La Coupe Grey a 100 ans

Le sourire réfléchi de Boulay

Étienne Boulay Étienne Boulay

(Toronto) - À sa descente de l'estrade, où il venait de soulever la coupe Grey pour une troisième fois, Étienne Boulay souriait sereinement.

Un texte d'Antoine Deshaies

Loin de l'exubérance qu'il affichait lors de ses deux premières victoires, Boulay répondait calmement aux questions des journalistes qui l'entouraient.

« Quand tu rencontres de l'adversité, parfois tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez, a expliqué le Québécois en faisant notamment référence à sa libération par les Alouettes en juin. J'ai choisi de continuer à travailler avec le résultat que l'on connaît. Je suis tellement fier de cette équipe. »

À 29 ans, maintenant papa, Étienne Boulay voit cette victoire d'un autre oeil.

« Ça met tellement de choses en perspective. Je suis rempli de gratitude aujourd'hui et je suis plus calme qu'avant. Les efforts ont rapporté dans toutes les sphères de ma vie. »

Boulay admet que la saison a été difficile et pas seulement au plan psychologique.

« Je ne suis plus un jeune, je suis tellement magané. Ç'a cogné vraiment dur cette semaine et je joue depuis trois semaines avec une fracture du poignet. J'ai besoin de repos. »

Du repos avant la grande réflexion

Si certains joueurs s'accrochent au football parce que c'est tout ce qu'ils connaissent, Boulay a plusieurs options devant lui. Sa carrière d'animateur à la télévision est déjà bien lancée.

La retraite sportive est maintenant une option pour lui. Peu d'athlètes ont la chance de tirer leur révérence après un championnat.

« C'est trop tôt pour y penser ce soir, a dit Boulay. Je veux juste savourer le moment avec ma famille et mes coéquipiers. Je réfléchirai à mon avenir après les fêtes. »

Pour l'instant, il a simplement pris la décision de célébrer cette victoire différemment.

« Cette fois-ci, je vais m'assurer de me souvenir de tout », confie-t-il avant de laisser le silence parler de lui-même.

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