La Coupe Grey a 100 ans

Deux coupes, une amende

Julian Feoli-Gudino Julian Feoli-Gudino  Photo :  Argonauts de Toronto

TORONTO - Julian Feoli-Gudino vient de vivre un week-end fertile en émotions.

Un texte d'Antoine Deshaies

Le receveur de passes des Argonauts de Toronto, et ancien du Rouge et Or de l'Université Laval, n'a pu empêcher son coeur d'aimer avec passion ses deux équipes.

En 48 heures, Feoli-Gudino a célébré à la fois les titres du Rouge et Or et des Argonauts.

Vendredi soir, il n'a pu s'empêcher d'aller fêter avec ses anciens coéquipiers.

Il l'admet, il s'est laissé emporter. Son geste lui a valu une réprimande de ses entraîneurs et une amende.

« Je savais que je n'allais pas jouer contre les Stampeders et c'était plus fort que moi, a expliqué le Montréalais, dimanche soir. Ça valait la peine, je l'aurais regretté toute ma vie sinon. »

« J'ai travaillé tellement fort avec ces gars-là pendant des années, j'ai tellement d'affinités avec eux. Je ne pouvais tout simplement pas rater ça. »

Feoli-Gudino n'est pas le seul ancien du Rouge et Or à avoir rejoint ses coéquipiers sur le terrain après le match. Le joueur des Alouettes Patrick Lavoie était aussi du nombre.

En entrevue à Radio-Canada Sports, vendredi soir, Lavoie a confié que la victoire de l'Université Laval contre McMaster venait cicatriser une blessure ouverte depuis un an.

Feoli-Gudino abondait dans le même sens.

« C'était extraordinaire de voir le Rouge et Or dominer une équipe qui nous avait donné autant de fil à retordre l'an passé. De gagner de cette façon devant autant d'adversité, c'était un moment magique. »

La bague, pas le nom

Puisque Feoli-Gudino n'a pas participé au match de la Coupe Grey, son nom ne sera pas inscrit sur le trophée.

« Ça ne me dérange pas du tout, répond le receveur de passes. J'aurai ma bague, les photos, les souvenirs et surtout le sentiment d'avoir participé à cette victoire. »

« J'ai joué sept matchs cette année, j'ai sué à l'entraînement et lors des matchs avec les gars. J'ai la conviction d'avoir fait ma part. »

Loin d'être frustré de ne pas avoir joué, Feoli-Gudino croit surtout que la victoire de son équipe lui servira de source de motivation.

L'expérience gagnée cette semaine a, à ses yeux, une valeur inestimable.

« C'était très spécial de vivre ça des lignes de côtés. L'ambiance était complètement folle. J'ai tellement appris cette semaine. J'ai vu à quel point les gars se préparaient pour le match. »

Et peut-être a-t-il appris qu'un couvre-feu est sacré en semaine de Coupe Grey, premières amours ou pas.