guy Lafleur.

Le légendaire numéro 10 a une fois de plus livré le fond de sa pensée, comme seul lui sait le faire.

« C'est dur pour nous de comprendre, a-t-il mentionné, de son point de vue d'ancien joueur. On se parle entre nous, on se dit que ces choses n'existaient pas dans notre temps. Les propriétaires exploitaient peut-être plus les joueurs. Aujourd'hui, ce sont les joueurs qui exploitent les proprios. C'est très malheureux et incompréhensible, car ce n'est pas l'argent qui leur manque. »

Pendant que Bettman et Donald Fehr sont à des lunes quant à la façon de répartir les revenus dans la LNH, Lafleur, lui, croit en une solution toute simple. Et rigolote...

« Ça devrait être 50-50, comme dans un divorce! Ça ne fait pas de chicane et tout le monde est heureux! »

L'expérience Brisebois

Un ancien, mais d'une autre génération, Patrice Brisebois est pris dans l'étrange situation de connaître personnellement plusieurs joueurs, tout en arborant le chapeau de la direction. Le responsable du développement des défenseurs du CH est à la retraite depuis 2009.

« J'ai encore beaucoup d'amis parmi les joueurs, je comprends leur situation. Je comprends aussi les propriétaires, c'est à eux, la business. L'important est que ça se règle. J'espère juste que ça ne sera pas une bagarre d'avocats, que Bettman et Fehr ne diront pas : "Je veux gagner cette bataille-là." L'important est de penser à la game, aux partisans. S'ils ont cette mentalité, ça devrait se régler. »

Brisebois a aussi offert un éclairage intéressant en relatant son souvenir du conflit de 2004.

« En 2004, le plafond salarial était le gros point et on a raté une saison pour ça. On voyait le baseball, la NFL et la NBA, les trois autres sports majeurs, et ils avaient un plafond salarial. Et tu te disais : "Pourquoi on n'a pas de plafond?" Je n'étais pas contre l'Association des joueurs, mais je me demandais pourquoi on n'a pas dit qu'on est prêt à accepter le plafond. Et finalement, on l'a accepté et ça s'est réglé tout seul. Pourquoi avoir perdu un an pour ça? »

Ne reste plus qu'à souhaiter qu'on ne se pose pas la même question au tournoi de golf 2013 du Canadien...

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