Football universitaire

Une défaite indigeste

Les commentaires de Byron Archambault, d'Alexandre Nadeau-Puize et de l'entraîneur Danny Maciocia

Les sourires n'étaient toujours pas revenus sur les visages des joueurs des Carabins, mercredi, quatre jours après leur défaite contre le Vert & Or.

Un texte d'Antoine Deshaies

Byron Archambault, frais rasé à la mode « movember », et Alexandre Nadeau-Piuze, cheveux coupés et les yeux cernés, cherchaient encore quoi penser du dénouement de samedi. Nadeau-Piuze n'a d'ailleurs toujours pas revu le match.

« Je ne l'ai pas vu et je ne sais quand je le reverrai. La pilule est trop dure à avaler pour l'instant. »

« Je ne crois pas qu'on doive digérer une telle défaite, confie pour sa part Byron Archambault de sa voix grave et posée. On doit se rappeler d'un tel revers. Ça peut nous aider au football et aussi dans bien d'autres sphères de nos vies. »

La défaite subie aux mains du Vert & Or était l'une des pires de la carrière du secondeur. Pire parce qu'inattendue jusqu'au quatrième quart infernal.

« On menait par 17 points, mais surtout on les dominait physiquement, rappelle Archambault. Est-ce que certains joueurs ont pensé que la victoire était acquise? Peut-être. Chose certaine, on a mal contrôlé nos émotions et on s'est retrouvés dans une spirale infernale. »

« On a reçu des punitions pour des gestes de frustration inacceptables. On est une équipe émotive, c'est notre identité, mais on a un meilleur travail à faire pour garder notre sang-froid. »

La responsabilité de l'entraîneur

L'entraîneur-chef Danny Maciocia, lui, a revu le match. Une défaite d'équipe.

« Un entraîneur ne peut diriger un match parfait, les joueurs ne peuvent jouer le match parfait. Il y a une certaine panique qui s'est installée et ça nous a coûté cher. Est-ce que j'aurais dû demander un temps d'arrêt et réunir les joueurs au banc? Peut-être. »

« On a perdu et quand on perd, on perd en équipe. Si les gens veulent blâmer les entraîneurs, on va prendre notre part de responsabilité, mais j'ai la conscience tranquille. Quand on avait une fiche de huit victoires et une défaite, on entendait que c'était grâce aux joueurs. Quand on perd, c'est clair qu'on va prendre la responsabilité et qu'on va améliorer notre équipe et notre programme de football. »

Danny Maciocia dit avoir vécu de pires défaites que celle de samedi. Il cite ses deux défaites en quatre participations au match de la Coupe Grey.

À la différence qu'au football universitaire, une défaite rime nécessairement avec départs involontaires.

« Ce qui est le plus difficile à accepter c'est qu'on a huit ou neuf joueurs qui ont terminé leur stage universitaire avec une défaite comme ça. C'est déchirant. Mais j'ai dit à mes joueurs que j'étais très fier d'eux et de leur saison. »

Maciocia est bien en selle avec les Carabins. Il rappelle qu'il s'est amené avec les Carabins dans une perspective de collaboration à long terme.

Il a aussi donné un vote de confiance à tous ses entraîneurs adjoints qu'il aimerait conserver à ses côtés.

La sortie cauchemardesque de Nadeau-Piuze

Sans détour, le quart Alexandre Nadeau-Piuze admet que son retour en classe, lundi matin, a été pénible.

« Tout le monde sait que tu joues au football et tout le monde te pose des questions que tu n'as pas envie d'entendre. Mais il faut faire avec. Il faut passer au travers de cette étape. »

La voix moins assurée qu'à l'habitude, Nadeau-Piuze cherchait ses mots pour décrire les sentiments qui l'habitent. Après cinq ans avec les Carabins, le quart ne voyait pas sa carrière prendre fin de cette façon.

« Je ne peux pas expliquer ce qui s'est passé. En quelques minutes tout a chaviré. »

Samedi, l'ouragan du Vert & Or a tout emporté sur son passage au troisième et quatrième quart, balayant du même coup le scénario hollywoodien que plusieurs prévoyaient pour sa fin de carrière.

Après la meilleure saison de sa carrière et une sélection dans l'équipe d'étoiles québécoises, la logique statistique du football l'envoyait disputer une autre finale de la Coupe Dunsmore au puissant Rouge et Or à Québec, samedi prochain.

L'implacable loi du sport l'a plutôt chassé des terrains de football compétitif à jamais. Un constat qui l'a frappé de plein fouet dès sa sortie du terrain. Un sentiment de vide qu'il a pu partager avec plusieurs de ses coéquipiers en même temps.

« On a passé la soirée entre finissants. On a bu une petite bière, on essayait de se parler. Dans les circonstances ce n'était pas une mauvaise soirée. C'était la chose à faire de vivre ça tous ensemble. »

Encore difficile pour lui de retirer du positif des derniers jours. Il trace toutefois un bilan heureux de son quinquennat avec les Carabins.

« Je pense avoir tout donné ce que je pouvais au programme et j'espère y avoir laissé une empreinte. C'est ici que je me suis développé, que je me suis forgé une personnalité. J'ai aussi croisé la route de personnes qui resteront pour longtemps dans ma vie. »

Nadeau-Piuze se promet de revenir très souvent au CEPSUM pour encourager ses anciens coéquipiers et son jeune frère Samuel, recrue des Carabins cette saison. Mais d'abord, sa priorité est de terminer son certificat en droit.

Avec ce certificat et son baccalauréat en administration en poche, il pourra dès janvier attaquer le marché du travail.

Mais sans la réconfortante protection de sa ligne à l'attaque.

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