Achat massif de terres : un rapport propose de protéger le modèle des fermes familiales

Agriculture Une terre agricole au Lac-Saint-Jean.

L'Union des producteurs agricoles (UPA) réclame la création d'une Société d'aménagement et de développement agricole du Québec (SADAQ) pour se prémunir contre le phénomène de l'achat massif des terres qui a touché, entre autres, le secteur du Lac-Saint-Jean.

Il s'agit d'une des recommandations du rapport commandé à l'Institut de recherche en économie contemporaine par l'UPA.

Ainsi, le rapport propose de protéger le modèle québécois de la ferme familiale contre la menace des investisseurs privés qui ont des moyens financiers importants et qui déstructurent, selon les spécialistes, les milieux ruraux.

Le chargé de projet à l'Institut de recherche en économie contemporaine, François L'Italien, rappelle que les terres agricoles sont devenues une valeur refuge dans le portefeuille de certains investisseurs.

« Ce serait une erreur de penser qu'on serait dans l'angle mort des investisseurs et financiers qui disposent de beaucoup de liquidités. Il faut d'ores et déjà se doter d'un instrument », croit-il.

Actuellement au Québec, les lois ne suffisent pas à protéger le modèle agricole. « Il y a un vide sur le plan socio-économique et juridique c'est là où les investisseurs s'engouffrent et vont chercher un maximum de rendement », explique M. L'Italien.

La SADAQ serait basée sur un modèle existant en France. De façon stratégique, la société achèterait des fermes et des terres agricoles avant de les revendre, pour les protéger du phénomène d'accaparement.

« L'idée n'est pas d'acheter l'ensemble des terres, mais les pôles régionaux seraient mandatés pour faire un tri ou une hiérarchisation des fermes qui doivent être acquises en priorité », précise le spécialiste de l'Institut de recherche en économie contemporaine.

Un fonds géré par la SADAQ pourrait tout de même être mis en place et viserait à recueillir les liquidités d'autres fonds.

Le président de la Fédération de l'UPA au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Yvon Simard, se réjouit des conclusions du rapport. Il souhaiterait aussi que des solutions soient proposées pour encadrer la location de terres.

M. Simard espère que le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, François Gendron, prêtera attention aux conclusions du rapport.

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