L'inquiétude entoure l'état des soins palliatifs au pays

Le reportage de Simon Roberge

La moitié des patients qui meurent dans un hôpital dans l'Ouest canadien n'ont pas eu accès à des soins palliatifs. C'est ce que révèle un rapport déposé le 12 janvier par la Société canadienne du cancer qui mentionne également que le Canada a désespérément besoin d'améliorer son système de soins palliatifs.

Claire Bélanger-Parker qui s'implique en soins palliatifs depuis le décès de sa sœur en 1995 abonde dans le même sens. Selon elle, il y a un manque de ressources et une grande disparité entre les soins offerts dans les villes et ceux prodigués dans les régions rurales de la Saskatchewan.

« Il manque de soins palliatifs en Saskatchewan », explique-t-elle. Il y a seulement deux hôpitaux dans toute la province qui ont une équipe de médecins spécialisés, Regina et Saskatoon. Il n'y a qu'un seul hospice en province. Donc si l'on meurt en milieu rural il n'y en a pas de soins palliatifs bien coordonnés ».

La Saskatchewan compte trois spécialistes en soins palliatifs à temps plein, un à Regina et deux à Saskatoon.

Le Dr Lawrence Clein espère que la province investisse plus de ressources dans les soins palliatifs. Le Dr Lawrence Clein espère que la province investisse plus de ressources dans les soins palliatifs.  Photo :  ICI Radio-Canada

C'est insuffisant selon le Dr Lawrence Clein qui a commencé à offrir des soins palliatifs en 1997 à Saskatoon.

Il faut au moins trois spécialistes à temps plein à Saskatoon et trois autres à Regina pour répondre à la demande, croit le médecin qui compare la situation de sa ville avec celles de Calgary et d'Edmonton.

Le rapport de la Société canadienne du cancer ajoute que 80 % des patients aux soins palliatifs à travers le pays sont atteints du cancer. La demande pour ce type de soins risque fort d'augmenter puisque la Société prévoit une augmentation de 40 % des cas de cancer au Canada dans les 15 prochaines années.

« Avec le vieillissement de la population, on va se retrouver dans une situation dans les 5 à 10 ans qui va être vraiment difficile à vivre », indique Claire Bélanger-Parker.

Un impact sur le débat de l'aide médicale à mourir

Des soins palliatifs de meilleure qualité auraient un impact sur le débat de l'aide médicale à mourir selon plusieurs experts. « En manque de soins palliatifs, on se tourne vers la mort », lance sans hésitation Claire Bélanger-Parker. C'est une décision personnelle, mais c'est aussi une décision que ne serait pas prise s'il y avait un appui au mourant, si la famille était là et si la douleur était contrôlée ».

« Je crois que s'il y avait plus de soins palliatifs, un meilleur accès aux soins et plus de médecins et de spécialistes, la récente décision de la Cour suprême du Canada deviendrait hors propos », conclut pour sa part le Dr Lawrence Clein. En février 2015 la Cour suprême du Canada a invalidé l'article du Code criminel qui interdit à un médecin d'aider quelqu'un à s'enlever la vie dans des circonstances bien précises.

Claire Bélanger-Parker mentionne aussi que la province doit offrir des soins palliatifs aux premières nations. Claire Bélanger-Parker mentionne aussi que la province doit offrir des soins palliatifs aux premières nations.  Photo :  ICI Radio-Canada

Claire Bélanger-Parker ajoute toutefois que l'aide à mourir sera toujours présente pour certaines personnes, peu importe la qualité des soins palliatifs.

« Il y a toujours des gens qui vont être seuls, qui vont penser qu'ils sont un fardeau pour la Société ou leur famille, mentionne-t-elle. Il y a des gens qui ont perdu tous les membres de leur famille et qui en ont assez avec la vie ».

« Nous devons absolument commencer à parler de soins palliatifs, souligne Donna Ziegler, directrice du contrôle du cancer pour la division Saskatchewan de la Société canadienne du cancer. Les gens devraient avoir l'opportunité de recevoir des soins palliatifs bien avant de penser à l'aide médicale à mourir. À la suite de cela ils pourront prendre leur décision, mais c'est essentiel de commencer à en parler dès maintenant ».

La Société canadienne du Cancer souhaite mettre le débat sur les soins palliatifs à l'avant-plan lors des prochaines élections provinciales de la Saskatchewan.

Saskatchewan en direct Afficher le fil complet