Complexe Jonquière : les syndiqués acceptent les changements à leur contrat de travail

Complexe Jonquière : les syndiqués acceptent les changements à leur contrat de travail

Les membres du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA) ont accepté à 89,9 % d'apporter d'importantes modifications à leur contrat de travail, avant son échéance prévue en 2015, en échange de promesses d'investissements de la part de Rio Tinto Alcan.

Le SNEAA représente les travailleurs du complexe Jonquière, de l'usine Laterrière, de l'usine de traitement de la brasque et de la Compagnie de chemin de fer Roberval-Saguenay.

L'entente intervenue après neuf semaines de négociations prévoit un prolongement de six ans de la convention collective, jusqu'au 31 décembre 2018.

En contrepartie, Rio Tinto Alcan s'engage à réaliser les études de faisabilité pour les deuxième et troisième phases de l'usine AP-60 d'ici octobre 2017, ce qui représenterait des investissements de 30 à 50 millions de dollars.

Par la suite, si la compagnie promet des investissements de 1 milliard de dollars, le contrat de travail pourrait être prolongé jusqu'en 2022, ce qui garantirait une paix industrielle de dix ans.

De leur côté, les syndiqués consentent à un gel des embauches et permettent un recours à la sous-traitance.

Ils obtiennent la sécurité d'emploi pour 1178 travailleurs, dont quelque 300 personnes embauchées après 2006.

Rio Tinto Alcan met aussi en place un programme de départ à la retraite anticipée. Les travailleurs qui prendront leur retraite en 2013 et 2014 obtiendront une prime de 30 000 $.

Par ailleurs, tous les travailleurs recevront un montant de 2500 $ lors de la signature de l'entente.

Le président du SNEAA, Alain Gagnon, croit que l'entente de principe sera entérinée par les travailleurs. Il rappelle que la fermeture des cuves précuites du complexe Jonquière est prévue en décembre 2014.

« Une usine qui fait face à des précuites qui sont appelées à fermer, d'aller chercher une sécurité d'emploi à tout le monde, un incitatif, un forfaitaire et des garanties d'emploi à tout le monde comme on fait là, je pense que c'est des solutions intelligentes pour la région. » — Alain Gagnon

De son côté, le représentant régional de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Jean-Marc Crevier, juge que les syndiqués n'ont pas le choix d'accepter l'entente. « C'est une usine qui va fermer. Contrairement à ce qui se passe dans presque toutes les autres usines de la région, quand il y a des gros changements comme il y a là, il n'y aura pas de gens qui vont être mis à pied. Pour eux, je trouve que c'est important. »

Rio Tinto Alcan fière de l'entente

Après l'acceptation de l'entente par les syndiqués du SNEAA, le chef des opérations chez Rio Tinto Alcan métal primaire pour l'Amérique du Nord, Étienne Jacques, s'est dit satisfait de la conclusion des négociations.

« J'aimerais souligner la volonté, la maturité et le courage des deux parties. Être capable d'adresser des enjeux aussi complexes, c'est digne de mention. Ça prouve qu'on est capable de toujours trouver des solutions. Il s'agit juste de se parler. » — Étienne Jacques

M. Jacques a rappelé que la situation du marché peut avoir des conséquences sur les deuxième et troisième phases du projet AP-60. « Je dis toujours que ça nous prend toutes les cartes pour avoir toutes les chances nécessaires d'avoir nos investissements. Là, j'ai deux as », dit-il.

Des cuves précuites

Demande de prolongation des cuves précuites

Par ailleurs, Rio Tinto Alcan confirme qu'une demande officielle a été adressée au ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs pour prolonger la durée de vie des cuves précuites de l'usine Arvida.

Les 812 cuves, réparties dans six salles, doivent être fermées à la fin de décembre 2014 pour des raisons environnementales. Rio Tinto Alcan prévoit les remplacer par la technologie AP-60.

La compagnie demande un délai supplémentaire de 18 à 24 mois. « Ce prolongement va nous permettre d'être capables de faire cette transition en douceur vers nos scénarios du futur », indique Étienne Jacques.

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