Boulay, l'espion

La victoire des anciens, le compte-rendu de Jean St-Onge

« J'ai mon opinion sur ce qui ne fonctionne pas avec la défense des Alouettes, mais ce n'est pas à moi de leur dire quoi faire. » Étienne Boulay a choisi de mettre ses observations au profit de sa nouvelle équipe et elle a su quoi en faire.

Un texte d'Olivier Arbour-Masse

Les Argonauts ont marqué à chacune de leurs trois premières possessions (2 touchés et 1 placement) en route vers un gain de 23-20, vendredi, à Montréal.

Boulay ne cultive aucune rancune envers l'équipe qui lui a donné sa première chance dans la Ligue canadienne, mais la victoire avait un goût particulier. « Revenir à Montréal et gagner après tout ce qui s'est passé, ça fait du bien. »

Outre sa connaissance du système des Alouettes, le maraudeur a contribué discrètement à la victoire, étant limité à quelques rares présences en défense et à un rôle de second plan avec les unités spéciales.

La défense plie... encore

Ricky Ray s'est moqué de la défense montréalaise en première demie. Le quart des Argonauts a réussi 13 de ses 17 passes pour des gains de 236 verges, guidé par les conseils de Boulay et de Scott Milanovich, ancien coordonnateur offensif des Alouettes devenu entraîneur-chef à Toronto.

La fête de Ray a commencé dès qu'il a mis le pied sur le terrain. La première séquence à l'attaque des Argonauts n'a duré que 56 secondes, soit deux jeux, des passes de 38 et 32 verges à Dontrelle Inman et à Chad Owens. Elle s'est terminée avec 7 points au tableau sous la colonne des visiteurs.

« Avec un quart d'expérience comme ça, si tu n'es pas à ton affaire, il va te faire mal avec des gros jeux », a dit le secondeur Marc-Olivier Brouillette.

La deuxième série a été moins expéditive, mais a produit le même résultat. Ray a rejoint Owens dans la zone des buts sur 10 verges.

Après deux séquences offensives des Argonauts, le ton était donné. La défense des Alouettes, qui avait accordé près de 35 points par match avant la rencontre, a été malmenée avant la mi-temps.

Deuxième demie encourageante

Les Alouettes ont enfin réussi à contenir Ray au troisième quart. Bowman, auteur d'un sac, et ses coéquipiers sont parvenus à presser et à bousculer le quart des Argonauts.

Ray s'était visiblement habitué à avoir du temps pour compléter ses jeux. Il n'a réussi que deux de ses sept passes et n'est pas parvenu à gagner un premier essai.

Son quatrième quart a été presque aussi pénible. Il a conclu la rencontre avec 280 verges de gains. Il a réussi 20 de ses 30 tentatives de passes.

« On n'a rien changé. C'est exactement ce qu'on a pratiqué toute la semaine, mais on l'a mieux réussi en deuxième demie qu'en première », a expliqué Brouillette.

Les Alouettes ont limité les Argonauts à 3 maigres points en deuxième demie. Le problème, c'est que l'attaque des Montréalais est tombée en panne en même temps que celle des Argonauts.

La bande à Anthony Calvillo n'a marqué que 7 points dans les deux derniers quarts et n'a pu effacer l'avance des Torontois.

Sean Whyte aurait pu créer l'égalité sur le dernier jeu du match, mais son placement de 55 verges a raté la cible.

« La défense a fait le travail. Elle n'a accordé que 23 points. On aurait dû gagner », a laissé tomber Patrick Lavoie.

Brandon London Brandon London  Photo :  PC/THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson

Le centre-arrière a capté 5 passes pour 52 verges devant ses proches, mais il n'avait pas le coeur à la fête.

« Je ne suis pas habitué de perdre et je n'aime vraiment pas ça », a lancé l'ancien du Rouge et Or de l'Université Laval.

Installer la course, mais...

Pour une rare fois cette saison, les Alouettes ont manifesté une volonté évidente d'installer le jeu au sol dès le début du match.

Brandon Whitaker a couru pour 51 verges en 7 occasions dans la première demie. Mais les Alouettes ont dû changer d'approche quand le petit demi offensif s'est blessé en effectuant un bloc au deuxième quart.

Les Moineaux ont perdu leur rythme et ont peiné à le retrouver au retour de Whitaker après la mi-temps. Whitaker a terminé le match avec 82 verges en 15 courses.

Dans la défaite, Brandon London a amassé 102 verges de gains aériens. Il atteint le plateau des 100 verges pour un troisième match de suite.

Calvillo a complété 25 de ses 42 passes pour des gains de 317 verges.

À noter :

  • Les Alouettes ont laissé le spécialiste des retours de botté Noel Devine de côté pour le match. Ses remplaçants Trent Guy et Victor Anderson n'ont pas fait regretter cette décision à l'entraîneur Marc Trestman. Guy a amassé 102 verges en trois retours de bottés de dégagement. En deux retours, Anderson a inscrit des gains de 64 verges.