Vers un code plus sévère

Les sanctions des athlètes reconnus coupables de dopage. Marie Malchelosse a rencontré le président de l'AMA, l'Australien John Fahey.

L'Agence mondiale antidopage (AMA) se félicite d'avoir mis en place une réglementation qui a permis la chute de Lance Armstrong. Elle désire tout de même doubler de deux à quatre ans la durée des suspensions des athlètes reconnus coupables de dopage.

La proposition a émané de la réunion du conseil de fondation, dimanche, à Montréal. Elle inclut une nouvelle version du Code mondial antidopage.

Cette version renforcera sensiblement les sanctions liées à de graves violations comme l'utilisation de stéroïdes anabolisants, d'hormones de croissance, d'agents masquants ainsi que le trafic de produits dopants.

La nouvelle version du code sera révisée en décembre. Elle devra être approuvée l'année prochaine et ne sera appliquée qu'en 2015.

Des bases solides

Bien qu'elle veuille être plus sévère, l'AMA croit tout de même que ses outils sont les bons. Elle est persuadée que le monde du sport a les moyens de faire tomber les tricheurs et cite en exemple la chute d'Armstrong.

Le président de l'AMA John Faney a fait remarquer que l'Agence antidopage américaine (USADA) a utilisé pleinement les pouvoirs offerts par le code mondial antidopage pour échafauder « la preuve la plus complète et irréfutable de la culture du dopage dans le cyclisme et de l'imposture certainement la plus sophistiquée ».

« Cela montre que nous pouvons obtenir des résultats. Nous pouvons pousser les choses au point de démasquer les tricheurs. »

Selon lui, les faits donnent désormais raison à son prédécesseur, Dick Pound. Ce dernier avait à maintes reprises égratigné Armstrong et l'Union cycliste internationale (UCI) durant ses années à la tête de l'AMA (1999-2007).

Pound s'était toutefois vu rappeler à son devoir de réserve par le comité d'éthique du Comité international olympique (CIO) en 2006 et a eu droit à une plainte pour diffamation de l'UCI.

« C'est extrêmement embarrassant pour l'UCI que les personnes qui dirigeaient ce sport, qui voyaient tous les jours ces coureurs et ces équipes, ne semblaient pas détecter ce qui se passait. Et maintenant, ils sont, entre guillemets, surpris », a déclaré Dick Pound, qui siège toujours au conseil de fondation.

Malgré ce succès récent de la lutte antidopage, les gouvernements ont refusé dimanche d'augmenter leurs contributions au budget de l'AMA, qui se retrouve ainsi gelé à 28 millions de dollars.