La cohabitation, prise 2

Cory Schneider et Roberto Luongo Cory Schneider et Roberto Luongo  Photo :  PC/Jonathan Hayward

VANCOUVER - Montréal s'est déchiré pendant des mois sur la question Carey Price-Jaroslav Halak. Voilà que Vancouver s'apprête à vivre une autre année du feuilleton Roberto Luongo-Cory Schneider.

La saison 2011-2012 sera cruciale devant le filet des Canucks. Pendant que Luongo écoulera la deuxième année de son contrat de 12 ans et 64 millions de dollars, Schneider, lui, gagnera 900 000 $, sans doute pour la dernière fois de sa carrière.

Schneider deviendra joueur autonome avec compensation en juillet prochain. Après une saison 2010-2011 couronnée de succès (16-4-2, 2,23), sa première complète en tant qu'auxiliaire, Schneider souhaite maintenir la cadence.

« Je veux m'inspirer de l'an dernier, a commenté Schenider, rencontré cette semaine lors d'un entraînement volontaire regroupant quelques joueurs des Canucks. Je ne veux pas faire un pas en arrière, je veux m'améliorer. Je suis bien entouré et j'ai un bon gars en Lou (Luongo) devant moi pour apprendre. Je m'attends à progresser. »

Mais après avoir amorcé 22 matchs l'an dernier, Schneider peut difficilement jouer davantage, compte tenu du camion d'argent dû à Luongo. Or, certaines revues de pronostic vont jusqu'à prédire que Schneider sera le gardien substitut le plus utilisé dans la Ligue nationale cette saison.

Le rouquin est dans le noir quant au rôle qui l'attend cette saison.

« J'ai joué une vingtaine de matchs l'an dernier, donc l'équipe sait à quoi s'attendre de moi et a confiance en moi, rappelle Schneider. Mais Lou est un finaliste au trophée Vézina l'an passé. Quand tu comptes sur un tel gardien, tu veux l'utiliser au maximum. Mais qui sait? On a eu un court été, peut-être voudront-ils qu'il se repose pour qu'il soit frais et dispo en fin de saison. Peu importe le rôle qu'ils voudront que je remplisse, je le remplirai. »

Inconfort?

Roberto Luongo Roberto Luongo  Photo :  PC/Jonathan Hayward

La conquête du trophée Jennings et l'euphorie suscitée par la présence des Canucks en finale de la Coupe Stanley l'an dernier ne doivent pas faire oublier le chaos qui a régné dans le demi-cercle pendant les séries.

Des performances inégales de Luongo contre les Blackhawks de Chicago, au premier tour, ont en effet poussé l'entraîneur-chef Alain Vigneault à choisir Schneider comme partant pour le sixième match de cette série. Schneider s'est finalement blessé, et Luongo a repris le filet et aidé les siens à vaincre les Hawks en sept matchs.

Malgré deux jeux blancs face aux Bruins de Boston, le gardien de Saint-Léonard a ensuite connu d'autres difficultés en finale, où il a assisté à deux fins de match depuis le bout du banc.

Encore aujourd'hui, les joueurs des Canucks défendent Luongo avec conviction.

« Les médias sont trop sévères avec Luongo, croit l'attaquant Alexandre Burrows. Tu gagnes et tu perds en équipe. Nous avons marqué seulement huit buts en sept matchs en finale, ce n'est certainement pas la faute à Roberto. Il est un des meilleurs gardiens de la LNH, il est vraiment intense et il travaille très fort. Nous avons extrêmement confiance en lui. »

Cette relation amour-haine des partisans et journalistes envers Luongo est loin d'embêter Schneider.

« Ce n'est pas inconfortable. C'est injuste envers Lou, considérant tout ce qu'il a accompli dans sa carrière. Des gardiens de sa trempe, il n'en pousse pas dans les arbres. Donc, ça serait bien qu'il obtienne le bénéfice du doute de temps à autre et que les gens réalisent quel genre de gardien il est. Mais ce n'est pas inconfortable ni pour lui ni pour moi. Les médias et les partisans en font bien ce qu'ils veulent. »

Ce n'est peut-être pas inconfortable, mais la situation a incité la direction des Canucks à ressortir le vieux Manny Legace des boules à mites. Le niveau de jeu du vétéran de 38 ans pourrait orienter la décision des Canucks sur Schneider.

Avant de spéculer sur une transaction, gardons en tête que la valeur des gardiens prometteurs, mais pas encore établis, est dure à évaluer. Voilà un an, le Canadien a dû se contenter de Lars Eller et de Ian Schultz contre Halak. Plus tôt cet été, l'Avalanche a sacrifié des choix de premier et de deuxième tours pour obtenir Semyon Varlamov.

Quelle est la valeur de Cory Schneider? Les Canucks veulent-ils même la connaître?