Au revoir, Richard!

Souvenirs heureux à la cérémonie pour Richard Garneau

Le compte rendu de Yanick Bourdon

De nombreuses personnes ont assisté à la cérémonie de commémoration nationale à la mémoire du commentateur sportif Richard Garneau à la Maison symphonique de Montréal, samedi, au centre-ville de la métropole.

Figure importante de Radio-Canada pendant cinq décennies, Richard Garneau est décédé le 20 janvier dernier à l'âge de 82 ans, de complications cardiaques.

Pour la journée de commémoration, le drapeau de la tour centrale de l'hôtel de l'Assemblée nationale a été mis en berne.

La première ministre du Québec, Pauline Marois, était présente à la cérémonie. En entrevue à Radio-Canada, la première ministre a rendu hommage au commentateur, « un personnage immense » dont elle admirait la maîtrise de la langue.

« Quand je pense à lui, c'est toujours le mot élégance qui me vient. Élégance intellectuelle, la capacité d'écouter, de prendre en compte, de rester humble à travers tout ça. » — Pauline Marois

L'ex-président du Canadien de Montréal Ronald Corey se remémore quant à lui un homme à la carrière extraordinaire. « Il n'avait que des amis. Il a imprégné son style. C'était quelqu'un d'extrêmement professionnel, perfectionniste. Un vrai expert. J'ai un souvenir magnifique, c'est un bon ami que j'ai perdu. »

Les athlètes étaient aussi représentés à la cérémonie. Guillaume Leblanc, qui a remporté une médaille d'argent aux Jeux olympiques de Barcelone de 1992, affirme que Richard Garneau « fait partie » de la médaille qu'il a gagnée, puisque le commentateur faisait partie de son univers depuis qu'il était enfant. « Il la voulait quasiment autant que moi la médaille », se souvient l'athlète.

« J'étais content de le voir à chaque compétition. [...] Quand j'arrivais à chaque ligne d'arrivée et qu'il était là pour m'interviewer, c'était un cadeau. Guillaume Leblanc, médaillé d'argent en 1992. » — Guillaume Leblanc, médaillé d'argent en 1992

Le député du Parti libéral du Canada Denis Coderre a également assisté à la cérémonie. L'élu fédéral, qui a rencontré Richard Garneau lorsqu'il était ministre du Sport, remercie le gouvernement du Québec d'avoir organisé cette commémoration pour un homme respectueux qui voulait partager avec le public ses connaissances sur le sport.

« Malgré une érudition extraordinaire, il avait un sens de l'autodérision hallucinant », ajoute quant à lui le chroniqueur Michel Coulombe. « Il rirait de nous voir habillés proprement aujourd'hui parce que lui, s'habiller pour une grande soirée, s'était un calvaire, c'était quelque chose de terrible. Il aimait la simplicité, c'était quelqu'un de terriblement accessible. »

Dans la foulée des Michel Normandin, Jean-Maurice Bailly et René Lecavalier, Richard Garneau fait partie des pionniers du journalisme sportif québécois tant à la radio qu'à la télévision.

Il détient le record mondial pour le plus grand nombre de Jeux olympiques couverts par un journaliste, soit 23, hiver et été confondus. Au cours des cinq dernières décennies, seuls les Jeux d'Atlanta en 1996 lui ont échappé. Il a également commenté les Jeux du Commonwealth de 1962 à 1986, les Jeux panaméricains, les Jeux du Canada et du Québec.

Il a aussi fait les belles heures de La soirée du hockey à la télé et à la radio durant 23 ans. Au fil des années, il a connu de brefs passages à l'antenne de diffuseurs privés tels que TVA et RDS.

Richard Garneau a droit à une « cérémonie de commémoration nationale » et non à des « funérailles nationales », réservées aux ministres en exercice. Le Protocole du gouvernement du Québec participe toutefois à l'organisation de la cérémonie.