Harper parle d'une « opposition écrasante » à la nouvelle carte électorale en Sask.

Carte des circonscriptions fédérales en Saskatchewan, préparée par la Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales pour la Saskatchewan de 2012. Le Parti conservateur du Canada a admis avoir mandaté les appels automatisés qu'ont reçu des résidents de la Saskatchewan, à propos des changements proposés à la carte électorale fédérale dans la province.  Photo :  Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales pour la Saskatchewan de 2012

Le gouvernement Harper maintient qu'il existe une « opposition écrasante » aux changements proposés à la carte électorale de la Saskatchewan, même si le Parti conservateur a admis avoir mandaté des appels automatisés qui pourraient avoir avivé une telle opposition.

La semaine dernière, des résidents de la Saskatchewan ont rapporté avoir reçu l'appel d'une voix préenregistrée leur disant que les changements sont contraires aux valeurs de la Saskatchewan. Les résidents étaient ensuite invités à appuyer sur le 1 pour signifier qu'il appuyait cette affirmation.

Un porte-parole des conservateurs fédéraux a admis, mardi, que son parti avait mandaté les appels, et qu'une « mauvaise communication interne » avait fait en sorte que cela n'avait pas été clairement mentionné durant les appels.

La question des appels automatisés a dominé la période de questions à la Chambre des communes mercredi. Après avoir déclaré que le parti avait suivi les règles, le premier ministre Stephen Harper a insisté pour dire « qu'il y a eu, en Saskatchewan, une opposition écrasante aux propositions ».

David Marit, président de SARM David Marit, président de SARM

Divergences au sein de la Commission de délimitation

Toutefois, la majorité des membres de la Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales pour la Saskatchewan semble contredire M. Harper. Dans son rapport final de décembre dernier, la Commission note avoir entendu 230 présentations publiques. Elle note qu'une majorité s'opposait aux propositions, mais qu'une minorité significative les appuyait, sans donner de chiffres.

Elle dit aussi avoir reçu 3000 courriels, incluant des messages identiques et des pétitions, ce qui l'a menée à conclure que « clairement, un grand nombre de contacts ont été inspirés par les encouragements députés opposés à l'abolition de circonscriptions urbaines-rurales hybrides ». On peut lire dans le rapport que « la Commission doute peu que le grand public accepte les nouvelles circonscriptions », mais il n'est pas dit comment elle en arrive à cette conclusion.

Un des trois membres de la Commission s'est fortement opposé aux propositions. David Marit, qui préside l'Association des municipalités rurales de la Saskatchewan, a écrit dans son rapport minoritaire que des « changements aussi drastiques » aux circonscriptions mèneraient à une faible participation des électeurs. Selon lui, 75 % des présentations publiques et des contacts par courriel étaient en désaccord avec ce qui est proposé.

Il suggérait au comité parlementaire chargé d'étudier les propositions de rejeter le rapport de la Commission et d'envisager à nouveau le concept de circonscriptions hybrides.

Stephen Harper au Parlement, le 28 janvier. Stephen Harper au Parlement, le 28 janvier.

Un processus indépendant, assure Harper

S'adressant aux médias mercredi, le député conservateur saskatchewanais Brad Trost a affirmé que son parti appuyait le rapport minoritaire. En période de questions, le premier ministre s'est fait demander s'il légiférerait pour outrepasser l'autorité des commissions de délimitations. M. Harper a plutôt rétorqué que c'est ce qu'avaient tenté de faire les libéraux dans les années 1990, ajoutant que « nous ne ferions jamais cela ».

En outre, répondant lui-même à une question d'un député néo-démocrate, M. Harper a indiqué que des audiences parlementaires ont actuellement lieu sur cette question. « Évidemment, il y a des apports politiques au processus, mais la décision est indépendante », a-t-il assuré.

Les conservateurs ont 13 des 14 sièges que compte la Saskatchewan. Devant les médias, le député néo-démocrate Peter Julian a fait remarquer mercredi que son parti avait récolté le tiers des voix aux dernières élections, mais n'avait remporté aucun siège. Il a fait part de l'optimisme du parti quant aux changements dans la carte électorale, ce qui laisse croire que le NPD estime pouvoir remporter les circonscriptions urbaines redessinées.