Le Vendée Globe autour du monde

Gabart franchit le cap Horn

François Gabart François Gabart  Photo :  AFP/Jean-Sébastien Evrard

François Gabart (Macif) a franchi le légendaire cap Horn à 18 h 20 (UTC) mardi. Le skipper n'avait pas l'intention de partager ce moment avec un rival.

Même Armel Le Cléac'h (Banque populaire), que le destin semblait avoir lié pour ce septième Vendée Globe à son compatriote, a été largué dans son sillage.

L'incessant chassé-croisé entre les deux compétiteurs est, pour l'instant, terminé. Gabart s'est échappé avec une avance de 35,7 milles nautiques. Le cap Horn, surnommé le « cap dur », se dressait maintenant au pied des étraves de Le Cléac'h. Il devrait le contourner vers 20 h (UTC).

Après 52 jours de cette course de voile en solitaire sans escale et sans assistance, l'apparition de ce cap mythique situé au point le plus austral de l'archipel chilien de la Terre de Feu, survient comme « une délivrance », selon le double vainqueur du Vendée Globe, Michel Desjoyaux (2001 et 2009).

« On sort d'un mois dans les mers du sud, a-t-il renchéri. Elles ont un côté magique et majestueux, mais il y a un moment où on a hâte de sortir de là. Passer le cap Horn, ça signifie le retour à la civilisation, à une vie un peu plus protégée. »

Attention à ces « foutus glaçons », dit Desjoyaux

La transition de l'océan Pacifique à l'océan Atlantique est certes bienvenue, mais elle ne se fait pas sans heurts. Et la vigilance est de mise.

Après un dernier jour dans le Pacifique « un peu glauque », décrivait Gabart, avec un temps « gris, de la pluie et toujours une mer assez forte », le jeune marin de 29 ans sera le premier à devoir éviter les icebergs.

Les 13 concurrents du Vendée Globe ont été mis en garde contre la présence, dans les parages du cap Horn, d'icebergs et de growlers, ces blocs de glace pouvant peser plusieurs tonnes et flottant entre deux eaux.

À la demande des organisateurs de la course, les armées de l'air chilienne et argentine ont survolé le secteur en reconnaissance. Les rapports militaires ont conforté leurs estimations de la position des blocs de glace.