St-Pierre huile sa machine

Georges St-Pierre à l'entraînement Georges St-Pierre à l'entraînement  Photo :  Radio-Canada Sports

Le champion du monde des mi-moyens Georges St-Pierre poursuit sa préparation. À deux semaines de son combat face à Nick Diaz, l'athlète de Saint-Isidore sourit en travaillant.

Jeudi après-midi, les médias étaient conviés dans un gymnase du nord de Montréal pour constater où en est St-Pierre. À peine entré à l'intérieur de la grande salle, on entend déjà les coups résonner.

Georges est là, dans le ring, à marteler sur commande les coussins protecteurs que porte son préparateur en Muay Thai. Les coups sont précis et tout en puissance. Le transfert de poids vers la jambe, puis le pied, fait reculer l'entraîneur thaïlandais Lamsongkram Chuwattana.

À l'intérieur d'intervalles de trois minutes, St-Pierre passe de la boxe au Muay Thai avec aisance. Au fur et à mesure qu'approche la fin du round fictif, St-Pierre reçoit l'ordre d'accélérer la cadence.

S'il faut souffrir pour réussir, le Québécois paraît imbattable. Son entraîneur de boxe, Stéphan Larouche, est là lui aussi, en simple spectateur cette fois, mais tout de même admiratif.

« J'aime la manière dont tout se passe dans le calme et respect dans les arts martiaux. C'est sûr que la boxe aurait beaucoup à apprendre à cet égard », a dit Larouche.

Au moment où l'on croit que la séance est terminée, St-Pierre entre dans une cage pour s'exercer au sol. L'intensité semble avoir baissé d'un cran pour laisser place à ce qui ressemble à un ballet où des mouvements 1000 fois appris sont passés en revue. Encore et encore...

Rien que du sérieux

St-Pierre se dit en meilleure forme que jamais. Il a porté une attention particulière à l'aspect boxe en compagnie de Larouche, avec Lucian Bute et Jo Jo Dan, deux gauchers comme partenaires pour simuler les coups que Diaz pourrait décocher.

« Lucian m'a frappé plus durement que Diaz ne le fera jamais. Un gaucher c'est différent, mais les gens oublient que je viens du karaté dans lequel on apprend à se défendre des deux côtés en même temps. »

En entrevue, St-Pierre respire la confiance. Sa préparation va comme il le souhaite. Il a simplement hâte de régler cette affaire avec Diaz qui s'étiole depuis trop longtemps.

« Ça faisait partie de mes plans de livrer deux combats rapprochés l'un de l'autre. Le premier contre Condit le 17 novembre m'a permis de retrouver la forme après une longue absence. Pour Diaz, je suis déjà en forme. Trois jours après mon combat contre Condit, je courais déjà dans le gymnase. Je ne voulais pas faire attendre les aspirants plus longtemps. »

Toute une équipe autour de Georges St-Pierre Toute une équipe autour de Georges St-Pierre  Photo :  Radio-Canada Sports

Rappelons que St-Pierre et Diaz devaient initialement s'affronter le 29 octobre 2011 à Las Vegas. Mais l'Américain avait été mis de côté par Dana White, le grand patron de l'UFC, parce qu'il ne s'était pas présenté à deux rendez-vous promotionnels.

Diaz avait été remplacé par Carlos Condit sur la carte du UFC 137, mais quelques jours plus tard, St-Pierre se retirait pour subir une intervention à un genou.

En dépit des invectives et de ce qu'il a qualifié d'insultes venant de Diaz, St-Pierre reste lucide et dit ne pas détester son adversaire.

« La promotion et la vente du combat est une chose. Mais je ne suis pas un comédien. Je ne joue pas. La vérité est que nous voulons tous être le meilleur au monde. Mais il ne peut y avoir qu'un champion. C'est la seule source de rivalité entre moi et lui. Si tu enlèves ça, c'est certain que quand on se croisera dans 10 ans, on se serrera la main et on se rappellera du bon vieux temps. »

St-Pierre a conclu en disant que la pratique de son sport était une chose à prendre au sérieux. « C'est une compétition qui est très dure. Ça peut affecter notre santé. C'est très dangereux et ça crée beaucoup de tensions entre les combattants. »

La réponse de St-Pierre à Diaz viendra donc le 16 mars quand il fera parler sa science du combat.