« Je n'ai pas la tête au football » - Boulay

Entrevue d'Antoine Deshaies avec Étienne Boulay

Les Argonauts de Toronto ont annoncé mercredi qu'ils libèrent l'ancien des Alouettes Étienne Boulay.

Il s'agissait toutefois d'une décision prise de façon réciproque, a assuré le maraudeur.

« Ils veulent absolument que je revienne, mais je leur ai dit que le football n'est pas ma priorité. Je dois régler d'autres affaires avant de décider si je reviens ou pas », a déclaré Boulay à Radio-Canada Sports.

Par « autres affaires », Boulay parlait de sa situation familiale. Il est actuellement en situation de divorce et les contacts avec son garçon de 16 mois deviennent moins fréquents.

« J'ai été honnête avec les coachs, je n'étais pas autant capable de me concentrer que par le passé, a-t-il ajouté. J'ai un petit bonhomme de 16 mois qui est formidable, c'est difficile, je ne le vois pas beaucoup. Ça m'a affecté. C'est pour ça que je voulais être honnête avec eux et ne pas m'engager. Ils ont été merveilleux. »

S'il tenait tant à être honnête, c'est qu'il devait toucher, en janvier, un boni pour la saison 2013.

Boulay refuse encore de parler de retraite. Il souhaite d'abord et avant tout régler sa situation familiale. C'est pourquoi il ne veut pas préciser s'il envisagerait un retour à Montréal, s'il ne se retire pas.

« Pour l'instant, je suis Argos all the way. Mais je ne peux répondre à ça, car je ne suis pas là. Je n'ai vraiment pas la tête au football, j'ai plein de choses à régler. Je dois justement éviter de me mélanger, en me disant que je pourrais faire ci, faire ça. »

Une troisième conquête

Libéré par les Alouettes au début de la saison, Boulay s'était joint aux Argos le 16 juillet. Il a pris part à 13 rencontres au cours de la saison 2012. Sa fiche montre cinq plaqués au sein des unités spéciales.

Boulay, 29 ans, a disputé trois matchs éliminatoires, dont la 100e finale de la Coupe Grey remportée par Toronto. Pour Boulay, il s'agissait d'une troisième conquête.

Ce triomphe a toutefois été terni par la situation qu'il vivait.

« J'ai trouvé ça difficile de gagner ici contre Montréal devant toute ma famille et qu'il manquait seulement mon petit gars. C'était la même chose à la Coupe Grey. Ce sont des moments que j'ai trouvé difficiles, mais c'est une question de temps et ça va se régler. Il y a des moments spéciaux dans une conquête de la Coupe Grey où t'aimerais que ton monde soit là. »

Pour l'instant, Boulay s'accorde du repos, le temps de se remettre d'une fracture à un poignet, qu'il a traînée en matchs éliminatoires. Il prévoit reprendre l'entraînement en janvier, comme à l'habitude, en attendant de choisir sa voie.