Mosquée profanée : un acte isolé, selon le maire de Saguenay

Le reportage de Mélissa Savoie-Soulières

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, estime que la profanation d'une mosquée de sa ville est l'œuvre de « voyous » et d'« extrémistes ». Il ajoute qu'il s'agit d'un cas isolé et qu'il ne faut pas y voir un « mouvement social ».

M. Tremblay réagissait ainsi, sur les ondes du RDI, à un acte de vandalisme perpétré contre une mosquée à Saguenay. Des gens ont répandu ce qui semble être du sang de porc sur la façade de la mosquée en y laissant des messages islamophobes.

Le maire de Saguenay estime que des voyous utilisent la religion pour faire parler d'eux. Il trace un parallèle avec la vague de vandalisme qui a frappé les églises, il y a plusieurs années. « On a même été obligés de barrer les églises [...] parce qu'il y avait des voyous, ce sont des voyous, qui s'introduisent et ils savent que ça fera la manchette nationale parce que dès qu'on parle de religion, on sait que ça dérape », explique M. Tremblay.

Le maire Tremblay souligne que Saguenay a l'un des taux de criminalité les plus bas parmi les villes canadiennes.

« Faudrait pas penser qu'à Saguenay, on développe ce genre de sentiments là. » — Jean Tremblay

« Ce sont des extrémistes, très maladroits, voyous », déplore M. Tremblay. Il souligne toutefois que les extrémistes ne sont pas l'apanage des religions. « Il y en a partout de ça, pas seulement dans les religions, explique-t-il. Dans le domaine politique [...], je peux vous dire que dans tous les partis, incluant celui auquel j'adhère, des fois il y a des propos qui sont pas répétables. »

« Il n'y en a pas beaucoup [des extrémistes], mais il y en a, et ces gens-là font beaucoup de bruit. » — Jean Tremblay

Selon M. Tremblay, la question de la religion ne constitue pas un véritable problème à Saguenay. Il estime qu'il s'agit simplement « d'un mauvais incident qu'il faut oublier » et que les relations avec la communauté musulmane sont excellentes. Il précise également que les relations avec les évangélistes sont « tout aussi cordiales » qu'avec les catholiques.

Bien que le maire Tremblay refuse d'y voir un geste à caractère politique, cet acte de vandalisme survient au moment où le débat sur la charte des valeurs québécoises fait rage. 

Les responsables de la mosquée ont refusé de porter plainte, mais les autorités enquêtent et vont augmenter la surveillance au tour du lieu de culte musulman.

Homme de foi, le maire de Saguenay se retrouve par ailleurs au cœur d'une querelle judiciaire qui l'oppose au Mouvement laïque québécois (MLQ) pour des motifs religieux. M. Tremblay tient à réciter une prière catholique au début de chaque réunion du conseil municipal, une pratique contraire à la neutralité des municipalités, selon le MLQ. La cause a été portée en Cour suprême par le MLQ après une victoire de M. Tremblay en Cour d'appel du Québec.

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