Le Canada, à la puissance mondiale

Canada, nation de basketball!

Le Canada, à la puissance mondiale - 2e partie

Mine de rien, les joueurs canadiens de basketball font un malheur sur la scène internationale, comme le montre le deuxième reportage de la série de Marie Malchelosse.

Un texte de Marie Malchelosse

À Londres, les filles ont réussi une percée historique en phase éliminatoire : un quart de finale, bon pour une 8e place. À Amsterdam, les cadettes ont gagné la médaille de bronze des Championnats du monde des moins de 17 ans. Les garçons, eux, ont pris la 5e place. Et les deux équipes canadiennes des moins de 18 ans, filles et garçons, ont déjà leur qualification en poche pour les mondiaux de l'an prochain.

Tout ça, en une seule année. Nous entrons dans l'ère dorée du basketball canadien!

Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. L'ambition vient d'en haut! « Nous voulons être parmi les 8 meilleurs pays au monde chaque année, à tous les mondiaux, à tous les Jeux olympiques. C'est ça, l'objectif », claironne Michele O'Keefe, la directrice générale de Canada Basketball.

Si ces attentes vous semblent ambitieuses, Guillermo Vecchio dit mieux! Vecchio est l'architecte du renouveau argentin au basketball. Sous sa tutelle, l'Argentine est passée du 60e au 1er rang mondial, en moins de 5 ans. Il était au Québec cet automne pour donner une formation aux entraîneurs d'ici. Nous avons poussé la curiosité. Nous avons voulu savoir ce qu'il pensait des résultats canadiens. Voici notre conversation impromptue sur le sujet :

Vecchio : Le Canada sera parmi les trois puissances mondiales en peu de temps.
Journaliste : Vous pensez ça?
Vecchio : J'en suis certain!
Journaliste : Dans combien de temps voyez-vous ça arriver?
Vecchio : Aux prochains Jeux olympiques!

Et vlan! Ce n'est pas un hasard si ce sont les entraîneurs du Québec que Guillermo Vecchio est venu rencontrer. Ils sont à l'origine de la métamorphose amorcée par Canada Basketball, il y a trois ans. L'ancien programme de formation datait des années 80.

« On veut maintenant enseigner aux enfants comment jouer et non enseigner des jeux. On ne veut pas les programmer avec des automatismes, mais qu'ils apprennent à jouer librement. C'est seulement vers 15 ou 16 ans qu'on complique les choses », explique Michele O'Keefe.

Daniel Grimard, le directeur de Basketball Québec, a adhéré tout de go au changement d'approche. « Maintenant, la formation des entraîneurs est vraiment axée vers les groupes d'âge des enfants. Vers les besoins des athlètes, ce qui est une nette évolution dans la formation des entraîneurs. »

Et des entraîneurs, il en faudra. Le basketball est le sport qui présente la plus importante croissance auprès des enfants de 5 à 14 ans au pays.

Volonté ferme

L'équipe canadienne féminine de basketball  Photo :  PC/AP Photo/Daniel Ochoa de Olza

L'année dernière, Basketball Québec s'est lancé dans l'aventure sport-études. Une première au pays en basketball. Le nombre d'écoles qui offrent le programme est passé de 29 à 34 en un an.

De son côté, Canada Basketball a développé un système de détection pancanadien pour uniformiser le cheminement des meilleurs éléments ciblés. « Nous voulons leur proposer un programme d'entraînement fait sur mesure pour leurs besoins, pour en faire les meilleurs joueurs possible », précise O'Keefe.

Beaucoup d'efforts sont aussi investis dans le développement de la culture du basket. L'été dernier, Basketball Québec a réuni les anciens joueurs d'Équipe Québec et les joueurs actuels pour un tournoi amical appelé Bleue Nation : un succès. Daniel Grimard avait un objectif précis. « On veut ramener cette identité-là, cette passion-là, cette fierté-là des programmes des équipes du Québec. »

Le dinosaure rouge

Canada Basketball profite aussi des retombées d'un coup de pouce inespéré, tombé du ciel en 1995, soit l'arrivée des Raptors de Toronto de la NBA. Les 18-22 ont grandi avec le dinosaure rouge. « Les Raptors ont donné un modèle à ces jeunes et je crois que c'est pour ça qu'ils ont commencé à jouer et à prendre ça au sérieux », confirme Michele O'Keefe.

Bref, tout est réuni : le talent, les entraîneurs, les résultats et la volonté. Le défi est maintenant de garder au pays ces joueurs de talent tout canadien. À voir dans le troisième reportage de notre série.

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