Quand l'argent parle

Reportage de Diane Sauvé

L'intérêt public pour un face à face entre Lucian Bute et Jean Pascal n'a jamais fait de doute. L'emballement médiatique des dernières heures conforte ce sentiment chez les deux boxeurs.

Mardi, au coeur de son camp de base habituel au Complexe sportif Claude-Robillard, Lucian Bute a clairement dit pour la première fois que cette perspective l'emballait.

« Ça fait longtemps qu'il [Pascal] me demande de l'affronter. Je crois que le moment est peut-être venu », a dit Bute avec une étincelle dans les yeux.

L'ancien champion mondial IBF des super-moyens semble ouvert à l'idée de se battre chez les mi-lourds, même si rien n'a encore été signé de manière officielle. C'est qu'il reste un obstacle de taille.

Peut-être aussi que tant chez GYM que chez InterBox, on est en mal d'événements capables de susciter passion et engouement auprès des amateurs pour les ramener en grand nombre.

Pascal a déjà en poche un pacte pour monter dans le ring le 25 mai contre Chad Dawson, dans un combat pour tenter de remettre la main sur la ceinture WBC des mi-lourds.

De gros sous

Mais à la boxe, rien n'a autant de portée que l'argent sonnant et trébuchant. Des montants atteignant deux millions de dollars chacun pour Bute et Pascal ont été évoqués.

Même s'il n'aime pas parler d'argent, Bute est bien conscient des sommes alléchantes qu'il pourrait toucher le jour où il affrontera Jean Pascal. Même son entraîneur Stéphan Larouche salive à l'idée de non pas un, mais peut-être même de deux, voire trois affrontements entre les deux rois déchus.

Comme il n'y a rien d'officiel, Bute continue d'espérer une revanche contre le Britannique Carl Froch.

« Je suis venu ici pour avoir la chance de livrer de gros combats. J'ai encore de bonnes années devant moi. Mais si Froch perd sa ceinture contre Kessler, ou s'il prend sa retraite, alors un combat contre Pascal est une option intéressante. »

Larouche y voit aussi un élément porteur pour son protégé. « On parle de la possibilité d'un combat local diffusé sur HBO. Ça démontre que le réseau s'intéresse plus à ce duel qu'à Dawson-Pascal. Dawson est un bon boxeur, mais il ne se vend pas bien aux États-Unis. Si on peut affronter Jean Pascal ce printemps, faisons-le. On prendra Froch ensuite. »

Et le Stade olympique dans tout ça? Bute n'en a cure. Peu lui importe de se battre au Centre Bell, au stade Uniprix ou à Québec. Il veut juste un adversaire de qualité.

Et comme il ne faut jamais mettre tous ses oeufs dans le même panier, le clan Bute a trois portes de sortie possibles pour ce printemps si jamais l'on devait attendre l'automne pour boxer contre Pascal.

Qui vivra verra...