Une inconnue métamorphose une équipe

Reportage de Jean-François Poudrier

Le programme de basketball féminin de l'Université de Windsor est, depuis deux ans, le meilleur au pays. Mais ça n'a pas toujours été le cas.

Pendant longtemps, l'équipe a croupi dans les bas-fonds du sport universitaire canadien. Mais une jeune entraîneuse de Montréal a complètement changé cette équipe... armée, pour toute expérience, de son mémoire de maîtrise.

Lorsqu'elle a accepté le poste des Lancers de l'Université de Windsor en 2005, Chantal Vallée était une illustre inconnue.

Les Lancers étaient alors la pire équipe du pays à l'époque. Mais Vallée ne manquait pas d'audace. Son plan? Bâtir une équipe championne en cinq ans.

« J'ai fait un peu comme les gens de business feraient, j'ai fait un business plan, j'ai écrit toutes mes choses, ce qu'on va faire en 1re année, 2e année et 3e année. Comment on va changer cette culture-là. »

Elle a ébauché son projet pendant sa maîtrise en psychologie du sport à l'Université McGill. Le titre de son mémoire, fort à propos : Comment bâtir une équipe championne universitaire?

Le défi était de convaincre les sceptiques. En 50 ans d'existence, jamais l'équipe de Windsor ne s'était qualifiée pour le championnat provincial.

« C'était difficile pour moi d'avoir de la crédibilité. C'est des joueuses du Québec qui sont venues à Windsor. C'est vraiment grâce à elles qu'on a continué à s'améliorer. »

En 2010, au terme du plan quinquennal, les Lancers y étaient presque. Elles ont atteint la finale nationale. Un an plus tard, elles battaient les Huskies de la Saskatchewan à domicile... et le trophée leur appartenait.

Doubles championnes nationales en titre, les Lancers sont la grande menace dans le circuit universitaire, l'équipe à battre.

« La plupart des équipes vont nous offrir un match assez difficile, et peu importe que ce soit de bonnes équipes ou de moins bonnes, elles vont toujours être super motivées de jouer contre nous », explique Jessica Clemençon, une joueuse de la glorieuse formation.

« Continuer à motiver les filles après avoir gagné plusieurs fois, ce n'est pas toujours facile. La complaisance s'installe, il faut continuer à les motiver », dit l'entraîneuse.

Chantal Vallée pourrait sans doute donner des conseils à plusieurs équipes professionnelles canadiennes. Pour l'instant, elle se concentre sur son équipe, avec un regard intéressé vers les Jeux olympiques.

(D'après un reportage de Jean-François Poudrier)

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