Le congédiement de Jacques Martin

« Plus de panique que de contrôle » - Denis Potvin

Pierre Gauthier Pierre Gauthier  Photo :  PC/Graham Hughes

L'ancien défenseur vedette des Islanders de New York et analyste des matchs des Sénateurs d'Ottawa, Denis Potvin, a mis en doute le bon jugement du directeur général du Canadien, Pierre Gauthier.

En entrevue à Sports Extra, Potvin s'est interrogé sur les motivations récentes du patron du Tricolore.

« Ce n'est pas la première surprise venant de Montréal cette année. Je connais Pierre Gauthier depuis plusieurs années. Je ne sais pas ce qui se passe, mais j'ai l'impression qu'il est dans une chambre où il n'y a pas beaucoup d'oxygène. »

Potvin donne des exemples pour appuyer son discours. « Il vient de congédier Jacques Martin. Il a aussi remercié Perry Pearn plus tôt cette saison. Personne n'a encore compris cette décision. Et il a transigé pour obtenir Tomas Kaberle, un gars qui n'a pas la moitié de la valeur de Spacek. »

« Kaberle est sans émotion. Il va jouer sur l'avantage numérique, mais d'après moi ce n'est pas assez. Que tout cela arrive avant Noël démontre qu'il y a des gros problèmes à Montréal. »

Le dos au mur?

Potvin croit-il que Pierre Gauthier sera le prochain à écoper? « Chaque jour, Pierre Gauthier regarde la situation et il n'aime pas ce qu'il voit. C'est difficile à Montréal de compléter des transactions, c'est difficile d'attirer des joueurs autonomes. »

« Gauthier se retrouve au sein d'une organisation où, depuis 30 ans, aucun entraîneur-chef n'a duré plus de trois saisons. Les amateurs sont très exigeants. Le fait de choisir un unilingue anglophone leur donnera des munitions supplémentaires si l'équipe ne gagne pas. »

Par contre, Potvin, un franco-ontarien tout comme Jacques Martin, ne croit pas que l'entraîneur du Canadien doive absolument parler français.

« On ne devrait pas accorder une si grande importance à cette question. Les médias montréalais se plaisent à rappeler que nous sommes canadiens-français, que l'on vit au Québec. Il n'y a pas que des Canadiens français dans la Ligue nationale. Il faut d'abord choisir quelqu'un qui va aider l'équipe à gagner. »

Potvin croit aussi que plusieurs équipes font fausse route en confiant leur banc à de jeunes loups.

« Randy Cunneyworth n'a pas d'expérience à titre d'entraîneur-chef dans la LNH. Mais il possède plusieurs atouts. Il a bien fait dans la Ligue américaine. Il faut au moins lui donner une chance. Les choses ne sont pas plus faciles pour Kirk Muller en Caroline. Le seul qui a renversé la vapeur dès son arrivée, c'est Ken Hitchcock à St. Louis, un gars possédant une vaste expérience. Je croyais que davantage d'équipes miseraient sur des hommes d'expérience. Michel Therrien cherche encore du travail. »

Potvin rappelle que six équipes ont procédé à des changements d'entraîneurs au cours de l'été, et que six autres entraîneurs ont perdu leur emploi depuis le début de la saison. « Sur 30 équipes, on s'approche de la moitié, et on est encore en décembre. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. »

Au final, Potvin affirme que si ça ne fonctionnait pas à Montréal, ce n'était pas de la faute de Jacques Martin. « Les blessures ont été très nombreuses et la transaction de Spacek pour Kaberle n'apportera pas les résultats espérés. Il y a beaucoup de jeunes qui montent, mais ça reste une année très difficile. Pierre Gauthier fait preuve de plus de panique que de contrôle. Ses évaluations ne sont pas ce qu'elles devraient être. »

Potvin estime que Martin se trouvera sûrement une nouvelle niche. Peut-être pas cette année. Mais il ne s'en fait pas trop pour lui. « Il a encore une année de contrat à écouler et la tendance devrait tourner en faveur des entraîneurs expérimentés partout à travers la LNH. »

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