Dopage : l'affaire Armstrong

« S'aider plutôt que se déchirer » - Rogge

Lance Armstrong, Jacques Rogge et Hein Verbruggen Lance Armstrong, Jacques Rogge et Hein Verbruggen (à droite) lors du Tour de France de 2002  Photo :  Franck Fife

L'Agence mondiale antidopage (AMA) contredit l'ancien président de l'Union cycliste internationale (UCI). Le Comité international olympique (CIO) intervient et leur demande de s'entendre pour gagner la lutte contre le dopage.

Hein Verbruggen a prétendu mercredi dans la presse néerlandaise que l'UCI avertissait les athlètes en cas d'anomalies sanguines lors de tests antidopage, « pour le bien du sport », et que d'autres fédérations faisaient la même chose.

L'AMA a expliqué jeudi que les propos de Verbruggen, président de l'UCi de 1999 à 2005, « vont à l'encontre de l'existence même des programmes sérieux de lutte antidopage ».

L'agence montréalaise dit n'avoir « aucune preuve confirmant que d'autres fédérations auraient discuté avec des athlètes d'anomalies apparues à des tests antidopage. La fédération qui choisit cette voie s'expose à ce qu'on remette en question son impartialité et son intégrité ».

Ce nouveau différend entre les deux organismes n'a pas échappé au président du CIO, Jacques Rogge, qui regrette qu'il n'y ait pas front commun contre le dopage.

Jacques Rogge et Hein Verbruggen Jacques Rogge et Hein Verbruggen  Photo :  AFP/AFP Photo

« Je plaide pour une collaboration honnête et sincère entre l'UCI et l'Agence mondiale antidopage, a dit le président du CIO à l'Agence France-Presse. Il est dommage que les gens s'affrontent, car seule une synergie peut apporter un résultat favorable. »

Quant à la culpabilité éventuelle des derniers patrons de l'UCI dans le dossier Armstrong (Verbruggen, puis Pat McQuaid depuis 2005), Jacques Rogge appelle à la prudence et rappelle les mesures mises en place.

« Les appels à la démission ne sont valables qu'à partir du moment où il y a des preuves patentes, rappelle le président du CIO. Ce sera le travail de la commission indépendante de l'UCI de déterminer s'il y a une culpabilité ou pas. D'abord enquêter et juger, et puis punir. Mais pas dans l'ordre inverse. »

Hein Verbruggen a reçu l'appui de l'ancien coureur Marc Madiot, aujourd'hui patron de l'équipe FDJ.

« C'est un peu facile de se prononcer avec 15 ans de recul, a-t-il affirmé jeudi à Paris. Je ne porte pas de jugements sur l'UCI, ils ont essayé de faire le mieux possible avec les moyens qu'ils avaient. J'ai lu que Hein Verbruggen prévenait les coureurs. Mais, à l'époque, il n'y avait pas les moyens juridiques pour bloquer les coureurs. Donc, il leur tapait sur l'épaule en disant : "Messieurs, on sait". Après, on peut interpréter ça en disant que c'est du copinage. Chacun y voit ce qu'il veut. »

« S'il est démontré que les gens de l'UCI n'ont pas fait leur boulot ou ont copiné avec Pierre, Paul ou Jacques, ils devront alors quitter leur poste », a ajouté Marc Madiot.