Rogge prêt à écouter

Radio-Canada avec Associated Press
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Le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, rencontrera le grand patron de la Fédération internationale de lutte amateur (FILA) pour discuter des conditions qui permettraient à ce sport de conserver sa place aux Jeux olympiques de 2020.

La commission exécutive du CIO a recommandé, mardi, d'exclure la lutte de la liste des 26 sports qui feront partie du programme des JO de 2020.

Rogge a indiqué qu'il avait été contacté par Raphael Martinetti, président de la FILA.

« Nous nous sommes mis d'accord pour nous rencontrer à la première occasion afin de discuter », a déclaré Rogge.

Le président du CIO s'est dit encouragé par le fait que la FILA « a promis d'adapter le sport et promis de lutter pour être éventuellement incluse dans le programme de 2020 ».

Indignation et incompréhension

La suppression de la lutte du programme olympique à compter de 2020 a provoqué de vives réactions dans les cercles de ce sport partout dans le monde.

Le président du Comité olympique russe, Alexander Zhukov, a d'ailleurs annoncé qu'il prévoyait déposer un appel auprès du CIO dans le but de ramener la lutte au rang des sports inscrits.

« Nous rassemblerons toutes nos forces pour convaincre le CIO de ne pas exclure la lutte du programme olympique », a-t-il promis.

Il a déclaré qu'il écrirait à Rogge à ce sujet, ont fait savoir les agences de presse russes

La lutte est l'un des sports de prédilection des Russes. Les lutteurs soviétiques et russes ont remporté 77 médailles d'or olympiques au fil des ans.

« Je ne crois pas que la décision tiendra en session plénière du CIO en septembre, a pour sa part déclaré Kostas Thanos, président de la Fédération grecque de lutte, à l'Agence France-Presse. La lutte est associée aux Jeux olympiques et on ne peut pas jeter un tel symbole. À ce rythme-là, le nom "olympique" va aussi disparaître. »

De son côté, la Turquie, candidate avec Istanbul à l'organisation des Jeux de 2020, a annoncé mercredi qu'elle s'opposerait elle aussi à la décision.

« Je trouve injuste le simple fait qu'on puisse parler d'une telle chose, a déclaré le président de la Fédération turque de lutte Hamza Yerlikaya dans un communiqué. Nous ne le permettrons jamais. Nous allons travailler pour que cette erreur et que cette idée soient abandonnées.

« Nous sommes le plus sérieux candidat [aux Jeux de 2020]. Organiser des JO à Istanbul sans la lutte est absolument impensable », a poursuivi le double champion olympique.

Au Japon aussi, plusieurs ont exprimé leur indignation.

« Je ne sais vraiment pas pourquoi [la commission exécutive du CIO a pris cette décision], a déclaré Saori Yoshida, championne incontestée des moins de 55 kg, détentrice de trois titres olympique et neuf fois championne du monde. Je suis tellement dévastée que je ne sais pas quoi faire. »

« Je suis profondément choqué. Je n'ai aucune idée de pourquoi ils ont décidé de faire cela », a pour sa part indiqué président de la Fédération japonaise de lutte, Tomiaki Fukuda.

Même son de cloche en Iran, dont 37 des 60 médailles olympiques depuis sa première présence aux Jeux d'été, en 1948, sont venues des épreuves de lutte.

« C'est certainement un coup sévère pour notre sport, car la lutte est l'une des disciplines les plus populaires et les plus pratiquées », a déclaré le président du Comité iranien, Mohammad Aliabadi, cité par les médias iraniens

Le programme olympique de 2020 sera choisi en septembre à la prochaine assemblée générale du CIO. La lutte fera donc compétition à sept sports présélectionnés qui devront aussi faire valoir leurs atouts pour faire partie du programme olympique : le baseball/softball, le karaté, les sports à roulettes, l'escalade sportive, le squash, la planche nautique et le wushu.