Survivre sans Crosby ni Malkin

Chris Conner, Tyler Kennedy et Mark Letestu Chris Conner, Tyler Kennedy et Mark Letestu  Photo :  PC/AP Photo/Gene J. Puskar

MONTRÉAL - Marc-André Fleury garde le moral malgré la malchance qui frappe son équipe, les Penguins de Pittsburgh.

En route vers Newark pour un entraînement matinal à quelques heures d'une confrontation contre les Devils, il a décrit l'ambiance dans le vestiaire depuis la perte de leurs deux phénomènes, Sidney Crosby et Evgeni Malkin.

Fleury a aussi parlé de ses conversations avec Crosby, qui gravite autour de l'équipe même s'il n'a toujours pas rechaussé les patins. Fleury évite un seul sujet avec son capitaine : sa tête...

Sans le 87 et le 71 dans la formation, les Penguins ont limité les dégâts avec une fiche de 8 victoires, 8 revers et 3 défaites en prolongation.

Les acquisitions de James Neal (Dallas) et d'Alex Kovalev (Ottawa) ont redonné un brin d'espoir aux champions de la Coupe Stanley en 2009.

Fleury a accepté de répondre aux questions de Radio-Canada Sports.

Comment décrirais-tu le moral de l'équipe malgré les absences prolongées de Crosby et de Malkin?

Le moral est bon, même si nous avons plusieurs blessés. Les jeunes des Penguins de Wilkes-Barre dans la Ligue américaine ont apporté une belle énergie à l'équipe. Ils voulaient saisir leur chance de jouer dans la LNH.

À Pittsburgh, on souhaite évidemment le retour de Sidney d'ici la fin de la saison, mais on est conscient de la réalité. Il pourrait ne pas revenir cette saison. Sur le plan hockey, je voudrais vraiment miser sur Sidney, mais je pense aussi à l'aspect humain et je veux d'abord le voir en santé avant de le revoir sur une glace.

Dans le cas de Malkin, il a subi une opération majeure au genou et nous devons faire notre deuil de lui pour cette année. C'est difficile à accepter, mais on doit vivre avec les blessures.

As-tu l'occasion de parler à Sidney assez souvent, même s'il se retrouve à l'infirmerie depuis le 6 janvier?

Sidney Crosby Sidney Crosby  Photo :  AFP/Jamie Squire/Getty Images

Oui, je vois souvent Sidney à l'aréna à Pittsburgh. Il vient faire son tour chaque jour. Je lui parle de toutes sortes de sujets, mais je ne veux jamais lui parler de sa tête. Mon objectif est assez simple, je souhaite lui changer les idées. Il consulte suffisamment de médecins ou de neurologues, il n'a pas besoin de mes questions au sujet de sa commotion cérébrale.

Sidney essaye de rester de bonne humeur, même si ce n'est pas facile. Il s'ennuie du hockey, il en mange tellement. Il n'avait jamais vécu une telle situation, où il ne peut plus chausser les patins et faire ce qu'il aime le plus au monde, jouer au hockey. C'est aussi difficile pour lui quand nous quittons Pittsburgh pour jouer des matchs à l'étranger. Il ne peut pas sauter dans l'avion avec nous.

Depuis tes débuts au hockey, avais-tu déjà vécu un scénario semblable avec autant de blessés dans l'équipe?

Non, jamais. C'est assez fou. À un certain moment, nous avions neuf attaquants à l'infirmerie. Le matin à l'entraînement, je devais parfois regarder au-dessus du casier pour ne pas me tromper de noms quand je parlais à un gars rappelé de Wilkes-Barre.

Il y avait tellement de blessés que ça devenait pratiquement irréaliste. Nous perdions un gars à chacun de nos matchs.

Chris Kunitz, Arron Asham, Eric Tangradi, Mike Comrie, Mark Letestu et Dustin Jeffrey ont également été blessés. De cette longue liste, seuls Letestu et Jeffrey ont recommencé à jouer.

À la défense, nous avons aussi perdu Brooks Orpik et Paul Martin.

Depuis le début de l'année, 37 joueurs ont endossé l'uniforme des Penguins. C'est un chiffre très élevé.

Avec autant de blessés, as-tu le sentiment d'être obligé de transporter l'équipe sur tes épaules?

Au début, je répondais toujours non à cette question. Mais, maintenant, je dois dire un peu. Mon but est de procurer une chance de gagner à mon équipe à tous les matchs. Pour y parvenir, je dois vraiment multiplier les gros arrêts et accorder le moins de buts possible.

Nous n'avons plus la même force de frappe à l'attaque.

Alex Kovalev a pris le chemin de Pittsburgh le 24 février, contre un choix conditionnel de 7e tour aux Sénateurs d'Ottawa. Kovalev réussit-il à s'intégrer à sa nouvelle équipe?

Honnêtement, j'adore Kovalev. Je suis vraiment content de son arrivée et je le trouve très sympathique. Il s'est rapidement acclimaté aux Penguins. À l'entraînement, il est tout simplement hallucinant. J'ai rarement vu un gars avec d'aussi bonnes mains, c'est un magicien avec une rondelle.

Kovy a déjà joué à Pittsburgh et je sais qu'il est heureux de se retrouver ici. À mon avis, il n'était pas trop triste de partir d'Ottawa.

Dans l'espoir de s'améliorer à l'attaque, les Penguins ont également conclu une transaction importante avec les Stars de Dallas en échangeant le défenseur Alex Goligoski contre l'ailier James Neal et le défenseur Matt Niskanen. À tes yeux, les Penguins ont-ils réalisé un bon coup?

Sur le coup, j'étais très déçu du départ de Goligoski, l'un de nos très bons défenseurs. Je jouais avec Alex depuis cinq ans et il était un de mes bons amis au sein de l'équipe. Avec l'expérience, j'apprends toutefois mieux à vivre les départs de mes amis. C'est la réalité du hockey.

Je comprends la décision des Penguins, puisque nous avions besoin de renfort à l'aile. En James Neal, nous avons vraiment acquis un très bon jeune attaquant. Il va vraiment nous aider.

J'espère maintenant que Neal ne se blessera pas d'ici la fin de la saison!