Une femme fustige la formation en centre de soins privé en Saskatchewan

Le reportage de Guillaume Dumont

Exclusif - Une résidente de Saskatoon dont les parents sont hébergés dans un centre de soins privé dénonce les problèmes de formation du personnel dans certains de ces établissements de la Saskatchewan.

« Je suis furieuse, amère, blessée : l'éventail d'émotions est énorme », témoigne Kathleen Cameron.

L'an dernier, elle a placé sa mère, qui souffre de problèmes cardiaques et son père, atteint d'Alzheimer dans un centre de Saskatoon. Elle indique que les soins lui coûtent plus de 5000 $ par mois et que pour les payer, elle a dû s'endetter et vendre la ferme de ses parents. « Le coût est tout simplement prohibitif! », s'exclame-t-elle.

Malgré le coût élevé, Kathleen Cameron affirme que la formation des employés est déficiente. Les médicaments ne sont pas administrés à ses parents selon l'ordonnance du médecin, ajoute-t-elle. Son père s'est même échappé à plusieurs reprises de son centre sans que le personnel s'en aperçoive, parce que les portes n'étaient pas verrouillées, selon Mme Cameron.

« Les préposés aux bénéficiaires des centres privés n'ont même pas l'équivalent de la formation qu'obtiennent les adolescents pour garder des enfants. » — Kathleen Cameron
Répartition des plaintes de patients contre des centres de soins privés, par type de plainte. Répartition des plaintes de patients contre des centres de soins privés, par type de plainte.  Photo :  Radio-Canada

Selon des données obtenues par Radio-Canada, le ministère de la Santé a reçu 123 plaintes de 60 patients en 2012.

La majorité de ces plaintes visaient la qualité de la nourriture, des soins et la manière d'administrer les médicaments.

La moitié des plaintes se sont avérées fondées, selon le ministère.

Formation de 48 heures

La présidente du syndicat des employés de service SEIU-West, Barbara Cape, confirme que les préposés aux bénéficiaires du secteur privé reçoivent une formation de deux jours, en ligne, pour travailler avec les patients atteints d'Alzheimer.

Selon la présidente, il faut absolument que le gouvernement exige la même formation que celle offerte aux employés des centres de soins de longue durée publics, soit des formations minimum de deux ans.

« Je trouve ironique qu'un employé d'un restaurant Tim Hortons gagne plus d'argent en Saskatchewan que quelqu'un qui s'occupe des plus vulnérables dans notre société. » — Barbara Cape, présidente, SEIU-West

La majorité des préposés aux bénéficiaires des centres privés sont payés 10, 50 $ de l'heure, ajoute Mme Cape.

D'après un reportage de Guillaume Dumont, à ne pas manquer au Téléjournal Saskatchewan