Duvernay-Tardif rêve à Kansas City

Reportage d'Antoine Deshaies

Le footballeur et futur médecin Laurent Duvernay-Tardif s'approche du rêve américain.

Un texte d'Antoine DeshaiesTwitterCourriel

Il quittera Montréal samedi pour le début du camp d'entraînement des Chiefs de Kansas City, l'équipe de la NFL qui l'a repêché au mois de mai.

Il n'a qu'une chose en tête : devenir un Chief. « J'ai vraiment hâte de mettre les épaulettes et le casque et d'aller à la guerre. Pour moi, ça va être le test final et je m'entraîne pour ça en ce moment. »

Le colosse de 1,96 m et 143 kg (6 pi 5 po/315 lb) a déjà passé un mois à l'entraînement estival avec l'équipe.

Il a appris beaucoup des entraîneurs, mais aussi des vétérans.

« Ils ne sont pas là pour essayer de te coincer ou de te faire mal paraître. Les vétérans ne se gênent pas pour te donner des trucs et t'aider à évoluer le plus rapidement possible. On sent vraiment que le but de l'équipe c'est de gagner des matchs cette année. Je suis surpris de l'ambiance amicale, on m'avait préparé à autre chose. »

« On s'est entraîné sans équipement complet jusqu'ici, mais déjà je vois que c'est très compétitif. Il y a quelques postes libres sur la ligne offensive, alors on donne tout. »

Laurent Duvernay-Tardif a déjà beaucoup appris sur les plans technique et tactique. Sa lecture du jeu s'est considérablement améliorée.

« Je comprends plus ce qui se passe. Je ne dois plus seulement lire la ligne défensive, mais la défense au complet. Il faut savoir précisément ce qui se passe. »

Les Chiefs ont invité 15 joueurs de ligne offensive au camp et devraient en retenir 9. Laurent Duvernay-Tardif fera tout pour être du nombre.

« Je dois accepter que ça n'aille pas toujours bien au camp comme ça allait à l'université. Ce sera plus difficile certaines journées. Je devrai les mettre de côté, apprendre de mes erreurs et revenir plus fort le lendemain. »

Chose certaine, le jeune homme de 23 ans aime déjà sa ville d'adoption. « Les gens ont des préjugés sur le Midwest, mais c'est vraiment une belle ville. La scène culturelle est vivante, il y a du baseball. Je m'y plais. »

Un calme bienvenu

Laurent Duvernay-Tardif Laurent Duvernay-Tardif  Photo :  Université McGill

Rarement depuis le début de ses études en médecine, l'horaire de Duvernay-Tardif a été si dégarni. Depuis trois semaines, il est à Montréal et ne fait que s'entraîner et se préparer pour le camp.

S'il accueille avec bonheur les nuits de sommeil de neuf heures, il s'ennuie de son rythme de vie effréné. « J'ai vu des amis qui font leur stage en chirurgie et c'est un tout autre mode de vie. Je suis en grande forme physique, mais je dois admettre que la médecine me manque. »

Il reste que Duvernay-Tardif garde les pieds sur terre. Il n'a même pas encore encaissé sa généreuse prime de signature estimée à 100 000 $.

« Ça me va parfaitement, je continue ma vie d'étudiant bohème et je ne veux pas que ça change. Même si je fais beaucoup d'argent, je ne pense pas que ça va changer. »

Sa priorité d'ici le camp : passer du temps avec sa famille et sa copine, qui ne sera pas en mesure de l'accompagner à Kansas City pour vivre la grande aventure.