On fourbit ses armes

Reportage de Jean-François Poudrier

Les joueurs du Rouge et Or de l'Université Laval et des Marauders de l'Université McMaster se sont entraînés une première fois, mardi, sur le terrain du Rogers Centre à Toronto.

Les deux équipes s'affronteront vendredi soir dans la 48e finale de la Coupe Vanier.

Ce sera une reprise de la finale de l'an dernier, que McMaster à remporté de justesse. Mais pour Laval, pas question de parler de revanche, même si les joueurs ont encore en mémoire le dernier jeu de la rencontre, un placement qui donnait la victoire aux Marauders à leur deuxième possession en prolongation.

« Quand on se retourne et qu'on voit que le botté est entre les deux poteaux, on se rend compte que tout est fini et que ça n'a pas été de notre bord, dit le joueur de ligne défensive Arnaud Gascon-Nadon. Je pense que je ne souhaite ça à personne. »

« J'étais soulagé, je n'y croyais presque plus tellement la bataille a été longue », a renchéri le quart gagnant Kyle Quinlan.

Un an plus tard, les mêmes deux équipes se retrouvent cette fois à Toronto. Le mot revanche circule beaucoup dans les médias, mais l'objectif de Laval est le même depuis des années : mettre la main sur la coupe Vanier, peu importe l'adversaire.

Mais l'idée de battre la meilleure équipe au pays a ses charmes.

« On sait que ce n'est pas une revanche, mais on veut gagner ce match-là parce que c'est McMaster et surtout parce que c'est McMaster », affirme le secondeur Frédéric Plesius.

« Je ne crois pas qu'une équipe a besoin d'une motivation supplémentaire quand tu as la chance d'être champion », ajoute Quinlan.

Longtemps les favoris, les joueurs du Rouge et Or sont maintenant les négligés. McMaster a connu une autre saison parfaite, a été numéro un au pays toute l'année et a gagné 21 matchs de suite...

Laval a une cible bien précise : le quart des Maurauders, l'un des candidats au titre de joueur de l'année.

« Kyle Quinlan c'est la clé, dit Plesius. C'est le Tom Brady de la CIS, va falloir le contrer adéquatement. »

« Je pense que la fois que tu réussis à sortir l'équipe du terrain, pour l'empêcher de marquer, c'est ce qui peut faire la différence », conclut Gascon-Nadon.

Environ 30 000 billets sont vendus pour la finale de vendredi.

Les organisateurs s'attendent à battre le record d'assistance de près de 33 000 spectateurs établi en 1989, l'année d'ouverture du Rogers Centre.

(D'après un reportage de Jean-François Poudrier)